DE BOSSCHÈRE Albert, Henri

Par Roland Delacroix

Né le 6 février 1930 à Lille (Nord), mort le 21 juillet 2015 à Faumont (Nord) ; ouvrier métallurgiste ; militant communiste ; secrétaire de la Fédération du Nord du PCF (1962-1976) ; membre du comité central (1973-1989) ; conseiller général de Douai-Nord (1982-1994).

Fils d’Henri De Bosschère, couvreur, militant socialiste, et d’Hélène Collie, bonne dans une famille bourgeoise puis femme de service chez un médecin, catholique pratiquante, Albert De Bosschère naquit dans l’un des nombreux « quartiers-usines » de Lille, celui de « Moulins », dans une cour de la rue Buffon située à proximité de vastes filatures de lin et de coton. Par la suite ses parents s’installèrent avec son frère et ses quatre sœurs dans un autre quartier ouvrier de Lille, celui des « 400 maisons ». Il y fréquenta tout d’abord l’école primaire laïque mais sa mère, trouvant qu’il avait de mauvaises fréquentations, l’inscrivit à l’institution Saint Philibert où il passa son certificat catholique. Pendant la guerre, dès 1943, il fut employé chez un artisan, puis comme « chasseur » dans un salon de coiffure et, tout en travaillant, obtint son certificat d’études primaires public en 1944.
En novembre 1944, il réussit le concours d’entrée au centre d’apprentissage de l’Usine de Fives. En 1947, il obtint son CAP d’ajusteur mais aucune place n’était libre dans l’usine. Il entra donc au centre de formation pour adultes de la même usine où il suivit des cours de fraisage et passa avec succès les examens professionnels de fraiseur, 1er et 2e échelons.
L’usine de Fives fut à cette époque un lieu phare de l’activité cégétiste et communiste, l’équivalent, pour la région lilloise, de Renault-Billancourt pour la France. C’était une pépinière de militants qui fournit durant trois décennies de nombreux cadres au PCF. Aussi, dans chacun de ces centres, fut-il de suite contacté par des militants qui lui proposèrent l’adhésion. Hector Viron* lui remit sa carte de la CGT en 1944 et Roland Lahaxe* sa carte de l’UJRF en 1947. Il devint ainsi membre du cercle UJRF de l’usine. En juillet 1948, il adhéra au PCF. Il milita dans ce lieu de travail jusqu’en 1954 et prit très vite des responsabilités dans les formations qu’il venait de rejoindre.
À la CGT il fut membre de la commission départementale des jeunes en 1947 et délégué du personnel en 1952. À l’UJRF, il fut membre du secrétariat fédéral de 1949 à 1951, exceptée la période où il effectua son service militaire (avril 1950-octobre 1951), puis membre du comité national jusqu’en 1961, après avoir été membre du bureau national de 1953 à 1955. En 1952, il fut désigné pour être parmi les douze participants d’une délégation de mouvements de jeunesse en Chine. Elle était composée de neuf garçons et de trois filles, parmi lesquels se trouvaient Robert Gerber*, Raymonde Dien*, Rolande Perlican* et deux membres de la FSGT. Entre-temps, il se maria le 5 avril 1952 à Lille avec Jeanne Deloison, membre du PCF depuis 1947, secrétaire de l’UJFF en 1950, qui fut secrétaire-dactylo de l’UD-CGT du Nord puis secrétaire de direction du CE de Renault-Douai, et avec laquelle il eut deux filles et un garçon. De 1947 à 1961 il milita activement dans cette organisation et en dirigea les luttes anti-coloniales dans le département. Il participa ainsi aux manifestations pour la libération d’Henri Martin*, organisa des séances de cinéma avec prise parole contre la guerre d’Indochine en présence du même Henri Martin. Il mit également en place des actions consistant à lancer des tracts dans les wagons des convois militaires en formation partant de la gare de Saint-André-lez-Lille pour l’Algérie, ou encore les envois de matériels de propagande contre la guerre d’Algérie aux appelés du contingent.
Au PCF, Albert De Bosschère devint membre du comité fédéral en 1952 et du bureau fédéral en 1954 et le resta jusqu’en 1989. Mais en 1958 il dut retourner au travail. Le PCF subit en effet une grave crise financière car le nombre de ses députés passa de 151 à 10 et les sommes que ceux-ci reversaient à leur parti chutèrent dramatiquement. Il fut alors embauché à mi-temps comme fraiseur chez Massey-Harris, une usine métallurgique de la banlieue lilloise, et, pendant trois mois, passa ses demi-journées libres à vendre des billets de tombola sur les carreaux des fosses « les jours de quinzaine » aux côtés des délégués-mineurs pour renflouer les caisses de la fédération du parti. À la fin de cette courte période, il redevint permanent de l’UJRF jusqu’en décembre 1961. Cette même année, il participa à une école centrale d’un mois, bientôt suivie d’une école de quatre mois. De 1962 à 1976, il fut membre du secrétariat fédéral du Nord du PCF où il occupa la responsabilité de trésorier, puis celle de secrétaire à l’organisation au départ de Jean Colpin* en 1969.
D’avril à juillet 1964 il fut instructeur d’organisation sur la zone industrielle d’Amiens (Somme) qui venait d’être créée et où il contribua à la création de plusieurs cellules d’entreprises. Il y rencontra un jeune ouvrier nommé Maxime Gremetz*. En 1973, il fut élu au comité central où ses fonctions l’amènent à aider plusieurs fédérations : le Haut-Rhin de 1973 à 1976, les Pyrénées-Atlantiques de 1976 à 1980, les Ardennes de 1980 à 1983 et l’Aisne de 1983 à 1989. En 1976, il remplaça Gustave Ansart* comme directeur du quotidien régional Liberté jusqu’à son départ à la retraite en 1989.
À partir de 1981, il assuma diverses fonctions électives. Après plusieurs échecs lors de différents scrutins lillois, excepté celui des élections municipales de Lille de 1953 où il fut élu comme suivant de liste après démissions, le secrétariat fédéral lui conseilla de se présenter dans des secteurs de meilleure implantation du parti au motif qu’un dirigeant du parti devait être également un élu. Il se présenta alors dans la circonscription de Douai-Nord et Ouest où il fut élu député suppléant d’Émile Roger de 1981 à 1986. En 1982, il devint conseiller général du canton de Douai-Nord, réélu en 1988, et dirigea le groupe communiste au conseil général du Nord jusqu’en 1994, date à laquelle il ne se représenta pas pour un nouveau mandat. De 1989 à 1995, il fut élu adjoint au maire puis conseiller municipal de Faumont, petite commune du canton dont il fut l’élu.

Il reste un militant communiste actif en 2008 et un des figures marquantes des ouvriers métallurgistes communistes du Nord.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article21688, notice DE BOSSCHÈRE Albert, Henri par Roland Delacroix, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 11 mars 2016.

Par Roland Delacroix

SOURCES : Arch. comité national du PCF. — Documents électoraux. — Fiche biographique rédigée par l’intéressé. — Interviews d’Albert De Bosschère.

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