ROSENBERG Ludwig

Par Jacques Droz

Né le 29 juin 1903 à Berlin, mort le 23 octobre 1977 à Düsseldorf ; leader syndical social-démocrate.

D’une famille berlinoise de commerçants israélites dans la confection et la couture, mais patriotes prussiens, Ludwig Rosenberg perdit jeune son père et fut élevé par sa mère et son oncle qui lui firent apprécier la vie musicale et théâtrale du Berlin de leur temps. Il connut l’agitation communiste des débuts des années vingt, mais l’apprécia peu. Par contre, membre du Reichsbanner, il s’engagea dans le syndicalisme des employés (Gewerkschaftsbund der Angestellten) et dirigeait en 1933 trois caisses d’assurances de fédérations importantes. Sans illusion sur la possibilité d’une collaboration possible avec les nazis, il se rendit en juin 1933 en Angleterre où le travail lui fut refusé et où, au début de la guerre, il fut enfermé à l’île de Man, d’où le sortit Bevin qui le chargea d’incorporer 75 000 émigrants allemands ou au­trichiens dans l’industrie de guerre. Il refusa toujours de parler à la radio dans le ca­dre de la propagande anglaise : « Nous avons un ennemi commun, Hitler et les na­zis, mais nos buts sont différents », disait-il, bien qu’il sût que sa mère et son oncle avaient été transportés à Auschwitz.
Rentré en Allemagne en 1945, il assura la liaison des syndicats avec les auto­rités britanniques, puis celles des trois zones occidentales, pour assurer ensuite les services avec l’étranger du DGB, puis ses services économiques et devenir son vice-président puis son président de 1962 à 1969. Pendant les sept années de sa pré­sidence, qui correspondaient à l’essor économique de la RFA, deux affaires essentielles préoccupèrent le DGB : celle du réarmement atomique, auquel les syndicats étaient fondamentalement hostiles ; celle des lois d’exception (Notstandsgesetze), desquelles les syndicats voulaient exclure les conflits du travail, mais renoncèrent à leur attitude le jour où l’Opposition extra-parlementaire voulut organiser à leur sujet une grève générale et que l’alliance avec les « gauchistes » compromettait une décision prise démocratiquement par lé Parlement. Dans son livre paru en 1969, Décision pour demain, Rosenberg montrait en démocrate convaincu que les syn­dicats devaient respecter le parlement, la loi et l’ordre public ; ils n’avaient pas à se substituer aux partis : leur rôle était, dans une société où les techniciens et les ma­nagers faisaient du travailleur un rouage parmi d’autres rouages, de préserver par l’éducation permanente de leurs membres, leur pouvoir de cohésion dans l’entre­prise.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article216544, notice ROSENBERG Ludwig par Jacques Droz, version mise en ligne le 23 juin 2020, dernière modification le 14 mai 2020.

Par Jacques Droz

ŒUVRE : Vom Wirtschaftsantertan zum Wirtschaftsbürger, 1948. — Das Mitbestimmungsrecht der Arbeitnehmer in Deutschland, 1956. — Die Gewerkschaften und das wirtschaftliche und gesellschaftliche Zukunftsbild, 1961. — Geniesse die Zeitgenossen. Aphorismen über die Welt um uns, 1972. — Sinn und Aufgabe der Gewerkschaften. Tradition und Zukunft, 1973. — Kommentare zur Zeit, 1976.

SOURCES : D. Schuster, Ludwig Rosenberg. Ein Porträt, Freudenstadt, 1969 ; Der deutsche Gewerkschaftsbund, Düsseldorf, 1977. — Rœder et Strauss, op. cit.

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