DE BERNARDI Dominique. Ecrit souvent BERNARDI

Par Nadia Ténine, Claude Pennetier

Né le 23 septembre 1899 à Ortiporio (Corse), mort le 8 août 1972 au sanatorium de Vivario-Tattone (Haute-Corse) ; infirmier ; militant communiste de Neuilly-sur-Marne (Seine-et-Oise, Seine-Saint Denis) ; syndicaliste CGT des hôpitaux psychiatriques.

Fils de Laurent Bernardi, cultivateur, et de Marie Mambriani, ménagère, Dominique De Bernardi fut enregistré à l’état civil comme Bernardi. Le tribunal civil de Bastia demanda en décembre 1911 la rectification en ajoutant la particule. Il s’était marié le 22 février 1925 à Neuilly-sur-Marne (Seine-et-Oise, Seine-Saint Denis) avec Antoinette Sangiovanni. Dirigeant local du syndicat des asiles, il fut élu en 1935 conseiller municipal communiste de Neuilly-sur-Marne et 3e adjoint. Le maire, Théophile Gaubert était lui aussi un infirmier psychiatrique. De Bernardi fut révoqué de l’asile de Ville Evrard en 1940. Interné à Aincourt (Seine-et-Oise devenue Val-d’Oise) en mars 1941, il écrivait au préfet qu’il avait rompu ses relations avec le PCF dès la mobilisation et entrait en relations avec Marcel Gitton. Il fut libéré en juin 1941 après avoir signé l’habituelle assurance de loyalisme envers le gouvernement du Maréchal Pétain. Vingt-sept anciens communistes furent libérés en même temps que lui. Rien n’indique que cette libération obtenue par l’équipe de Gitton l’ait conduit à la fréquentation des organisations collaborationnistes.
La Feldkommandantur de Saint-Cloud (Seine-et-Oise, Hauts-de-Seine) se plaignit au préfet de Seine-et-Oise d’une recrudescence des menées communistes depuis sa libération. Il est cependant douteux que De Bernardi ait pu reprendre contact avec les communistes.Le juge d’instruction de Pontoise lança un mandat d’arrêt contre lui le 6 juillet 1942, mais De Bernardi avait "disparu", en fait il était retourné en Corse. En août 1942, il fut arrêté à Bastia (Corse, Haute Corse) pour infraction à un arrêté de résidence forcée. Libéré, il se retira à Ortiporio. Ses soutiens firent en 1945 mention de sa participation à la Résistance en Corse.
Car, de retour en région parisienne, De Bernardi rencontra l’hostilité de la CGT et du Parti communiste. Il fut écarté du conseil municipal de Neuilly-sur-Seine et convoqué devant une commission paritaire puis une commission d’épuration. Cette dernière prononça la sanction de révocation avec pension, tout en disant que la déclaration de fidélité à Pétain pouvait avoir un "caractère d’opportunité pour reprendre sa liberté et se mettre au service de la Résistance" (8 octobre 1945). Le préfet interpréta le jugement comme un classement de l’affaire et fit réaffecter De Bernardi à l’hôpital psychiatrique de Ville-Evrard, mais la CGT mobilisa le personnel pour l’empêcher de rester dans les lieux. Un longue bagarre juridique et syndicale s’en suivit jusqu’en 1950. Son affectation à Saint-Anne n’eut pas plus de succès. Après la scission syndicale, il eut le soutien de FO et conserva l’hostilité durable des deux secrétaires de la CGT, Édouard Margot et R. Souillé. Finalement, de guerre lasse, la préfecture de la Seine lui donna un poste dans un service sédentaire, le Service des Biens des aliénés 2, rue Lobau à Paris.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article21671, notice DE BERNARDI Dominique. Ecrit souvent BERNARDI par Nadia Ténine, Claude Pennetier, version mise en ligne le 24 août 2016, dernière modification le 24 août 2016.

Par Nadia Ténine, Claude Pennetier

SOURCES : Arch. Dép. Seine-et-Oise : 2M30/63, 1W72, 74 et 90. — Arch. PPo. 89, Versailles le 23 juillet 1942. — Lettre de la mairie de Neuilly-sur-Marne, 8 janvier 1981. — Recherches de Corinne Benestroff sur l’asile de Ville-Evrard sous l’Occupation, notamment dans les archives du Musée de la Résistance Nationale, juillet 2016. — État civil.

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