HEINE Heinrich

Par Jacques Grandjonc

Né le 13 décembre 1797 à Düsseldorf, mort le 17 février 1856 à Paris (France) ; journaliste, écrivain et poète, en exil en France à partir de 1831.

D’une famille de commerçants et de banquiers juifs de Rhénanie et des Pays-Bas, le jeune Harry Heine fit de 1815 à 1818 un apprentissage commercial qui se termina par une banqueroute. Il se tourna alors vers des études de droit à Bonn, Göttingen et Berlin, en même temps qu’il commençait à écrire. Il fut reçu docteur en droit en juillet 1825 après s’être fait baptiser le mois précédent. Dès 1826, le pre­mier volume des Reisebilder (Tableaux de voyage) le rendit célèbre comme poète et il se lança dans le journalisme (voyages en Angleterre et en Italie). Ses différents projets ne se réalisant pas, il quitta l’Allemagne du Nord en 1831 pour Paris où il arriva en mai.
Libéral et partisan de la monarchie constitutionnelle à son arrivée à Paris, il en­tra en contact d’une part avec les républicains allemands de la capitale, d’autre part avec les saint-simoniens dont les théories sociales — fin de l’exploitation de l’homme par l’homme, émancipation de la femme — et la philosophie de l’histoire qu’il reliait à celle de Hegel, l’attirèrent au plus haut point. Il en résulta entre autres son étude De l’Allemagne depuis Luther, parue en français et en allemand en 1834 et qui inaugura ses écrits de médiateur entre la France et l’Allemagne.
Observateur attentif de la situation sociale française, il rendit compte au début des années quarante, pour la Gazette Universelle d’Augsbourg, de l’avènement du socialisme et du communisme français dans une série d’articles rassemblés par la suite en volume sous le titre de Lutèce. L’arrivée de « l’école de Hegel » (A. Ruge, K. Marx, M. Hess, G. Herwegh, C.L. Bemays) en 1843 l’amena à collaborer aux Annales franco-allemandes puis au Vorwärts ! où il publiâmes principaux poèmes politiques, ceux aussi où il se montra le plus proche des positions de Marx : Les Tisserands, Allemagne, un conte d’hiver, etc. Le poème célébrant la révolte des tisserands silésiens en juin 1844 fît le tour de l’Allemagne, propagé parles ouvriers et les artisans en voyage.
Cloué à son lit par la maladie à partir de 1848, Heine suivit cependant les événements révolutionnaires avec une grande attention critique ; ses poèmes ultérieurs font une large place à la religion de son enfance (Romanzero).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article216318, notice HEINE Heinrich par Jacques Grandjonc, version mise en ligne le 23 juin 2020, dernière modification le 16 mars 2020.

Par Jacques Grandjonc

ŒUVRE : Multiples éditions complètes et annotées ; deux éditions critiques, publiées l’une à Düsseldorf, l’autre à Paris et Weimar, dite Säkularausgabe (en cours). — De l’Alle­magne, présent, de E. Harpaz, 1979 ; de P. Grappin, 1981. — De la France, présent, de E. Harpaz, 1980.

SOURCES : Pages choisies, précédées de la vie de Henri Heine, par Franz Mehring, Introduc­tion et notes de G. Cogniot, Paris, 1964. — J.A. Kruse, M. Werner, Heine à Paris 1831-1856, Gœthe Institut, Paris, 1981. — J. Grandjonc, Marx et les communistes allemands à Paris. Vor­wärts 1844, Paris, 1974.

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