SCHLÖFFEL Gustav, Adolf

Par Jacques Droz

Né en 1828 à Hirschberg (Silésie), mort le 21 juin 1849 à Waghâusel (Bade) ; journaliste révolutionnaire de 1848.

Fils d’un fabricant de Hirschberg qui appartenait à l’opposition libérale et qui siégea au Parlement de Francfort sur les bancs du club du Donnersberg, le jeune Gustav Schlöffel fréquenta le gymnase de Breslau, puis l’Université de Heidelberg où il manifesta, dans les années qui précédèrent la révolution, le plus grand intérêt pour les problèmes sociaux à la ville et à la campagne et participa à l’agitation ré­publicaine : il assista notamment à l’assemblée d’Offenburg en Bade où il s’irrita des tergiversations de Hecker. Attiré par les événements de mars à Berlin, qu’il considérait tout de suite comme le cœur du mouvement révolutionnaire, il participa aux réunions du Politischer Club et du Volksverein où il se présenta comme le re­présentant des éléments les plus avancés du prolétariat berlinois, les Rehberger, qui travaillaient dans la reconstruction des canaux et des chaussées de la capitale prus­sienne. Dans le journal Der Volksfreund qu’il data de l’An I de la république, il se présenta en termes babouvistes comme le défenseur de l’« égalité naturelle » et soutint le principe d’une lutte implacable entre possédants et non-possédants : « Entre eux, écrivit-il, il n’y a pas de paix, pas de conciliation possible : il faut que le travail triomphe et que les employeurs disparaissent. » A la suite de la manifesta­tion du 20 avril, destinée à obtenir du cabinet Hansemann-Camphausen le suffrage égalitaire direct, il fut arrêté et, convaincu d’être en rapport avec les révolutionnaires badois, condamné à six mois de forteresse. Son ami, l’étudiant E. Monecke, prit la direction du Volksfreund.
S ’étant échappé de la prison de Magdeburg, Schlöffel partit pour la Hongrie où il comptait se battre aux côtés des forces révolutionnaires : la chute de Vienne l’empêcha d’y parvenir. En mars 1849, il s’adressa directement à Marx pour obtenir de lui la possibilité d’écrire de Francfort où il avait rejoint son père, dans la Neue Rheinische Zeitung dont il partageait, semble-t-il, les idées. La réponse de Marx n’est pas connue. Schlöffel trouva une mort héroïque dans un combat d’arrière-garde de l’armée badoise.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article216862, notice SCHLÖFFEL Gustav, Adolf par Jacques Droz, version mise en ligne le 23 juin 2020, dernière modification le 19 mai 2020.

Par Jacques Droz

SOURCES : K. Obermann, « Gustav Adolf Schlöffel », in Männer der Revolution von 1848, 1, Berlin-Est, 1970.

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