KOLLWITZ Käthe, née SCHMIDT

Par Jacques Droz

Née le 8 juillet 1867 à Königsberg, morte le 22 avril 1945 à Moritzburg (Saxe) ; graveuse sur bois socialiste.

Kathe Schmidt appartenait à une famille socialiste : son grand-père avait em­brassé comme prédicateur les thèses des « libres communautés » et son père n’avait pas pu s’établir, à cause de sa participation aux événements de 1848, comme avocat à Francfort, mais avait acquis par la suite une certaine aisance comme architecte. Son frère Conrad, rédacteur au Vorwärts, l’introduisit dans les milieux socialistes et la jeune artiste, orientée vers la gravure sur bois, connut à Berlin où elle avait épousé le médecin Karl Kollwitz, Gerhardt Hauptmann, qui lui inspira ses eaux-fortes sur les tisserands (1893-1898). Ceci lui valut ses premières difficultés avec le pouvoir impérial, Guillaume II ayant refusé de lui accorder la médaille que Adolf Menzel avait demandé pour elle et l’impératrice Augusta Viktoria de rendre visite à l’exposition où ses œuvres étaient présentées. L’orientation révolutionnaire don­née à son œuvre s’affirmait dans les gravures qu’elle composa sur « la guerre des paysans » (1902-1908), puis dans ses dessins pour le Simplizissimus. Pendant la Première Guerre mondiale, qu’elle vécut dans un esprit d’antimilitarisme, elle s’i­nitia à la sculpture pour édifier en l’honneur de son fils Peter et de ses compagnons, tombés sur le champ d’honneur, une stèle funéraire. Au poète Richard Dehmel qui, en octobre 1918, poussait à une résistance désespérée, elle répondit dans le Vor­wärts : « Il y a déjà assez de morts ! » Profondément déçue par la révolution de 1918, elle se préoccupa de la misère qui régnait en Russie où elle fit un voyage en 1927 et où elle exposera en 1932. Au milieu des événements qui avaient bouleversé l’Allemagne au lendemain de la guerre, elle avait affirmé le droit de l’artiste d’exprimer l’émotion ressentie par le prolétariat devant l’assassinat de Karl Liebknecht et en 1923, dans une suite d’études sur « la guerre », elle avait donné à son pacifisme une forme nouvelle plus révolutionnaire. En 1928, elle était entrée à l’Académie des beaux-arts où elle dirigeait le département du dessin. S’étant pro­noncée en janvier 1933, aux côtés de Heinrich Mann, pour l’union des forces de gauche contre le nazisme, elle dut abandonner son poste et se vit interdire le droit d’exposer ; elle put cependant continuer à travailler à domicile. Après avoir perdu, au cours de la Seconde Guerre mondiale, son mari et assisté à la destruction de sa maison à Berlin, elle fut recueillie par un magnat saxon qui admirait son œuvre et qui mit à sa disposition une demeure à Moritzburg en Saxe où elle mourut

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article216416, notice KOLLWITZ Käthe, née SCHMIDT par Jacques Droz, version mise en ligne le 23 juin 2020, dernière modification le 2 avril 2020.

Par Jacques Droz

ŒUVRE : Tagebuchblatter und Briefe, éd. par Hans Kollwitz, 1948. — Käthe Kollwitz-Verzeichnis des graphischen Werkes, présenté par A, Klipstein, 1955.

SOURCES : O. Nagel, Käthe Kollwitz, Dresde, 1963. — F. Schmalenbach, Käthe Kollwitz, Königstein/Ts., 1965. — D. Harth (éd.), Pazifismus zwischen den Weltkriegen, Heidelberg, 1985. — E. Jansen, Ernst Barlach-Käthe Kollwitz : Berührungen, Grenzen, Gegenbilder, Berlin, 1989. — Osterroth, op. cit. — Benz et Graml, op. cit.

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