GALL Ludwig

Par Alain Boyer

Né le 28 décembre 1791 à Aldenhoven, près de Julliers, mort le 31 janvier 1863 à Trier ; jacobin, précurseur du socialisme utopique dans l’Allemagne du Vormärz.

Originaire d’une famille paysanne, Ludwig Gall fit des études de droit à Cologne et entra en 1816 dans l’administration prussienne à Trêves. Il fut très vite attentif aux conditions de vie des plus démunis et fonda en 1818 le Verein, um dem darbenden deutschen Manne Arbeit, Verdienst, genügende Wohnung und Besitz zu verschaffen (Association pour assurer aux Allemands en situation de détresse, du travail, un salaire, un logement suffisant et des biens). En 1819, il émigra aux États-Unis et fonda à Harrisburg (Pennsylvanie) une colonie sur le modèle des phalanstères de Fourier. Après le rapide échec de cette entreprise, il revint en 1820 à Trêves où il publia un récit de cette aventure, Meine Auswanderung nach den Vereinigten Staaten im Frühjahr 1819 und meine Rückkehr nach der Heimat im Winter 1820 (Mon émigration vers les États-Unis, au printemps 1819 et mon retour au pays, dans l’hiver 1820).
Dans une brochure de 1825, Was könnte helfen ?, il montrait que la société bourgeoise ne pouvait satisfaire pleinement les besoins fondamentaux des hommes. D’après lui, la force de travail était exploitée par l’argent. La paupérisation des travailleurs s’accompagnait de l’enrichissement des possédants, ce qui accentuait les antagonismes de classe. Ludwig Gall, s’inspirant de Fourier, préconisait la création d’ateliers nationaux qui permettraient l’établissement d’une économie collectiviste ; dans ces ateliers, les travailleurs recevraient des salaires plus élevés, car il n’y aurait plus à assurer la rémunération du capital. Il reprit ces idées en 1828, dans Menschenfreundliche Blâtter oder praktische Beiträge zur Volksbeglückungslehre (Feuillets philanthropiques ou contributions pratiques à la théorie visant à rendre le peuple heureux).
Surveillé par la police, Gall émigra à Paris en 1832 où il rencontra Fourier, puis se rendit en Hongrie pour expérimenter un nouveau procédé de distillation. Ces travaux de chimie l’amenèrent à publier à son retour à Trêves, en 1835, Beleuchtung der Försterschen Kritik der gerühmtesten Destilliergeräte (Commentaire de la critique faite par Förster des appareils de distillation les plus connus).
Mais il reprit vite ses activités politiques et développa ses conceptions sur la montée des antagonismes de classes. Cependant, comme Fourier, il ne chercha pas à renverser l’ordre établi en appelant à la révolution, mais il prétendait créer, dans le cadre de la société bourgeoise, une nouvelle organisation du travail, qui offrirait une solution acceptable du problème social et une juste répartition des richesses.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article216248, notice GALL Ludwig par Alain Boyer, version mise en ligne le 23 juin 2020, dernière modification le 26 février 2020.

Par Alain Boyer

SOURCES : J. Droz, Le libéralisme rhénan, Thèse, Paris, 1940. — H. Monz, Ludwig Gall : Leben und Werk, Trêves, 1979. — H. EIsner, Ludwig Gall (1791-1863), ein früher Sozialreformer aus Trier, Trêves, 1983. — F. Bruegel, B. Kautsky, Der deutsche Sozialismus von Ludwig Gall bis Karl Marx, Vienne, 1981.

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