AYMARD Léonard, Aubin

Par Marc Geniez

Né le 1er mars 1877 à Nexon (Haute-Vienne), mort le 1er juin 1948 à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) ; Instituteur, directeur de cours complémentaire, inspecteur primaire ; chargé de mission au cabinet d’Edouard Daladier ; président de l’ANPCC.

50 épreuves écrites des examens du Brevet élémentaire
50 épreuves écrites des examens du Brevet élémentaire

Fils d’André Aymard, tonnelier, né en 1845, et de Justine, Madeleine Nouhaud, tailleuse, née en 1851, Aubin Aymard fut reçu au brevet élémentaire le 11 juillet 1892, année où il entra à l’École normale d’instituteurs de Limoges (Haute-Vienne) le premier octobre. Il y resta jusqu’au 30 septembre 1895 ; il y obtint le brevet supérieur le 16 juillet. Faute de poste vacant, il ne put être stagiarisé à la rentrée d’octobre 1895. Il fut nommé instituteur suppléant du 1er octobre 1895 au 1er octobre 1896 puis instituteur stagiaire le 16 octobre 1896 à Cognac-le-Froid (Haute-Vienne).

Engagé militaire pour trois ans le 11 novembre 1896, à Limoges, dans le 68e régiment d’infanterie, il demanda à bénéficier d’une dispense au titre de l’avant dernier alinéa de l’article 59 de la loi du 15 juillet 1889. Cet article 59 prévoyait qu’en temps de paix, après un an passé sous les drapeaux, les engagés volontaires pouvaient, sous conditions, être envoyés en congé dans leurs foyers jusqu’à la date de leur passage dans la réserve. L’armée le mit en congé le 18 septembre 1897 puis l’affecta dans la réserve d’active le 11 novembre 1899.

Aubin Aymard redevint instituteur stagiaire à Peyrat-le-Château (Haute Vienne) du 1er au 15 octobre 1897, date à laquelle il obtint une mutation pour le département de la Seine et fut affecté à Alfortville (Val-de-Marne), toujours comme stagiaire, du 15 octobre 1897 au 1er octobre 1899. Il obtint son certificat d’aptitude pédagogique en 1898 et épousa Constance Faucher le 26 août 1899. Il fut nommé stagiaire à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) du 2 octobre 1899 au 1er janvier 1900 date de sa titularisation à l’école du boulevard Félix Faure de Saint-Denis. Son fils André naquit le 14 mai 1900 ; reçu premier à l’agrégation d’histoire il devint professeur des universités, spécialiste d’histoire ancienne, de 1942 à 1964 année de son décès.

Le 2 novembre 1901, Aubin Aymard fut nommé professeur au cours complémentaire de Saint-Denis. Il y resta jusqu’au 1er juillet 1919. Sa fille Reine-Marguerite naquit en 1903 ; elle entra à l’École normale supérieure de Fontenay-aux-Roses puis devint professeur à l’école normale d’Alençon (Orne).

En 1911, il participa à la création de l’association nationale du personnel des cours complémentaires (ANPCC) aux côtés du fondateur, Désiré Guérin, directeur d’école à Sedan (Ardennes).

Éloigné de Paris et de santé fragile, Désiré Guérin lui céda la présidence de l’ANPCC en mars 1913, officiellement pour raison de santé. Mais dans un courrier daté du 2 février 1919, Désiré Guérin avoua à son ami Aubin Aymard qu’il s’agissait d’un stratagème : « Eh oui ! mon cher ami, Guérin a eu l’idée de faire naître l’Association ; mais sans Aymard, son geste eût été à peu près stérile, et les résultats jusqu’alors réalisés, c’est surtout à Aymard qu’on les doit, à ses habiles démarches, au tact et à la persévérance qu’il a déployés, aux puissants auxiliaires qu’il a eu le talent de trouver et que lui seul pouvait intéresser à notre juste cause. Dès nos premières réunions à Paris, j’avais jugé la situation et je m’étais rendu compte, qu’entouré d’une excellente équipe, vous étiez à même de mener à bien une œuvre que beaucoup jugeaient irréalisable. Et voilà pourquoi je me suis dérobé, afin de vous obliger à prendre la présidence. ». Ainsi, de l’aveu même de Désiré Guérin, Aubin Aymard fut le véritable maître d’œuvre de la construction de l’ANPCC au plan national, de son décollage et de son installation durable dans le paysage de l’instruction publique.

Rappelé à l’activité militaire, à 37 ans, comme soldat, par décret de mobilisation générale du 1er août 1914, il fut nommé caporal fourrier le 13 octobre 1915, pendant la bataille de la Marne, puis sergent fourrier le 21 janvier 1916. Il fut ensuite détaché comme instituteur militaire en Alsace le 28 novembre 1916 puis mis en « sursis » à la disposition du cours complémentaire du 8 rue du Corbillon à Saint-Denis le 3 octobre 1917 jusqu’à sa démobilisation le 20 janvier 1919. Aubin Aymard fut affecté dans la réserve militaire le 1er décembre 1921 puis libéré de toutes obligations militaires le 10 novembre 1924.

