TAULEIGNE Henri, Maurice

Par Jean-Marie Guillon

Né le 17 juillet 1925 à Avignon (Vaucluse), abattu le 28 juillet 1944 à Alès (Gard) ; résistant Forces françaises de l’Intérieur (FFI).

Fils de Marcelle Tauleigne née Bernard, ménagère à Saint-Jean-de-Maruéjols (Gard), le jeune Henri Tauleigne fut arrêté le 26 juillet 1944 à Alès par des éléments de la Milice et de la 8e compagnie du 3e régiment de la division Brandebourg. Il fut enfermé au Grand Hôtel où le 2e service et la franc-garde avaient établi leur siège. Il fut abattu dans la nuit du 28 juillet, rue Deparcieux, en tentant de s’évader. Il fut repéré peu avant minuit par les Brandebourg qui contrôlaient l’équipage d’un camion qui, faute d’avoir pu trouver des chambres, dormait dans le véhicule. Alertés par le bruit, ils avisèrent le fuyard sur le toit d’un appentis. Après lui avoir ordonné de descendre, ils lui tirèrent dessus et le blessèrent. Il leur cria qu’il était inoffensif car encore menotté et qu’il se rendait. Une fois à terre, les Brandebourg – il s’agissait de la « bande des Marseillais » dirigés par François Carbone - lui tirèrent au jugé (car il n’y avait aucun éclairage) dans les jambes. Le bruit attira les miliciens à qui les Brandebourg laissèrent le malheureux. Selon plusieurs témoignages, ces derniers l’interrogèrent sur le maquis, qu’ils lui reprochaient de ravitailler, d’autant plus que son père et son frère, qu’ils accusaient d’être communistes, l’auraient rejoint. Laissés sans soin et souffrant terriblement, Henri Tauleigne leur aurait dit « Tuez-moi plutôt que de me faire souffrir ». Alors que des miliciens parlaient de le conduire à l’hôpital, l’un d’eux décida de l’abattre en déclarant « Puisqu’on ne peut rien en tirer, il vaut mieux en finir ». Les miliciens emportèrent ensuite le corps sur une civière. Le chef départemental de la Milice, Charles Roumégous, affirma s’être rendu à Alès, alerté de la collusion entre son 2e service et les Brandebourg et avoir interrogé le chef Jourdan, qui rejeta le meurtre de Tauleigne sur ceux-ci. Il ajouta qu’il avait exclu de la Milice le chef du 2e service à Alès, Bencke, et avoir fait revenir les francs-gardes à Nîmes.
Henri Tauleigne - fut homologué comme sergent chef FFI à compter du 1er juin 1944 et reconnu comme « Mort pour la France » par un arrêté du 7 décembre 1949. Une plaque à la mémoire d’Henri Tauleigne "assassiné par la Milice" a été apposée rue Deparcieux après la Libération.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article216594, notice TAULEIGNE Henri, Maurice par Jean-Marie Guillon, version mise en ligne le 15 juin 2019, dernière modification le 13 septembre 2020.

Par Jean-Marie Guillon

SOURCES : Archives de la justice militaire, dossier François Carbone (tribunal militaire de Marseille, Jugement n°654/8464 du 12 décembre 1952). ⎯ Arch. dép. Gard 1 W 669 (Crimes de guerre) et 3 U 7 260 (cour de justice du Gard, dossier Roumegous). ⎯ site internet Mémoire des hommes SHD Caen AC 21 P 161830. ⎯ Lieux de mémoire de la Seconde Guerre mondiale dans le Gard, Nîmes, sd, ONAC-Conseil général, 3e éd. en ligne.

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