SCHWEICHEL Robert

Par Annelise Callede-Spaethe

Né le 12 juillet 1821 à Königsberg (Prusse orientale), mort le 26 avril 1904 à Berlin ; journaliste, écrivain, orateur du Parti social-démocrate.

Fils d’un commerçant, Robert Schweichel dut apprendre le métier de son père. Ce ne fut qu’à la mort de ce dernier qu’il put commencer des études de droit et de sciences politiques. Cofondateur de l’Association ouvrière de sa ville natale, il par­ticipa à la révolution de 1848 et créa la Dorfzeitung für Ostpreussen, qui cessa de paraître en 1850. Inculpé à plusieurs reprises pour délits d’opinion, il fut expulsé de Prusse, puis de Hambourg. Il s’exila alors en Suisse où il enseigna l’allemand.
Suite à l’amnistie politique de 1862, il revint en Prusse où August Brass, éditeur de la Norddeutsche Allgemeine Zeitung, lui avait proposé un poste de rédacteur. A Berlin, il fit la connaissance de Wilhelm Liebknecht qui le ramena à l’action po­litique et avec lequel il noua une amitié indéfectible. Lorsque Brass « le rouge » passa dans le camp des amis de Bismarck, les deux amis démissionnèrent de la ré­daction de la Norddeutsche Allgemeine Zeitung qui devint alors l’organe officieux du futur chancelier de fer. Schweichel s’installa à Hanovre où il trouva un emploi de rédacteur au Hannoverscher Anzeiger et où il offrit asile à son ami Liebknecht lorsque celui-ci fut expulsé de Prusse. Après l’annexion du Hanovre à la Prusse, en 1866, Schweichel rejoignit Liebknecht à Leipzig où tous deux rédigèrent le Demokratisches Wochenblatt. Ce fut Schweichel qui prononça le « discours programma­tique » lors du congrès de Nuremberg en 1868, proposant le rattachement des asso­ciations ouvrières à l’AIT et l’adoption des statuts de celle-ci.
Dès 1864, Schweichel s’était tourné vers la littérature, sa véritable vocation. Auteur de nombreuses nouvelles et de plusieurs romans historiques, il choisit comme sujets les mouvements insurrectionnels du passé, tels la grande guerre des Paysans de 1525, le soulèvement polonais de 1863, les luttes des paysans du Tyrol. Selon Franz Mehring, ses chefs-d’œuvres étaient Der Falkner von Sankt Vigil et sa fresque historique Um die Freiheit. Il collabora en outre aux diverses publica­tions socialistes, Die Neue Zeit, Der Arme Conrad ainsi qu’aux almanachs du Volksstaat (pseudonyme : Rosus). Schweichel fut durant de longues années rédac­teur de la Deutsche Romanzeitung de Berlin, président de l’Association de la presse berlinoise ainsi que de celle des écrivains allemands (Deutscher Schriftstellerverband). Cependant il ne renia jamais ses idées et ses amitiés politiques, ce qui lui valut l’hostilité des milieux littéraires traditionnels.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article216889, notice SCHWEICHEL Robert par Annelise Callede-Spaethe, version mise en ligne le 23 juin 2020, dernière modification le 26 mai 2020.

Par Annelise Callede-Spaethe

ŒUVRE : Um die Freiheit. Geschichtlicher Roman aus dem deutschen Bauernkrieg 1525, 1926.

SOURCES : K. Kautsky, Erinnerungen und Erörterungen, édité par B. Kautsky, La Haye, 1960. — F. Mehring, Gesammelte Schriften, t.11, Berlin-Est, 1976. — Ursula Mïtnchow, Arbeiterbewegung und Literatur 1860-1914, Berlin, Weimar, 1981. — F. Trommler, Sozialistische Literatur in Deutschland. Ein historischer Überblick, Stuttgart, 1976. — Osterroth, op. cit.

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