MIRABLON Albert

Par Dominique Tantin, Isabel Val Viga

Né le 1er mars 1909 à Paterson (New Jersey, États-Unis), exécuté sommairement le 10 juin 1944 à Oradour-sur-Glane (Haute-Vienne) ; employé de banque ; résistant Libération-Sud.

plaque famille Chaleix - Mirablon, cimetière Oradour-sur-Glane
plaque famille Chaleix - Mirablon, cimetière Oradour-sur-Glane
crédit : Isabel Val Viga

Albert Mirablon était le fils de Ernest (né le 30 juillet 1871, à Paris XIIIe arr. Et décédé avant 1926), marchand- détaillant en épicerie, et de son épouse Anna née Chaleix* (née le 12 mars 1885, à Oradour-sur-Glane). Ses parents s’étaient mariés en 1906 à Paterson, New-Jersey, États-Unis.
Sa mère, Anna Chaleix*, originaire d’Oradour-sur-Glane, rejoint en 1906 une partie de sa famille déjà installée aux États-Unis avec une de ses sœurs. C’est là qu’elle rencontre Ernest Mirablon, originaire de la région parisienne.
Albert, grandit dans l’Amérique prospère des années 1910-1920, où il suit toute sa scolarité.

La famille Mirablon revient en France en 1926 et s’installe à Limoges, Albert entre alors au Crédit Lyonnais en 1927, à l’âge de 18 ans, puis effectue son service militaire en 1930. De sa vie aux États-Unis, il a gardé un goût prononcé pour la découverte et l’aventure. Au cours des années 1930, il parcourt une partie de l’Europe, et, passionné par la photographie, il réalise de nombreux clichés illustrant ses voyages.
Le 15 décembre 1938 à Limoges, il épouse Renée Foussat, le couple était domicilié à Limoges au 6, rue Orphéroux. De cette union naquit un garçon, Claude (né le 24 novembre 1939, à Limoges), alors qu’il est mobilisé le 26 août 1939.

Après l’armistice de juin 1940, il reprend son travail au Crédit Lyonnais et entre dans la résistance dès octobre 1941, au sein du Mouvement Libération Sud lors de son implantation à Limoges en 1941 sous l’égide d’Armand Dutreix et devient responsable de la diffusion des journaux clandestins pour le secteur Sud de Limoges. Il était, par ailleurs, membre du réseau Kasanga depuis le 1er avril 1942. Il accomplit des missions en tant que photographe pour les journaux clandestins (Combat, Libération, Franc-tireur) et pour les services de renseignements ; il participe également à des actes de sabotage ou de vol de matériel appartenant aux forces allemandes. Cet engagement lui vaudra la remise, à titre posthume, de la médaille de la résistance.
Il était le neveu de Marie Louise Jeanne Chaleix*, épouse de Jean Lesparat*, parents de Jean Marie Gilbert Fernand, époux de Marcelle Grand* (parents de Monique*).
Le 10 juin 1944, alors qu’il revient de Saint-Junien à vélo, il s’arrête à Oradour voir sa mère, qui, désormais veuve, était revenue à Oradour auprès de sa famille. Il arriva dans le bourg avec un groupe de cyclistes.

Il fut victime du massacre perpétré par les SS du 1er bataillon du 4e régiment Der Führer de la 2e SS-Panzerdivision Das Reich, mitraillé puis brûlé dans la Forge Beaulieu dans laquelle les hommes furent massacrés.
L’un des rescapés, Armand Senon put, de sa cachette, assister au massacre de ce groupe. Il en fit pour l’enquête judiciaire le récit suivant : « (…) j’ai vu arriver place du champ de foire sept ou huit hommes encadrés d’Allemands. Il devait s’agir d’étrangers à la commune, de passage dans les parages, quelques-uns étaient à bicyclette. Je n’en ai reconnu aucun. Les Allemands les ont gardés un petit moment, lorsqu’un chef est arrivé, et, sans procéder à aucune vérification d’identité, il a donné des instructions aux militaires d’escorte. Ceux-ci en possession d’armes automatiques ont fait ranger les bicyclettes contre le mur de la forge Beaulieu. Ensuite ils les ont faits aligner devant le mur de l’immeuble et, à une distance de dix mètres, un Allemand a déchargé son arme sur eux. J’ai vu ce bourreau qui se tenait debout devant les otages. Il a tiré en balayant le rang. Les hommes sont tombés aussitôt. […] Il inclinait son arme vers le sol et continuait à la décharger sur les civils, la poussière s’est soulevée par terre. »

Son oncle et son cousin furent mitraillés puis brûlés dans l’une des six granges dans lesquelles les hommes furent massacrés. Sa mère, sa tante, sa cousine furent brûlées dans l’église avec l’ensemble des femmes et des enfants d’Oradour-sur-Glane.

Il fait partie des 52 corps identifiés pour lequel un acte de décès put être établi.
Albert Mirablon obtint la mention « Mort pour la France » par jugement du tribunal de Rochechouart du 10 juillet 1945.

Son nom figure sur le monument commémoratif des martyrs du 10 juin 1944 à Oradour-sur-Glane.

Son fils épousera le 4 août 1962 à Panazol, Michèle Marie Amélie Darnis.
Son épouse décède le 28 juin 1983 à Limoges.

Voir Oradour-sur-Glane

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article216418, notice MIRABLON Albert par Dominique Tantin, Isabel Val Viga, version mise en ligne le 5 juin 2019, dernière modification le 13 mai 2020.

Par Dominique Tantin, Isabel Val Viga

plaque famille Chaleix - Mirablon, cimetière Oradour-sur-Glane
plaque famille Chaleix - Mirablon, cimetière Oradour-sur-Glane
crédit : Isabel Val Viga

SOURCES : Liste des victimes, Centre de la Mémoire d’Oradour-sur-Glane. — Guy Pauchou, Dr Pierre Masfrand, Oradour-sur-Glane, vision d’épouvante, Limoges, Lavauzelle, 1967, liste des victimes, pp. 138-194. — Jean-Jacques Fouché, Oradour, Paris, Liana Levi, 2001. (p156-157) — MémorialGenWeb. — Archives État civil de la Haute-Vienne et Paris, actes de naissances, mariages, décès, recensements. — Dossier CVR (CVR 9019) — Série Destin, Albert Mirablon, Centre de mémoire. — Notes Bernard Pommaret — Geneanet-Oradour-sur-Glane

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