GERLACH Hellmut von

Par Serge Cosseron

Né le 2 février 1866 à Mönchmotzelnitz (Silésie), mort le 1er août 1935 à Paris (France) ; juriste, démocrate puis pacifiste.

Né dans une famille prussienne conservatrice, Hellmut von Gerlach fit des études de droit destinées à le faire entrer dans la haute administration. Après quelques fonctions à Lübben et à Ratzeburg comme assesseur, il quitta l’administration pour se lancer dans l’activité politique et le journalisme. Adhérent du parti conservateur chrétien-social de Adolf Stœcker, il entra en contact avec Friedrich Naumann en 1896 et fonda avec lui le Nationalsozialer Verein dont il fut député au Reichstag de 1903 à 1906. Journaliste talentueux, il devint le rédacteur en chef, puis l’éditeur de la Welt am Montag, un journal libéral de Berlin (1898-1901, puis 1906- 1930). Devenu libéral et démocrate, il fonda en 1908 avec Rudolf Breitscheid la Demokratische Vereinigung qui devint la Deutsche Volkspartei, dont il hérita de la présidence en 1909.
Critique virulent de la politique belliciste de la monarchie, il adhéra à la fin 1914 au Bund Neues Vaterland, ainsi qu’au Bureau central pour le droit des peuples, où il défendit l’idée d’un programme de raison pour mettre fin à la guerre et changer de régime politique.
En 1918, il participa à la fondation du Parti démocrate, l’une des composantes de la coalition weimarienne avec le parti catholique du centre et la social-démocratie. Favorable à l’application du traité de Versailles et à un règlement négocié de la question polonaise, il se fit, en 1922, l’artisan d’un rapprochement franco-allemand, qu’il réalisa déjà au niveau des mouvements pacifistes. Marqué par l’échec de son passage au poste de sous-secrétaire au ministère prussien de l’Intérieur, il était devenu un pacifiste inconditionnel. A la fin des années vingt, après avoir longtemps milité dans la Deutsche Friedensgesellschaft (Société allemande pour la paix), il collabora avec Carl von Ossietzky, qu’il remplaça après son arrestation à la tête de la revue Die Weltbühne en mai 1932. Bête noire des nazis, Hellmut von Gerlach quitta l’Allemagne en mars 1933 pour la France, où il devint l’une des âmes de la résistance au nazisme à l’étranger, en collaborant à Die Neue Weltbühne et au Pariser Tageblatt. Jusqu’à sa mort, il milita pour la mise sur pied d’un large Front populaire regroupant l’ensemble des forces politiques allemandes en exil.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article216254, notice GERLACH Hellmut von par Serge Cosseron, version mise en ligne le 23 juin 2020, dernière modification le 26 février 2020.

Par Serge Cosseron

ŒUVRE : Meine Erlebnisse in der preussischen Verwaltung, 1919. — Die deutsche Mentalität (1871-1921), 1921. — Erinnerungen eines Junkers, 1925. — Die grosse Zeit der Lüge, 1926. — Von Rechts nach Links, éd. par E. Ludwig, 1937. — Ein Demokrat kommentiert Weimar. Die Berichte Hellmut von Gerlachs an die Carnegie-Friedensstiftung in New York 1922-1930, 1973.

SOURCES : R. Greuner, Wandlungen eines Aufrechten. Lebensbild Hellmut von Gerlachs, Berlin-Est, 1965. — S. Gilbert, Hellmut von Gerlach (1866-1935), Stationen eines deutschen Liberalen vom Kaiserreich zum « Dritten Reich », Diss. Fribourg/Br., 1981. — H. Donat, K. Holl (éd.), Hermes Handlexikon. Die Friedensbewegung, Düsseldorf, 1983. — F.G. Schulte, Der Publizist Hellmut von Gerlach (1866-1935), Munich, 1988. — Rœder et Strauss, op. cit.

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