HOFFMANN Adolf

Par Jacques Droz

Né le 22 mars 1858 à Berlin, mort le 1er décembre 1930 à Berlin ; militant social- démocrate de gauche, ministre prussien de la Culture.

Fils adoptif d’un drapier, autodidacte apprenti dans la gravure et la dorure, puis métallurgiste, Adoif Hoffmann avait été attiré vers le SPD à travers une libre communauté religieuse. Il y adhéra en 1876, ce qui lui valut quelques années plus tard d’être emprisonné, pour avoir refusé à la police de lui servir de mouchard. En 1889, il participa au congrès de fondation de la IIe Internationale. Après avoir exercé le métier de journaliste, il fonda à Berlin une maison d’édition où, à côté d’écrits de propagande, il publia son livre Les Dix commandements et les classes possé­dantes (ce qui lui valut le surnom de Zehn-Gebote-Hoffmann (Hoffmann des dix commandements)), ainsi que la brochure Attention ! Protégez-vous ! Les sociaux- démocrates arrivent ! qui, vendue à cent mille exemplaires, rendit financièrement les plus grands services au parti. Il devait intervenir dans les différents congrès du SPD, en 1897 à Hambourg contre le révisionnisme de Schippel, en 1911 à léna contre l’impérialisme à l’occasion de la question marocaine, ainsi qu’à l’hôtel de ville de Berlin, où il siégeait depuis 1900 et au Reichstag, où il avait été élu en 1904. Il condamnait sévèrement la direction du SPD pour s’en tenir à l’action parlemen­taire.
Pendant la guerre, il adopta une attitude « centriste », analogue à celle de Ledebour. Bien qu’il ait participé aux conférences de Zimmerwald et de Kienthal, il se refusa à s’associer aux mesures qui pouvaient affaiblir la défense nationale et s’opposa aux spartakistes. De 1916 à 1918, il présida le Comité central de l’Asso­ciation électorale (Wahlverein) du Grand-Berlin. Écarté avec Strôbel et la fraction social-démocrate du Landtag prussien, il participa activement à la fondation de l’USPD et poussa à l’agitation gréviste en avril 1917 et en janvier 1918.
Au lendemain de la guerre, Hoffmann fut nommé ministre prussien de la Cul­ture avec le social-démocrate K. Haenisch. Supérieur à celui-ci par son dynamisme et sa volonté de changement, Hoffmann crut pouvoir imposer la laïcité de l’école et sa séparation de l’Eglise, mais échoua devant la résistance de l’opinion. Membre du Landtag prussien (1921-1928) et du Reichstag (1920-1924), membre du Comité central de l’USPD et son président avec Daumig depuis 1920, il se pro­nonça pour l’entrée de ce parti dans la IIIe Internationale ; le congrès d’union de l’USPD et du KPD le nomma dans la Centrale du nouveau KPD unifié. Mais, lorsqu’en février 1921 Hoffmann soutint la résolution de Paul Levi contre l’attitude de l’Internationale à l’égard du Parti communiste italien et que cette résolution fut re­poussée, il quitta le KPD et contribua à créer la Communauté de travail communiste (Kommunistische Arbeitsgemeinschaft) de P. Levi. Il demeura cependant jusqu’à sa mort dans l’USPD « maintenue », se prononçant pour la dépossession des fa­milles régnantes et contre l’entrée de son parti dans une grande coalition.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article216342, notice HOFFMANN Adolf par Jacques Droz, version mise en ligne le 23 juin 2020, dernière modification le 20 mars 2020.

Par Jacques Droz

SOURCES : Susanne Miller, Burgfrieden und Klassenkampf. Die deutsche Sozialdemokratie im Ersten Weltkrieg, Düsseldorf, 1974. — Prager, USPD, op. cit. — Lexikon, op. cit.

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