Pendant toute sa période militaire et la Première Guerre mondiale, il resta président en titre de l’ANPCC ; Auguste Houldinger, un autre fondateur proche d’Aymard, assura l’intérim de la présidence. A son retour de l’armée en 1917, après quelques hésitations, Aubin Aymard reprit la présidence de l’ANPCC.

Le 2 juillet 1919, il fut nommé directeur de l’école publique et du CC situé 2 place des écoles à Charenton (Val-de-Marne). En 1920, il obtint le certificat d’aptitude à l’inspection et à la direction d’école normale d’instituteurs puis, en 1921, le certificat complet du professorat de lettres (PEN). Le 1er octobre 1922 il devint inspecteur de l’enseignement primaire à Nogent-sur-Seine (Aube). Informé dès fin 1921 de sa prochaine promotion, il quitta la présidence de l’ANPCC où il fut remplacé par Paul Faivre. L’ANPCC le nomma président d’honneur et il continua de participer aux réunions du Bureau de l’association. Il resta jusqu’en 1935 où la fonction fut supprimée. Il apparut alors comme membre du Comité d’honneur jusqu’en 1946.

Le 28 mars 1922, à Paris Ve, il se maria une seconde fois avec Jeanne Anna Rousset, institutrice de l’enseignement public née le 12 août 1889 à Saint-Denis. Le 23 avril 1924, il obtint une mutation à Etampes (Seine-et-Oise/Essonne). En mai 1925, le bulletin de l’ANPCC signala sa nomination comme directeur du « journal des examens » de la ville de Paris avec une prise de fonction officielle au 1er octobre 1925. Du début décembre 1925 au 9 mars 1926, il participa, comme chargé de mission au cabinet du ministre de l’instruction publique et des beaux-arts : Edouard Daladier (arrêté du 19-12-1925 publié au Journal officiel du 22 décembre 1925). Le 19 janvier 1926, il fut fait chevalier de la Légion d’honneur.

Malgré ses responsabilités au sein de la hiérarchie de l’Éducation nationale, il maintint les liens avec les associations scolaires et leurs responsables. Ainsi, sur proposition d’Emile Glay, il remplaça ce dernier « au pied levé » au Congrès national de la Ligue de l’enseignement à Saint-Étienne en 1926, pour intervenir sur « les conseils de l’École ».

Le 16 janvier 1927, Aubin Aymard fut muté à Corbeil-Essonne puis le 7 juillet 1928 à Paris. Son dossier professionnel consulté aux archives nationales fait état d’une proposition de nomination à la direction de l’enseignement primaire de la Seine et d’une réponse conditionnelle d’Aubin Aymard, mais il n’y a aucune réponse à ses conditions ni aucun arrêté officiel de sa nomination dans cette fonction. Il partit à la retraite le 1er octobre 1936 et devint alors « inspecteur honoraire ». Il se retira à Mennecy (Seine-et-Oise/Essonne).

Sa notice individuelle d’évaluation d’inspecteur de 1923 précise « Inspecteur d’avenir, instruit, méthodique, vigilant, très actif, très convaincu, il sait vite prendre en main un personnel, l’intéresser, l’entrainer, l’améliorer, le tout avec autorité, fermeté et bonne humeur ».

Il développa ces qualités, qui confirment les propos de Désiré Guérin, dans les différentes fonctions qu’il occupa. Ainsi, de 1907 à la fin de sa carrière il écrivit ou coécrivit au moins 8 manuels scolaires sur des sujets très divers : « Le problème aux brevets de capacité… », « Histoire de France », « Le dessin au Brevet élémentaire » coécrit avec un groupe de professeurs de dessin, « La théorie mathématique » coécrit avec Alcide Lemoine, « Les mathématiques appliqués », « La géographie vivante », « 50 épreuves écrites des examens du Brevet… », « Le Jeune Français : lectures éducatives, morale et littéraires » coécrit avec Alcide Lemoine.

« L’histoire de France » fut déclinée sur différents niveaux et différentes époques. Certains de ces ouvrages furent maintes fois réédités jusqu’en 1950. En mars 2019, en cherchant « Aubin Aymard » sur un moteur de recherche sur internet, on pouvait encore acheter « Le problème… » ou « Histoire de France » par exemple.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article215927, notice AYMARD Léonard, Aubin par Marc Geniez, version mise en ligne le 29 mai 2019, dernière modification le 9 novembre 2020.

Par Marc Geniez

50 épreuves écrites des examens du Brevet élémentaire
50 épreuves écrites des examens du Brevet élémentaire
Le problème d'arithmétique et d'algèbre (retirage 1928)
Le problème d’arithmétique et d’algèbre (retirage 1928)
Histoire de France (retirage 1934)
Histoire de France (retirage 1934)

ŒUVRE : Le fichier de la BNF comprenait 20 références en 2019.

SOURCES : Arch. Nat. : dossier d’instituteur de la Seine (cote Aj/16/5844-extrait Aubin Aymard) et dossier d’inspecteur primaire (cote F/17/24473). — Arch. Dép. de la Haute-Vienne. — Bulletins nationaux de l’ANPCC. — Arch. du SNCL : bulletins nationaux de l’ANPCC.

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