LAUFENBERG Heinrich

Par Serge Cosseron

Né le 19 janvier 1872 à Cologne, mort le 3 février 1932 à Hambourg ; militant socialiste, puis dirigeant national-bolchevique.

Fortement influencé par son milieu familial catholique, Heinrich Laufenberg, tout en poursuivant des études d’économie politique et de philosophie à l’Univer­sité de Rostock, s’engagea dans le militantisme confessionnel. Dès qu’il obtint son diplôme de doctorat en 1902, il fut introduit dans le journal du parti du Zentrum, Germania à Berlin. Mais en 1904, il passa à la social-démocratie qui l’envoya tra­vailler à la Volkszeitung à Düsseldorf. Il fit de son passage un acte public en écrivant une brochure, Kann ein Katholik Sozialdemokrat sein ? (Un catholique peut-il être social-démocrate ?) qui obtint un succès réel en 1905. A la suite de ses prises de positions proches de la gauche du parti, Franz Mehring l’appela en 1907 à Hambourg pour écrire l’histoire du mouvement ouvrier hambourgeois ; en même temps, il di­rigea l’École locale du parti. Mais en 1913, son radicalisme lui valut d’être démis de toutes ses responsabilités politiques par la direction. Pendant la guerre, il orga­nisa un groupe anti-guerre en compagnie de Fritz Wolffheim et entra en contact avec l’opposition de Brême. Envoyé sur le front, il combattit jusqu’en novembre 1918 puis, porté par le mouvement révolutionnaire, il fut élu président du conseil des soldats de Hambourg jusqu’en janvier 1919 et participa à ce titre au Ier congrès des conseils d’ouvriers et de soldats de Berlin en décembre 1918 où il conduisit un petit groupe, les Vereinigte Revolutionäre. Adhérent au KPD, il fut le porte-parole de l’opposition antiparlementaire et antisyndicale au second congrès — clandes­tin — du parti, s’opposant à la reprise en main de Paul Levi. Tout au long de l’an­née 1919, Laufenberg construisit une alternative politique originale qualifiée de na­tional-bolchevique. Assimilant les nations vaincues à des nations prolétaires, il proposa une alliance entre les éléments nationalistes de l’armée et le prolétariat, seule force agissante de la société moderne. Cette alliance devait conduire au déclenche­ment d’une guerre révolutionnaire, menée avec la Russie des Soviets contre l’En­tente. Ces positions provoquèrent une polémique très violente au sein du KPD, puis du KAPD qui conduisit à l’expulsion des Hambourgeois en août 1920. Entre temps, Laufenberg avait dû passer plusieurs mois, de novembre 1919 à avril 1920, en pri­son, afin de purger une peine d’un an de forteresse infligée pour activités clandes­tines. Après son exclusion du KAPD, il continua son activité dans un Bund der Kommunisten, avant de se consacrer exclusivement, pour des raisons de santé, à des travaux littéraires. Contrairement à Wolffheim, il refusa tout contact avec le NSDAP.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article216432, notice LAUFENBERG Heinrich par Serge Cosseron, version mise en ligne le 23 juin 2020, dernière modification le 7 avril 2020.

Par Serge Cosseron

ŒUVRE : Hamburg und sein Proletariat im 18. Jahrhundert, 1910. — Der politische Streik, 1914. — (avec F. Wolffheim), Demokratie und Organisation, 1915. — Kommunismus gegen Spartakismus. Eine reinliche Scheidung, 1920. — Massen und Führer, 1920. — (avec F. Wolffheim), Moskau und die deutsche Revolution. Eine kritische Erledigung der bolschevoistischen Methoden, 1920.

SOURCES : O.E. Schüddekopf, Linke Leute von rechts, die national-revolutionären Minderbeiten und der Kommunismus in der Weimarer Republik, Stuttgart, 1960. — K.O. Paetel, Versuchung oder Chance ? Zur Geschichte des deutschen Nationalbolschewismus, Göttingen, 1965. — J.P. Faye, Langages totalitaires, Paris, 1972. — L. Dupeux, Nationai-Bolchevisme, stra­tégie communiste et dynamique conservatrice, 2 vol., Paris, 1979.

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