FABIAN Walter

Par Jacques Droz

Né le 24 août 1902 à Berlin, mort le 15 février 1992 à Cologne ; journaliste social-démocrate de gauche.

Entré tôt dans l’administration du SPD où, encore étudiant en philosophie, il s’occupa de questions d’éducation et de culture socialiste et collabora à plusieurs journaux, Walter Fabian appartenait au groupe oppositionnel des Jungsozialisten saxons et, exclu du parti avec sa première femme Dora en octobre 1931, rejoignit le SAPD où il dirigea avec August Enderle la Sozialistische Arbeiter-Zeitung. Élu au Reichstag en mars 1933, il fut le seul dans la direction de son parti à ne pas être arrêté et publia clandestinement Das Banner der revolutionären Einheit, en accord avec Jacob Walcher qui avait pris la direction des groupements extérieurs à l’Allemagne. Menacé d’arrestation, il émigra en 1935, par Prague, vers la France où il représenta le SAPD au sein du comité Lutetia pour un Front populaire allemand. Mais, à la suite des procès de Moscou, Fabian prit rapidement des positions très critiques par rapport à l’Union soviétique et, exclu de son parti, devint aux côtés de l’ex-trotskyste Erwin Ackerknecht, le leader du groupe Neuer Weg, qui prit position pour le POUM espagnol. Fin 1939, il fut obligé d’intégrer la Légion étrangère et fut démobilisé à Marseille en octobre 1940. Bien qu’il eût un passeport pour les États-Unis, il préféra avec sa seconde femme, Ruth Lowenthal, qui avait également milité dans le SAPD, demeurer en France, puis en Suisse où il joua à ses côtés un rôle considérable dans la vie de l’émigration, notamment au sein du Schweizerisches Arbeiter-Hilfswerk. Participant à la conférence de Montreux, en mars 1945, où fut discuté le sort des émigrés, il prit position contre la thèse sioniste. Encore en exil, il fut l’un des initiateurs de la constitution de la Bibliothèque des auteurs de l’émigration à Francfort, ainsi que rédacteur de l’organe syndical Gewerkschaftliche Monatshefte à Cologne. Rentré en RFA, en 1961 seulement, il y fut président de la Deutsche Journalisten Union et prit une part résolue dans l’opposition à l’égard du Notstandsgesetz (loi sur l’état d’urgence) et de la politique américaine au Vietnam. Depuis 1966, il enseigna la pédagogie à l’Université de Francfort et publia de nombreuses traductions d’ouvrages français du XIXe siècle. Il vivait en 1989 à Cologne-Mülheim.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article216228, notice FABIAN Walter par Jacques Droz, version mise en ligne le 23 juin 2020, dernière modification le 24 février 2020.

Par Jacques Droz

ŒUVRE : Die Kriegsschuldfrage. Grundsätziiches und Tatsächliches zu ihrer Losung, 1925. — Klassenkampf um Sachsen, 1930. — (avec K. Lenz), Die Friedensbewegung : ein Handbuch der Weltfriedensstromungen der Gegenwart, 1985. — Traductions de Baudelaire, Hugo, Maupassant, Rolland.

SOURCES : K.H. Bergmann, Die Bewegung « Freies Deutschland » in der Schweiz 1943-1945, Munich, 1974. — U. Biedermann, A.M. Fabian, Walter Fabian (zum 80. Geburtstag), Cologne, 1982. — H. Donat, K. Holl, Hermes Handlexikon. Die Friedensbewegung, Düsseldorf, 1983. — Drechsler, SAPD, op. cit. — Rœder et Strauss, op. cit.

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