HARRING Harro, Paul, Casimir

Par Jacques Grandjonc

Né !e 28 août 1798 à Ibensdorf, près de Wobbenbüll (Frise du Nord), mort le 15 mai 1870 à Saint-Hélier Jersey, Channel Islands) ; peintre, écrivain et révolutionnaire romantique.

Né dans une famille de paysans aisés de Frise (à l’époque royaume du Danemark), Harro Harring est le type même du héros romantique : enthousiaste, généreux et instable. Il entreprit des études de peinture à Copenhague, Kiel et Dresde qu’il interrompit pour se consacrer à la lutte politique par écrit et en acte. De son engagement aux côtés des Grecs insurgés, en 1822, jusqu’à son suicide à Jersey, en 1870, on le rencontre partout en Europe comme en Amérique du Nord et du Sud en lutte contre l’oppression, le plus souvent interné et expulsé. Après un curieux intermède de deux ans dans un régiment polonais du tsarévitch Constantin (1828-1830), il manifesta à Hambach (mai 1832), participa au coup de main de Mazzini contre la Savoie (31 janvier-1er février 1834), fut expulsé — à plusieurs reprises — de Suisse et de France, publia à Strasbourg, Dijon, Paris, Londres, émigra au Brésil au début des années quarante, revint, y retourna, de même qu’aux États-Unis, etc. Dans les armées trente, ses poèmes-chansons contre les tyrans faisaient partie du répertoire de toutes les associations d’artisans et d’ouvriers allemands à l’étranger. La révolution de 1848 le ramena en Europe où il prit parti pour la république au Schleswig-Holstein et prêcha une Société des nations européennes. Avec la réaction, il dut de nouveau s’exiler, d’abord à Christiania (Oslo), puis à Londres et aux États-Unis (1854). Il avait auparavant publié un pamphlet sur la naissance des associations ouvrières allemandes à l’étranger et « leur déchéance en spéculations communistes » (Historisches Fragment über die Entstehung der Arbeiter-Vereine und ihren Verfali in communistische Speculationen, Londres, 1852) qui lui valut une volée de bois vert de la part de Marx. De retour en Europe, il s’établit à Jersey d’où il fréquenta Mazzini et Julian Hamey à Londres, Victor Hugo à Guernesey. Lors de la guerre des Duchés (1864), il tenta en vain de s’engager dans l’armée danoise pour combattre les Austro-prussiens ; il termina ses jours dans le délire de la persécution et fut enterré dans la tombe collective des proscrits au cimetière Macpela dans la paroisse Saint-Jean de Jersey.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article216307, notice HARRING Harro, Paul, Casimir par Jacques Grandjonc, version mise en ligne le 23 juin 2020, dernière modification le 5 septembre 2020.

Par Jacques Grandjonc

SOURCES : W. Grab, « Harro Harring. Revolutionsdichter und Odysseus der Freiheit », in G. Mattenklott, K.R. Scherpe, Demokratisch-reuolutionare Literatur in Deutschland. Vormärz, Kronberg/Ts., 1975 ; Schieswig-Holsteinisches biographisches Lexikon, vol. 5, Neumünster, 1979. — Mitteillungen der Harro-Harring-Gesellschaft, bulletin publié depuis 1982.

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