SCHAEFFLE Albert

Par Jacques Droz

Né le 24 février 1831 à Nürtingen, mort le 25 décembre 1903 à Stuttgart ; homme politique conservateur proche du socialisme de la chaire.

Issu d’une famille d’enseignants, Albert Schaeffle commença des études de théologie à Tübingen, qu’il abandonna pour devenir rédacteur du Schwäbischer Merkur à Stuttgart. Sans avoir passé les examens universitaires adéquats, il entra dans la haute administration wurtembergeoise et fut en 1860 nommé professeur d’économie politique à l’Université de Tübingen. Adversaire du libéralisme écono­mique et partisan de la Grande-Allemagne, il en défendit les principes dans l’Augsburger Allgemeine Zeitung et dans la Deutsche Vierteljahresschrift et attaqua le particularisme prussien, tant pendant la guerre piémontaise qu’à l’occasion du traite de commerce de 1863 avec la France. Fondateur du Reformverein, il était fa­vorable à l’idée d’une Europe du milieu dont l’Autriche aurait la direction politique et économique. Ce furent ces idées qu’il défendit au Landtag wurtembergeois dont il fut membre de 1863 à 1865, puis en 1868 au Zollparlament. La même année, il s’installa à Vienne comme professeur à l’Université et appartint en 1871 comme ministre du Commerce au cabinet Hohenwart où il poussa à une organisation fédé­rale de la monarchie et à la reconstruction du royaume de Bohême. Lors de sa chute, il revint à Stuttgart ; n’ayant pu réintégrer une carrière administrative, il s’adonna à des recherches personnelles. Dans son ouvrage capital Bau und Leben des sozialen Körpers (Structure et vie du corps social, 1875-1878), il tenta de bâtir un sys­tème de sciences naturelles et sociales par lequel il voulut sauver l’homme des dan­gers du matérialisme et lui éviter de devenir un instrument de la nécessité économi­que ; aussi le comptait-on parmi les « socialistes de la chaire » et c’est à ce titre qu’il se réconcilia avec la politique sociale de Bismarck. Il fut le premier économiste à s’intéresser à la doctrine socialiste : dans sa Quintessenz des Sozialismus publié en 1874 dans les Deutsche Blätter (lre éd. en volume, 1877), il réfuta les objections généralement faites à l’égard du socialisme, ce qui fit interdire l’ouvrage par le gouvernement prussien. Plus tard, dans Die Aussichtslosigkeit der Sozialdemokratie (La situation désespérée de la social-démocratie, 1885), il se détourna des ten­dances qui pouvaient conduire à un « communisme centralisé » en leur opposant un système d’autonomie corporative, mais sans toutefois mettre en cause le Parti so­cial-démocrate qu’il voulut seulement entraîner dans la voie du réformisme. En 1892, il dirigea à Stuttgart la Zeitschrift für die Gesamtwissenschaft (Revue pour l’ensemble des sciences). Il était reconnu comme un spécialiste en sociologie et en finance.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article216852, notice SCHAEFFLE Albert par Jacques Droz, version mise en ligne le 23 juin 2020, dernière modification le 15 mai 2020.

Par Jacques Droz

ŒUVRE : Aus meinem Leben, 2 vol., 1905. — La Quintessence du socialisme (trad. par B. Malon), 1880.

SOURCES : RK. Mann, « Albert Schaeffle », in Handwörterbuch der Sozialwissenschaften, t. 9,1956. — F. Weigend, « Albert Schäffle », in Lebensbilder aus Schwaben und franken, 1.13, Stuttgart, 1977.

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