DULON Christoph, Joseph, Rudolf<

Par Jacques Droz

Né le 30 avril 1807 à Stendal, mort le 13 avril 1870 à Rochester, New York (États-Unis) ; pasteur protestant, membre des Lichtfreunde.

Né dans une famille huguenote, étudiant de théologie à Halle, Rudolf Dulon fut d’abord pasteur à Magdebourg, ville qui avait vu naître le mouvement des Lichtfreunde dont l’essor, dû au pasteur Leberecht Uhlich, avait été grand dans la moyenne et la petite bourgeoisie, ainsi que parmi les artisans et les ouvriers. Dulon s’était séparé de l’orthodoxie officielle ; la lutte contre la prépondérance des superintendants et la tyrannie des consistoires, ainsi que la création de synodes élus lui apparaissaient comme une exigence de la démocratie. N’ayant pas voulu, en août 1848, modifier les termes, de son adresse au roi en visite à Magdebourg, ce qui donna lieu à une manifestation populaire en son honneur, il fut déplacé à Brême, où il devint pasteur à la Liebfrauenkirche. Il y acquit une influence considérable, par sa prédication qui galvanisait les classes populaires, par son action au sein de la Bürgerschaft en vue des réformes scolaires, par sa participation aux clubs démocratiques et l’association des cigariers, l’une des plus puissantes d’Allemagne et qui fut le point de départ d’un groupement actif des associations ouvrières dans le Nord de l’Allemagne, la Norddeutsche Arbeitervereinigung. Cette association, ainsi que la publication de la Tageschronik sur le plan politique, du Wecker sur le plan religieux, lui permirent d’étendre son action sur une quantité de villes où s’étaient également développées des communautés de Lichtfreunde, dans le monde hanséatique et jusqu’en Schleswig-Holstein et Hesse-Darmstadt ; si bien que Brême devint quelque temps le centre animant la démocratie radicale. Dulon militait pour une Église débarrassée des dogmes du péché originel et de la rédemption, dont le rôle était de porter le bonheur au monde. Sur le plan social, il préconisait, non la lutte des classes, mais une répartition égalitaire de la propriété. Par son évocation d’un nouvel évangile, qui n’était autre que le socialisme, il se rapprochait davantage de Buchez et de L. Blanc, que de Marx. Sa personnalité n’en était pas moins un scandale pou l’Église et la bourgeoisie commerçante. La Tageschronik fut interdite en 1851. En 1852, la faculté de théologie de Heidelberg produisit contre lui un mémoire accablant, qui entraîna l’interdiction de prêcher ; en condamnant le théologien, l’on atteignait le démocrate.
Dulon quitta Brême pour Héligoland puis pour les États-Unis, où il échoua dans sa tentative pour créer des Libres communautés. Il termina sa carrière comme directeur d’une école allemande à Rochester (New York).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article216200, notice DULON Christoph, Joseph, Rudolf< par Jacques Droz, version mise en ligne le 23 juin 2020, dernière modification le 19 février 2020.

Par Jacques Droz

ŒUVRE : Vom Kampf um Völkerfreiheit, 2 tomes, 1849-1850. — Der Tag ist angebrochen, 1852.

SOURCES : H. Tidemann, « Pastor Rudolf Dulon », in Bremische Jahrbücher, no. 33, 1933 et no. 34, 1933. — J. Brederlow, "Lichtfreunde "und "Freie Gemeinden ". Religiöser Protest und Freiheits bewegung im Vormärz und in der Revolution von 1848/49, Munich, Vienne, 1976.

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