KREIKEMEYER Willi

Par Jacques Droz

Né le 2 janvier 1894 à Magdeburg, mort le 31 août 1950 (?) à Berlin ; militant communiste.

Tanneur de formation, Willi Kreikemeyer entra au SPD en 1913, à l’USPD en 1918 et au KPD en 1920. Demeurant à Magdeburg, il y fut secrétaire du syndicat libre des cheminots, proche des communistes. Leader politique de la Bavière du Nord, il fut en 1924 arrêté, puis expulsé de la Bavière ; il poursuivit sa carrière suc­cessivement à Rostock, en Basse-Saxe et à Dantzig où il agit clandestinement même avant l’arrivée au pouvoir de Hitler. Émigré en 1933 en Sarre, puis en France, il fut envoyé par le KPD en Espagne où il participa à la guerre civile. Revenu en France, il fut interné à Reims puis à Bordeaux, mais libéré à l’arrivée des troupes allemandes. Il organisa, après avoir pris contact avec l’américain Noël H. Field, la libération de nombreux militants communistes, comme Paul Merker dont il prit la place à Marseille à la tête de l’Union des émigrés allemands antinazis. Il poursuivit cette action à Paris avec sa femme jusqu’après la Libération, s’employant au rapa­triement des émigrés allemands sans moyens financiers. A Berlin où il rentra en 1946, il fut nommé à la direction de la Reichsbahn dans la zone soviétique. C’est alors qu’éclata le scandale : la police prétendant avoir établi que Field était un es­pion au service des États-Unis (pendant la guerre, il avait eu des contacts avec Allen Dulles à qui il fournit des informations sur la situation économique et politique dans les pays occupés par Hitler), Kreikemeyer fut arrêté à Prague en mai 1949 par des fonctionnaires du Comité central du Parti et livré à la police hongroise. On ne le re­vit jamais et, en dépit des démarches de sa femme, aucun éclaircissement ne fut donné sur les causes et le lieu de sa mise à mort. Malgré ses dénégations et en l’ab­sence de la moindre preuve, il fut désormais traité comme le pivot central d’une pré­tendue conspiration antisoviétique montée par les Américains. Ni Kreikemeyer ni les nombreuses victimes de cette accusation sans fondement — Paul Merker perdit ses fonctions, Paul Bertz se suicida, Lex Ende mourut de désespoir — -ne furent po­litiquement réhabilités.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article216420, notice KREIKEMEYER Willi par Jacques Droz, version mise en ligne le 23 juin 2020, dernière modification le 3 avril 2020.

Par Jacques Droz

SOURCES : Flora Lewis, Red Pawn. The Story of Noel Field, New York, 1965. — K. Keylan, Procès politique à Prague, Paris, 1980. — Weber, Wandlung, op. cit. — Rœder et Strauss, op. cit.

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