MÉLAMED Michel

Par Claude Pennetier

Né le 18 novembre 1905 à Rowne (Pologne, auj. Rivne en Ukraine), pendu dans la nuit du 23 au 24 juillet 1944 à Montauban (Tarn-et-Garonne) ; ingénieur d’origine polonaise ; résistant AS-FFI du maquis des Brunis (Tarn-et-Garonne).

D’origine juive, réfugié en France, Michel Mélamed fut ingénieur de l’Institut d’électrotechnique de Toulouse (Haute-Garonne) promotion 1928. Il vécut semble-t-il à Arcueil (Seine, Val-de-Marne) et Bagneux (Seine, Hauts-de-Seine) qui l’honorèrent à la Libération.
Domicilié à Caussade (Tarn-et-Garonne), il s’engagea dans la Résistance dans le cadre de l’AS (Armée secrète). Il fut combattant du corps franc Dumas 6e compagnie de l’AS.
Après le combat des Brunis, le 17 juillet 1944, neuf otages furent détenus par les troupes allemandes : Borderies, André Castel, André Huguet, les frères Jouanny (Heny et André), les frères Lespinet (Hugues et René Lucien), Mazard et Michel Mélamed. Ils furent emmenés à Montauban. Michel Mélaned fut volé de 1500 F. Ils furent conduits tout d’abord à l’hôtel du Commerce. Ordre fut donné aux captifs de descendre des camions. En donnant l’ordre de descendre du camion un sous-officier affirma : "Entrez là. On va vous tuer". Dans l’ancienne salle à manger du restaurant, ils virent les lambris tâchés de sang. Alignés face au mur, ils entendaient derrière eux le bruit des armes qu’on chargeait : lugubre simulacre de fusillade.
Le 17 juillet au soir, ils furent emprisonnés au lycée Michelet et brutalement interrogés. Le lendemain, les interrogatoires reprirent pour connaître l’organisation du maquis. Un fait nouveau réveilla la colère des Allemands : l’officier allemand, blessé aux Brunis mourut des suites de ses blessures. Les Allemands décidèrent que les prisonniers allaient être pendus.

Dans la nuit du 23 au 24 juillet, André » Huguet, Henry Jouanny, Hugues Lespinet, tous trois de Montricoux, André Castel de Nègrepelisse, et Michel Mélamed, un ingénieur d’origine polonaise, furent conduits sur la place Maréchal Pétain pour y subir leur supplice.
Les tortures subies pendant une semaine les avaient considérablement affaiblis. mais au vu des préparatifs de leur pendaison aux acacias, ils tentèrent une fuite dans la nuit noire. Les résistants s’engouffrèrent dans le couloir d’un immeuble, traversèrent une petite cour qui se prolongeait sur une rue, mais avant d’y arriver, une fusillade les arrêta. Atteints par les rafales, quatre furent repris et pendus dos-à-dos aux deux acacias : André Castel, 37 ans, de Nègrepelisse, Henry Jouany, 39 ans, de Montricoux, André Lespinet, 33 ans de Montricoux et Michel Mélamed. Hugues Lespinet s’échappa plus loin mais fut mortellement blessé ; deux autres, André Jouanny et Lucien Lespinet furent rattrapés plus tard, exécutés et enterrés dans un champ le 26 juillet 1944 à Montech.
Le chef du bureau de la comptabilité de la préfecture put, caché par les lauriers, prendre une photo des corps. Les pendus furent laissés sur place le lendemain.
Amenés à la morgue, les corps furent enterrés le 26 juillet au cimetière de Montauban.
La place prit le nom de place des Martyrs du 24 juillet 1944.

Son nom figure sur de multiples plaques : à Montauban, 61 rue de la Résistance ; Arcueil (Val-de-Marne) ; Bagneux (Hauts-de-Seine) ; Vaïssac (Tarn-et-Garonne), Toulouse, livre d’or de l’Institut électrotechnique.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article216077, notice MÉLAMED Michel par Claude Pennetier, version mise en ligne le 31 mai 2019, dernière modification le 4 janvier 2021.

Par Claude Pennetier

SOURCES : AVCC Caen AC 21 P 515030. — Site "La Résistance en Tarn-et-Garonne". — MémorialGenweb. — Yad Vashem.

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