D’ESTER Karl

Par Pierre Ayçoberry

Né le 4 novembre 1813 à Vallendar, près de Coblence, mort le 11 juin 1859 à Châtel-Saint-Denis (Suisse) ; révolutionnaire de 1848, proche du communisme.

Après des études de médecine à Bonn et Heidelberg, Karl d’Ester passa son doctorat, complété par un diplôme de chirurgien et accoucheur. Il fut nommé médecin des pauvres de la ville de Cologne et multiplia les activités à la frontière du social et du politique : actionnaire de la Rheinische Zeitung en 1842 ; cofondateur de la section locale de l’Association pour le bien des classes laborieuses, qu’il contribua à transformer en Association mutuelle de secours et de culture, ce qui le fît soupçonner de « communisme » ; rédacteur d’une petite feuille avancée, l’Allgemeines Volksblatt ; secrétaire, pendant quelques mois, d’une association pour le progrès technique des artisans, dans laquelle il introduisit des thèmes politiques ; membre d’une commission d’enquête sur les incidents d’août 1846 entre militaires et civils, ce qui lui valut des poursuites ; élu au conseil municipal sur un programme radical et probablement membre de la cellule locale de la Ligue des communistes.
Le 3 mars 1848, il fut l’un des signataires de la pétition que la foule vint imposer au conseil municipal et qui réclama le suffrage universel et des réformes radicales — peut-être aussi l’un des organisateurs de la manifestation. Membre du Vorparlament de Francfort où il représenta Cologne, il finit par se faire élire à l’Assemblée nationale prussienne par une circonscription de l’Eifel. Il y siégea à l’extrême-gauche républicaine et multiplia les interventions, se faisant surnommer le « vif-argent de l’opposition », sur la répression en Posnanie, la misère populaire, la réforme municipale, pour l’abolition des titres de noblesse, l’unité allemande. Président de la Commission centrale des associations démocratiques en octobre, il tenta d’en faire, après le coup d’État, un véritable parti politique national. Réélu en janvier 1849, il s’appliqua pendant les derniers mois de la révolution à organiser les masses colonaises en comités d’électeurs de base. En mai, il se battit dans le Palatinat et le pays de Bade contre les troupes prussiennes et se réfugia en Suisse, où il reprit son activité de médecin.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article216188, notice D'ESTER Karl par Pierre Ayçoberry, version mise en ligne le 23 juin 2020, dernière modification le 18 février 2020.

Par Pierre Ayçoberry

ŒUVRE : Der Kampf der Demokratie und des Absolutismus in der preussischen konstituierenden Versammlung 1848,1849.

SOURCES : K. Koszyk, « Cari D’Ester als Gemeinderat und Parlementarier », in Archiv für Sozialgeschichte, 1, 1961. — K. Obermann, « Karl d’Ester, Arzt und Revolutionär ; seine Tätigkeit in den Jahren 1842-1849 », in Aus der Frûhgeschichte der deutschen Arbeiterbewegung, Berlin-Est, 1964. — Lexikon, op. cit.

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