HÖRNLE Edwin

Par Gilbert Badia

Né le 11 décembre 1883 à Cannstatt (Wurtemberg), mort le 21 juillet 1952 à Bad-Liebenstein (Thuringe) ; journaliste social-démocrate, puis dirigeant communiste, spécialiste de la question agraire et des problèmes d’éducation.

Fils d’un pasteur missionnaire aux Indes, Edwin Hörnle rentra en Allemagne à l’âge de six ans et fréquenta le Gymnasium à Ludwigsburg et Stuttgart. Après son service militaire, il fit des études de théologie aux Universités de Tübingen et de Berlin de 1904 à 1909. Nommé vicaire, il abandonna très vite le pastorat et s’établit à Berlin où il gagna sa vie en enseignant dans des écoles privées.
En 1910, il adhéra au Parti social-démocrate et fut appelé en 1912 à la rédaction du journal social-démocrate de Stuttgart, Schwäbische Tagwacht. Opposé à la politique d’Union sacrée de la direction wurtembergeoise du SPD, il quitta le journal en novembre 1914. Collaborateur occasionnel de divers journaux sociaux-démocrates, dont Die Gleichheit que dirigeait Clara Zetkin, il y publia des poèmes engagés. En 1915, il fit paraître des fables politiques dans les Lichtstrahlen de J. Borchardt. Les 23-24 avril 1916, il fut délégué à la conférence clandestine de la Jeunesse social-démocrate oppositionnelle. En juin 1916, il fut arrêté pour propagande antimilitariste et, quoique réformé, envoyé au front. Blessé, il fut hospitalisé en octobre 1918 à Stuttgart.
Quand la révolution éclata, il faisait partie du conseil d’ouvriers et de soldats du Grand-Stuttgart et s’intéressait déjà aux problèmes agraires.
Spartakiste puis communiste, il se vit confier la direction du Bezirk (rayon) Wurtemberg du KPD. Arrêté à la mi-janvier 1919, il fut relaxé et relâché en juin 1920. Outre ses fonctions à la direction de la région, il assura la rédaction de l’hebdomadaire communiste Der Pflug. Hörnle participa aux IIIe et IVe congrès de l’In­ternationale communiste. Le congrès du KPD, en 1921, lui confia la direction du département formation et propagande. En 1929, il publia un ouvrage où il résumait sa conception d’une éducation communiste : Grundfragen der proletarischen Erziehung (Principes de l’éducation prolétarienne). Il participa également à l’élaboration du programme agraire du KPD, publié sous le titre Das Gesicht dem Dorfe zu (Le regard tourné vers le village) en février 1926.
En avril 1933, le Comité central du KPD le fit émigrer en Suisse. A la fin de l’année, l’Institut international pour les questions agraires de Moscou lui confia la direction de sa section Europe centrale. Dès sa fondation (12-13 juillet 1943) Hörnle a fait partie du Comité national « Allemagne libre ». En mai 1945, il rentra en Al­lemagne, en zone soviétique. En juillet, il fut désigné comme second vice-président de l’Administration provinciale du Brandebourg et, en août, chargé de présider l’Administration centrale pour l’agriculture et les forêts. A ce titre, il prit une part active à la réforme agraire en zone soviétique d’occupation. Déchargé de ses fonctions politiques en 1949, il se consacra désormais à la formation des jeunes cadres et à l’enseignement, en sa qualité de professeur de la faculté de politique agraire, de vice-président de l’Académie allemande d’administration, de membre de l’Acadé­mie des sciences agricoles (fondée en 1951).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article216348, notice HÖRNLE Edwin par Gilbert Badia, version mise en ligne le 23 juin 2020, dernière modification le 24 mars 2020.

Par Gilbert Badia

ŒUVRE : Rote Lieder, 1924. — L’Éducation bourgeoise et l’éducation prolétarienne (trad. de l’ail.), 1933. — Bauern unterm Joch, 1936. — La situation des paysans en Allemagne hitlé­rienne, 1939. — Die Bodenreform, ein Weg zu Demokratie und Frieden, 1946.

SOURCES : Edwin Hörnle. Ein Leben für die Bauembefreiung, avec préface de W. Ulbricht (choix de textes de Hörnle), Berlin-Est, 1965. — W. Mehnert, Edwin Hörnle, Berlin-Est, 1963. —éRœder et Strauss, op. cit. — Weber, Wandlung, op. cit.

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