MEWIS Karl

Par Jacques Droz

Né le 22 novembre 1907 à Hanoversch-Münden, mort le 16 juin 1987 à Berlin-Est ; militant communiste, homme d’État de la RDA.

Apprenti serrurier, Karl Mewis entra au KPD à l’âge de dix-sept ans et la même année, il purgea une peine de six mois de prison pour propagande révolutionnaire chez les cheminots. Il poursuivit son travail de militant en Hesse, puis à Magdeburg où l’appela Hermann Matern. En 1932, il fut envoyé à l’École léniniste internatio­nale à Moscou. En 1935, devenu leader politique (Polleiter) du district du Rhin in­férieur, il eut à Amsterdam d’importants contacts avec Ulbricht et Dahlem (dont il devait épouser la fille) sur le travail clandestin et le Front populaire. Il participa au VIIe congrès de l’Internationale et à la conférence « de Bruxelles » et, après diverses missions dangereuses en Allemagne, le Komintern l’envoya en Espagne comme représentant du KPD auprès du Parti socialiste unifié de Catalogne (PSUC) puis, en remplacement de Dahlem, à la commission politique des Brigades interna­tionales à Albacete, enfin à Valence pour plaider la cause du Front populaire socialo-communiste ; il s’y brouilla avec André Marty sur la question du réemploi éven­tuel des combattants des Brigades dans la Résistance intérieure allemande. Après avoir précédé au transfert des autorités du parti de Prague à Paris et assisté à la conférence « de Berne », qui le fit entrer au Comité central, il se rendit en Scandi­navie. Chargé de reconstituer de Stockholm les cadres directeurs du parti, il entra en conflit avec Wehner et fut d’ailleurs emprisonné pendant un an (1942-1943) ; ouvert à une collaboration avec les groupes sociaux-démocrates et bourgeois, il réussit en 1944 à constituer une Association centrale des antifascistes allemands, succès qui ne fut atteint dans aucun autre pays pendant la Seconde Guerre mon­diale. Rentré en Allemagne en 1945, il accomplit une brillante carrière administra­tive qui le conduisit en 1962 au Comité central du SED et à la présidence de la commission de Planification. En 1960, il mena brutalement la collectivisation des terres paysannes. S’étant fait une renommée par la reconstruction du port de Rostock et jouissant de l’appui d’Ulbricht, il fut pourtant compromis par la pénurie des récoltes agricoles et la crise d’approvisionnement des années 1961 et 1962, qui laissaient entrevoir une libéralisation de l’économie. Déchu de ses fonctions en jan­vier 1963, il occupa jusqu’en 1968 le poste d’ambassadeur en Pologne.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article216473, notice MEWIS Karl par Jacques Droz, version mise en ligne le 23 juin 2020, dernière modification le 28 avril 2020.

Par Jacques Droz

ŒUVRE : Im Auftrag der Partei. Erlebnisse im Kampfgegen die faschistische Diktatur, 1972 (mémoires).

SOURCES : K.W. Fricke, Opposition und Widerstand in der DDR, Cologne, 1984. — J. Peters, Exilland Schweden. Deutsche und schwedische Antifaschisten 1933-1945, Berlin-Est, 1984. — Rœder et Strauss, op. cit. — Duhnke, KPD, op. cit. — Wehner, Zeugnis, op. cit.

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