SCHRAMM Konrad, Bernhard

Par Jacques Droz et Gauthier Langlois

Né le 21 août 1822 à Krefeld, mort le 15 janvier 1858 à Saint-Hélier (Jersey, Channel Islands) ; membre de la Ligue des communistes.

Fils d’un commerçant, Konrad Schramm, était le plus jeune d’une fratrie de neuf enfants. L’un de ses frères, Rudolph Schramm, était professeur.

Il déserta l’armée prussienne en 1846 pour s’enfuir aux États-Unis. Rentré en Allemagne à l’occasion de la révolution de 1848, il vécut celle-ci à Kiel (Schleswig-Holstein) et à Hambourg où il soutint le mouvement national allemand et publia le Kieler Demokratisches Wochenblatt. En 1849, il entra dans la Ligue des communistes et rencontra Karl Marx lors d’un séjour de celui-ci à Hambourg en avril. Il étendit son action révolutionnaire au Mecklembourg et participa à la campagne pour la défense de la constitution du Reich, ce qui entraîna, en mai, son arrestation avec Karl Bruhn à Hanovre alors qu’il voyageait avec le passeport de Theodor Hagene. Condamné à deux ans de forteresse par un tribunal colonais, il réussi à s’évader de la forteresse de Jülich, le 8 septembre 1849. De Wesel, il gagna Londres où il fut introduit dans la direction de la Ligue, participa à la rédaction de la Neue Rheinische Zeitung. Politisch-ökonomische Revue, fit une large propagande pour les idées marxistes. Après la scission de la Ligue communiste à l’automne 1850, Schramm soutint la ligne Marx et Engels et prit parti contre la tendance August Willich-Schapper, allant même jusqu’à se battre en duel au pistolet contre Willich. Le duel eut lieu en Belgique car les duels étaient interdits par la loi du Royaume-Uni. Schramm fut blessé à la tête mais survécut.

Il semble qu’en 1850, Marx ait pensé à lui pour révolutionner les populations du Schleswig-Holstein.

En 1852 Schramm émigra, avec l’une de ses sœurs, à Philadelphie où, aux côtés de Weydemeyer et de Cluss, il poursuivit sa propagande pour la Ligue des communistes. Il revint à Londres à la mi-juillet 1857, malade de la tuberculose. Sur avis médical il s’installa à Saint-Hélier (île de Jersey), où il arriva le 20 septembre. Marx et Engels, qui le soutinrent jusqu’à sa mort, vinrent lui rendre une dernière visite début octobre. Trois mois et-demi après, le décès de celui qu’ils considéraient comme l’un de leurs meilleurs amis les affecta profondément.

Schramm fut enterré le 23 janvier 1858, avec les honneurs des élus de l’île favorables à la proscription. Le vice-consul de France à Jersey, dans une lettre datée du 9 février 1858, informait le ministre de l’intérieur de Napoléon III « de l’inhumation récente d’un réfugié allemand, le sieur Conrad Schramm, arrivé à Jersey depuis peu de temps dans état de consomption très-avancé. Parmi les individu tenant les cordons du corbillard se trouvaient trois centeniers ou adjoints au maire de Saint-Hélier, les sieurs Philippe Asplet, Jean Binet et Priaulx, et un sieur Derbyshire, officier de police honoraire ; puis suivaient deux députés aux États, les sieurs Vickery et Dallain, tous deux ouvertement meneurs du parti réformateur et secrètement démagogues... »

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article216870, notice SCHRAMM Konrad, Bernhard par Jacques Droz et Gauthier Langlois, version mise en ligne le 23 juin 2020, dernière modification le 25 août 2020.

Par Jacques Droz et Gauthier Langlois

SOURCES : Marx und Engels und die ersten proletarischen Revolutionäre (trad. du russe), éd. par R. Sperl, Berlin-Est, 1965. — H. Schlechte, Die Allgemeine deutsche Arbeiteruerbrüderung 1848-1850, Weimar, 1979. — Lexikon, op. cit. . — La Gazette des tribunaux, 19 août 1872. — « Marx and Engels in Jersey », The Island Wiki.

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