ERPENBECK Fritz

Par Jacques Droz

Né le 6 avril 1897 à Mayence, mort le 7 janvier 1975 à Berlin-Est ; journaliste communiste.

Après un apprentissage de serrurier, Fritz Erpenbeck s’orienta vers le théâtre après la Première Guerre mondiale. A la fois acteur, dramaturge et régisseur, il collabora avec Piscator, En 1927, il entra au KPD ainsi qu7 au Bund proletarisch-revolutionärer Schriftsteller (BPRS). En 1933, il fut obligé d’émigrer à Prague où il prit la direction de l’Arbeiter Illustrierte Zeitung et, en même temps, avec sa femme Kathe Zinner qui dirigeait un cabaret à Prague, il fonda le « Studio 34 » regroupant Tchèques, Allemands et Autrichiens, et combinant le théâtre et l’agit-prop. Émigré par la suite en Union soviétique, il devait y faire une importante carrière de journaliste : d’abord rédacteur à Y Internationale Literaturzeitung, il contribua, grâce à l’appui de Michail Kolzov, chef d’édition de la firme Jourgaz, à la fondation de la revue Das Wort, dont il assura la rédaction effective après le départ de Willi Bredel pour l’Espagne, rassemblant à Moscou les contributions qui venaient de l’Europe entière. Contrairement à l’Internationale Literaturzeitung, étroitement liée à l’orientation orthodoxe du Parti communiste, Das Wort rassemblait les écrivains antifascistes de tous les horizons politiques et fît preuve, en pleine période de terreur stalinienne, de l’absence de tout dogmatisme, ainsi que d’une remarquable liberté de discussion et de critique. Cela permit à cette revue de réaliser sur le plan littéraire l’idéal du Front populaire. Le débat essentiel porta sur l’expressionnisme, considéré par Lukacs et Kurella, du fait de son irrationalité, comme l’une des sources du fascisme : thèse contredite par Herwarth Walden, Ernst Bloch et Bertolt Brecht qui montrèrent que l’expressionnisme avait été considéré par Hitler comme un adversaire redoutable et qu’il était de fait lié en Allemagne à la révolte sociale contre le capitalisme.
Une fois la publication de Das Wort arrêtée — cinq mois avant la signature du pacte germano-soviétique —, Erpenbeck continua à écrire dans l’Internationale Literaturzeitung. Il participa plus tard au Comité Freies Deutschland. Revenu en Allemagne dans l’entourage d’Ulbricht, il reprit à Berlin sa carrière théâtrale, rédigea la revue Theater in der Zeit et prit la direction dramatique de la Volksbühne.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article216223, notice ERPENBECK Fritz par Jacques Droz, version mise en ligne le 23 juin 2020, dernière modification le 24 février 2020.

Par Jacques Droz

ŒUVRE : Das Wort (reprint), 1968. — Emigranten, 1954. — Gründer : Roman, 9e éd., 1986.

SOURCES : J.M. Palmier, L’expressionisme comme révolte, Paris, 1978. — Durzak, op. cit. — Roeder et Strauss, op. cit. — Walter, Exilliteratur, op. cit.

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