BECHER Johannes, Robert

Par Gilbert Badia

Né le 22 mai 1891 à Munich, mort le 11 octobre 1958 à Berlin-Est ; poète communiste ; ministre de la Culture en RDA.

Fils d’un haut fonctionnaire, Johannes R. Becher fit des études secondaires à Munich puis à Ingolstadt. Aux Universités de Berlin, de Munich et de Iéna, il entreprit des études de médecine, de philosophie et de lettres. Mais très vite (1913) il s’engagea dans la carrière littéraire, collaborant aux revues expressionnistes Die Aktion et Die Neue Kunst, publiant en 1917 un poème à la gloire de la « République soviétique ».
Membre de l’USPD dès sa fondation, il adhéra à la Ligue spartakiste puis, en 1921, au KPD. Son recueil de poèmes Der Leichnam auf dem Thron (Le cadavre sur le trône, 1925) et son roman Levisite oder der einzig gerechte Krieg (Levisite ou la seule guerre juste, 1926) lui valurent d’être accusé de « préparation de haute trahison littéraire ». Les protestations nombreuses, tant en Allemagne qu’à l’étranger, contraignirent le tribunal du Reich à abandonner les poursuites.
Becher eut un rôle important dans la fondation, le 19 octobre 1928, du Bund proletarisch-revolutionärer Schriftsteller (Ligue des écrivains prolétariens révolutionnaires, BPRS), qu’il présida et dont il anima la revue Die Linkskurve (Le virage à gauche), écrivant la plupart des articles idéologiques. De 1928 à 1932, il publia la Proletarische Feuilleton-Korrespondenz, dans laquelle il tenta d’établir une alliance entre les intellectuels communistes et les écrivains ouvriers.
Il assista aux congrès internationaux d’écrivains révolutionnaires de Moscou (1927) et de Kharkov (1930).
En Allemagne il fut responsable de la partie magazine de l’organe central du KPD, Die Rote Fahne (Le drapeau rouge) de 1932 à 1933.
En avril 1933, il émigra à Moscou où il séjournera jusqu’en 1945, séjour coupé de plusieurs voyages, à Prague et à Paris notamment. Il prit une part décisive à la préparation du premier congrès pour la défense de la culture (Paris, 21-25 juin 1935), au cours duquel il définit les bases d’une littérature allemande antifasciste. A partir de 1935, il édita à Moscou la revue Internationale Literatur qui publia de nombreuses œuvres d’écrivains allemands émigrés. Lui-même fît paraître deux recueils : Tränendes Vaterlandes (Larmes de la patrie, 1937) et Die hohe Warte (L’observatoire, 1944). Il fut l’un des fondateurs du Nationalkomitee Freies Deutschland.
En juin 1945, il rentra en Allemagne. Il fit partie de la direction du SED, fut élu député à la Chambre du peuple. Il participa à la fondation du Kulturbund zur demokratischen Erneuerung Deutschlands (Ligue culturelle pour le renouveau démocratique de l’Allemagne), qu’il présidera de 1945 à 1957 et à celle de la maison d’édition Aufbau. On lui doit, en collaboration avec Hanns Eisler, l’hymne national de la RDA.
Son souci premier était de fonder une culture débarrassée de l’idéologie fasciste et plongeant ses racines dans la tradition nationale. Il s’efforça de rassembler sur ces positions le plus grand nombre possible d’écrivains et d’artistes et invita par exemple Thomas Mann à Weimar.
En 1954, il fut nommé ministre de la Culture de la RDA, poste que sa santé l’obligea d’abandonner à son suppléant Alexander Abusch.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article215952, notice BECHER Johannes, Robert par Gilbert Badia, version mise en ligne le 23 juin 2020, dernière modification le 25 juin 2019.

Par Gilbert Badia

ŒUVRE : Auswahl in sechs Bänden, 6 vol., 1952. — Über Literatur und Kunst, 1962. — Becher und die Insel. Briefe und Dichtungen 1916-1954, éd. par R. Harder et Ilse Siebert, 1989.

SOURCES : A. Abusch, Johannes R. Becher. Dichter der Nation und des Friedens, Berlin-Est, 1953. — Lily Becher, G. Prokop, Johannes R. Becher. Bildchronik seines Lebens, Berlin-Est, 1963. — M. Rohrwasser, Der Weg nach oben. Johannes R. Becher. Politiken des Schreibens, Bäle, 1980. — Durzak, op. cit. — Reeder et Strauss, op. cit. —Lexikon, op. cit.

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