HÖLZ Max

Par Serge Cosseron

Né le 14 octobre 1889 à Moritz, près de Riesa (Saxe), mort le 16 septembre 1933 à Gorki (Union Soviétique, anc. Nijni-Novgorod) ; révolutionnaire communiste, membre du KAPD.

Originaire d’un milieu modeste d’ouvriers agricoles, Max Hölz, après deux années passées en tant que journalier, décida dès l’âge de seize ans de tenter sa chance tout d’abord comme groom dans un grand hôtel de Baden-Baden, puis à l’étranger. A Londres, il menait pendant plusieurs années l’existence précaire d’un immigré, réussissant toutefois à faire des études techniques qu’il poursuivit après son retour en Allemagne, à Dresde. A partir de 1912, il s’installa à Falkenstein, dans le Vogtland où il trouva une place d’assistant géomètre. Volontaire dès août 1914, il fut ver­sé dans un régiment de hussards avec lequel il combattit sur tous les fronts, tant à l’Est qu’à l’Ouest. Petit à petit, écœuré par la boucherie, il se radicalisa à la suite de son entrée en contact avec des militants USPD. Pour la première fois en 1917, il s’intéressa aux idées socialistes. Libéré à la suite d’une blessure en octobre 1918, il s’engagea avec fougue dans le mouvement des conseils dans le Vogtland. Comblant son inexpérience politique par une disponibilité totale, il fonda un comité de chômeurs à Falkenstein, organisa des réquisitions pour les miséreux et adhéra au KPD au printemps 1919. Recherché par la police, il fut contraint à la clandestinité, dont il sortit pour animer la résistance armée au putsch de Kapp en mars 1920. Partisan de la lutte à outrance, il mit sur pied une Armée rouge et ne voulut pas désarmer à la fin de la grève générale. Exclu du KPD pour indiscipline à l’instigation de Brandler, malgré le large soutien populaire dont il disposait, Hölz fut forcé, par l’avancée de la Reichswehr, à se réfugier à la mi-avril en Tchécoslovaquie. Arrêté, interné, il fut libéré sans procès en automne et revint clandestinement en Alle­magne, après un court passage en Autriche. Accueilli dans les cercles du KAPD depuis avril 1920, il participa à la préparation d’opérations armées. Quand le KPD puis le KAPD décidèrent de se lancer dans une action armée d’envergure, il réapparut en Allemagne centrale pour diriger l’action de mars 1921.
Après la défaite du soulèvement ouvrier il fut arrêté en mai, à Berlin, jugé en juin et condamné à la prison à perpétuité. Commença alors une longue action pour sa libération. Peu à peu, ce symbole de l’activisme et du radicalisme fut considéré comme la victime d’une erreur judiciaire. Retourné au KPD en 1922, soutenu par le Secours rouge, Hölz profita d’une amnistie en juillet 1928. Mais son prestige éclipsait trop celui des dirigeants officiels du KPD — sa tournée triomphale à sa libération montrait qu’il était le communiste le plus populaire —, et il fut décidé par le Comité central de l’envoyer en Union soviétique où il s’installa après avoir rédigé ses mémoires, publiées en 1929 sous le titre De la Croix blanche au Drapeau rouge. Il se serait heurté aux autorités en prenant fait et cause pour les ouvriers al­lemands émigrés qui protestaient contre les conditions qui leur étaient imposées. Après la prise du pouvoir par Hitler, il s’en prit aux dirigeants communistes. C’est alors qu’il lui fut proposé de s’installer dans une ferme des environs de Nijni-Novgorod où il mourut lors d’une promenade sur l’Oka dans des circonstances si douteuses que la rumeur de son assassinat par la Guépéou circula.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article216346, notice HÖLZ Max par Serge Cosseron, version mise en ligne le 23 juin 2020, dernière modification le 24 juin 2020.

Par Serge Cosseron

ŒUVRE : Briefe aus dem Zuchthaus, 1927. — Vom " Weissen Kreuz " zur Roten Fahne, 1929 (Reprint, 1969).

SOURCES : M. Gebhardt, Max Hölz, Wege und lrrwege eines Revoiutionärs, Berlin, 1983. — S. Cosseron, Un rebelle dans la Révolution. Allemagne 1918-1921. Max Hölz, Paris, 1988. Réédition Spartacus, 2018, sous le titre : Max Hoelz, un rebelle dans la révolution, Allemagne 1918-1921. — Lexikon, op. cit.

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