HEARTFIELD John, né Helmut HERZFELDE

Par Serge Cosseron

Né le 19 juin 1891 à Berlin-Schmargendorf, mort le 26 avril 1968 à Berlin-Est ; graphiste communiste.

Premier fils du poète socialiste Franz Held, John Heartfield connut, tout comme son jeune frère Wieland, le futur éditeur, une enfance délicate à la suite de la mort de ses parents en 1898 en Autriche où ceux-ci s’étaient réfugiés à la suite d’une condamnation pour « offense à Dieu ». Revenu à Wiesbaden en Allemagne en 1905, il devint apprenti chez un libraire, puis chez un peintre qui reconnut tout de suite ses talents. En 1908, il décida de prendre des cours à Munich, à la Kunstgewerbeschule (École des beaux-arts). Influencé par les publicitaires, il commença à travailler en 1912, en assurant la couverture des poèmes de son père. Installé à Berlin en 1913, il entra en contact avec les revues Die Aktion et Der Sturm (La tem­pête). Première consécration : il obtint le premier prix lors de la Werkbund-Ausstellung en juillet 1914. Ayant réussi à échapper à la mobilisation, il mit au point avec George Grosz, qu’il venait de rencontrer, une méthode de collage avant de se faire connaître dans les années vingt par la technique du photomontage qu’il mit au sevice de l’agit-prop du Parti communiste auquel il avait adhéré, avec ses amis Grosz et Piscator, dès 1919. Auparavant, en 1917, il avait fondé avec son frère le Malik-Verlag, qui sera sous la République de Weimar le principal vecteur d’une culture communiste en Allemagne. Fondateur de revues satiriques, Jedermann sein eigener Fussball (A chacun son football), Der Knüppel (Le gourdin) en 1923, il sut pas­ser de la provocation improvisée à l’agitation révolutionnaire. Décorateur de théâ­tre pour Piscator, dénonciateur percutant du national-socialisme par ses affiches, il dut quitter Berlin pour Prague dès Pâques 1933 où il continua à travailler dans les milieux et organes de l’émigration, Malik-Verlag et Arbeiter Illustrierte Zeitung, à laquelle il collaborait de 1927 à 1938.
En octobre 1938, il se rendit à Londres où il resta pendant la guerre. Tout d’abord interné, il participa ensuite à la Free German League of Culture et poursui­vit son œuvre de graphiste. En 1954, il s’installa en RDA où ses procédés de mon­tage ne furent pas appréciés comme avant la guerre, mais où il connut du succès en tant que collaborateur du Berliner Ensemble. Il mourut au moment où il préparait une exposition de ses œuvres à Londres.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article216314, notice HEARTFIELD John, né Helmut HERZFELDE par Serge Cosseron, version mise en ligne le 23 juin 2020, dernière modification le 16 mars 2020.

Par Serge Cosseron

ŒUVRE : John Heartfield, Photomontages de l’époque nazie, 1978.

SOURCES : W. Herzfelde, John Heartfield, Leben und Werk, Dresde, 1971. — D. Ades, Photo­montages, Paris, 1976. — F. Pfäfflin, John Heartfield. Krieg im Frieden. Photomontagen zur Zeit 1930-1938, Francfort, 1982. — Rœder et Strauss, op. cit. — Benz et Graml, op, cit.

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