KANTOROWICZ Alfred

Par Jacques Droz

Né le 12 août 1899 à Berlin, mort le 27 mars 1979 à Hambourg ; militant communiste et écrivain, ayant rompu avec la RDA.

Né dans une famille de marchands d’origine israélite mais de sentiment national allemand, Alfred Kantorowicz fut volontaire lors de la Première Guerre mon­diale. Il fit ensuite des études littéraires et juridiques qui lui ouvrirent une carrière de journaliste et des relations dans les milieux berlinois d’écrivains, autour de Brecht et de Feuchtwanger. Il entra en 1931 au KPD et anima un groupe littéraire de tendance communiste, Laubenheimer Platz, à Berlin. Il fut en outre Polleiter (di­rigeant politique) d’un immeuble, appelé le block rouge, Borner Platz, où vivait une colonie d’artistes et d’écrivains dont W. Reich, Max Schrœder, Arthur Kcestler. En 1933, il émigra à Paris où il tint une place considérable dans le monde de l’émigration, écrivait dans plusieurs journaux antifascistes, comme la Freie Presse et la Sammlung d’Amsterdam, créant un comité d’aide aux écrivains proches du communisme, participant au Schutzbund deutscher Schriftsteller, dirigeant la Bibliothèque de la liberté, collaborant aux Braunbücher de Münzenberg. Kantorowicz participa à la tentative de constitution du Front populaire allemand, assista à la conférence de l’hôtel Lutetia en février 1936 et soutint ensuite les suprêmes tentatives de Heinrich Mann pour sauver l’entente des deux partis de la classe ouvrière. Parti comme soldat en Espagne, il servit comme officier dans la 13e Brigade internationale, tout en apportant son soutien littéraire aux républicains espagnols dans la revue El Mono Azul (Le Bleu de chauffe). Interné au camp de Milles à son retour en France, il put en 1941, grâce à l’aide de la communauté juive, émigrer aux États-Unis où il joua un rôle dans la radio et dans la presse, en partici­pant à la rédaction de la revue juive Aufbau. Revenu en Allemagne en décembre 1946, il s’établit dans le secteur soviétique de Berlin où il publia la revue Ost und West, qui devint un centre de discussion entre les partisans des deux systèmes en présence, jusqu’au jour où elle fut interdite par le SED, De 1950 à 1957, il enseigna l’histoire de la littérature à l’Université Humboldt et prit la direction des archives Heinrich Mann. Depuis 1953, il fut de plus en plus critique à l’égard de la RDA et en 1956, il refusa de signer la résolution à l’appui de la répression en Hongrie. En août 1957, il demanda l’asile à l’Ouest ; il ne put s’installer à Munich à cause de son passé communiste et s’établit à Hambourg où il écrivit divers ouvrages de souvenirs personnels et sur les intellectuels de son temps.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article216368, notice KANTOROWICZ Alfred par Jacques Droz, version mise en ligne le 23 juin 2020, dernière modification le 30 mars 2020.

Par Jacques Droz

ŒUVRE : Heinrich und Thomas Mann, 1956. — Deutsche Schicksale. Intellektuelle unter Hit­ler und Stalin, 1964. — Exil in Frankreich. Merkwürdigkeiten und Denkwürdigkeiten, 1971. — Politik und Literatur im Exil, deutschsprachige Schriftsteller im Kampfgegen den Nationalsozialismus, 1978. — Deutsches Tagebuch, 2vol., 1978-1979. — Spanisches Kriegstagebuch, 1948. — Deutschland-Ost und Deutschland-West, 1972. — Die Geachteten der Republik : alte und neue Aufsätze, 1977. — Etwas ist ausgeblieben : zur geistigen Einheit der deutschen Literatur, 1985.

SOURCES : A. Kœstler, Le dieu des ténèbres, Paris, 1950. — Barbara Baerns, « Ost und West ». Eine Zeitschrift zwischen den Fronten, Münster, 1968. — « In memoriam Alfred Kantorowitz », in Europäische ïdeen, t. 44,1979. — Walter, Exilliteratur, op. cit. — Langkau-Alex, Volksfront, op. cit. — Rœder et Strauss, op. cit. — Durzac, op. cit.

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