MEYER Ernst

Par Pierre Broué

Né le 10 juillet 1887 à Prostken (Prusse orientale), mort le 2 février 1930 à Potsdam ; dirigeant communiste, oppositionnel.

Fils d’un mécanicien de locomotive, Ernst Meyer, grâce aux sacrifices d’une famille religieuse et antisocialiste, put faire des études supérieures de philosophie, de psychologie et d’économie à Königsberg, puis Berlin. C’est à Königsberg, dans la préparation d’un débat avec le socialiste Hugo Haase, qu’il se convertit au so­cialisme. Il entra au SPD en 1908, devint docteur en philosophie en 1910 et, après une année comme statisticien, devint rédacteur politique au Vorwärts en 1913 : il appartenait alors au cercle des amis de Rosa Luxemburg. Atteint de tuberculose, il ne fut pas mobilisé en 1914 et fut l’un des fondateurs du groupe Internationale, plus tard Spartakus. Il fut renvoyé du Vorwärts en 1915, arrêté ensuite à plusieurs reprises. Il ne souhaita pas une scission du SPD et crut nécessaire l’alliance de la gauche et du centre. Après les grèves de janvier 1918 et l’arrestation de Jogiches, c’est à lui que revint la direction du groupe Spartakus et c’est en cette qualité qu’il entra en relations avec Lénine et les bolcheviks.
Élu à la direction du KPD lors de son congrès de fondation, il fut réélu au cours de années suivantes, fut délégué aux IIe et IIIe congrès de l’IC, membre du Bureau politique, président du KPD et rédacteur en chef de Die Rote Fahne en 1921-1922.
En 1923, il fut responsable des préparatifs de l’insurrection dans l’Oberbezirk Süd, puis inspira le groupe du « centre », critique de la gauche de Ruth Fischer et de la « droite » brandlérienne. Il fut dès lors à la tête du groupe des « conciliateurs » qui, de 1926 à 1928, collabora avec Thälmann (ce qui donna à Meyer une position considérable dans le parti), mais il fut progressivement rejeté à l’arrière-plan. Parti se faire soigner en 1928 dans un sanatorium soviétique, il se lia au jeune dirigeant de l’Opposition de gauche clandestine, Grigori lakovine, historien de l’Allemagne et mari de Pankratova. Son état de santé, qui ne cessa de s’aggraver, ne lui laissait guère de possibilités d’activité. Il était tout à fait marginalisé dans le KPD quand il mourut au lendemain d’une opération chirurgicale.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article216474, notice MEYER Ernst par Pierre Broué, version mise en ligne le 23 juin 2020, dernière modification le 17 juin 2020.

Par Pierre Broué

ŒUVRE : Die politische Unterdrückung, 1926.

SOURCES : G. Badia, Le Spartakisme, Paris, 1967. — Rosa Meyer-Leviné, Inside German Communism. Memoirs of Party Life in the Weimar Republic, Londres, 1977. — Weber, Wandlung, op. cit.

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