SEYDEWITZ Max

Par Jacques Droz

Né le 19 décembre 1892 à Forst (Lauwitz), mort le 8 février 1987 ; militant social-démocrate de gauche.

D’origine sorabe, imprimeur de profession, Max Seydewitz appartint long­temps à la social-démocratie majoritaire dont il représenta la section de Zwickau-Plauen au Reichstag. Ses opinions radicales se manifestèrent lors du vote de la construction du cuirassé « B ». Après avoir fait partie du groupe Klassenkampf, il fonda avec Kurt Rosenfeld et Heinrich Ströbel la Sozialistische Arbeiterpartei (SAP) qui recruta surtout dans la SAJ et dont il dirigea avec talent, dans un esprit marxiste mais non stalinien, le journal Die Fackei (Le flambeau) et la revue Was ist los in Berlin ? (Que se passe-t-il à Berlin ?), sans pouvoir ébranler la fidélité au SPD. Contraint à l’exil, il se réfugia d’abord en Tchécoslovaquie où il appartint avec Aufhäuser et Böchel au groupe des Socialistes révolutionnaires (RS) qui condamnait le réformisme du SPD et cherchait un contact avec les communistes ; quand le mouvement se fut dissous, Seydewitz passa au KPD, faisant dans son livre Stalin oder Trotsky ? allégeance à l’opinion dominante en URSS. En 1938, il émi­gra en Norvège, en 1940 en Suède où il fut deux fois arrêté et consigné en résidence forcée à Lund. Néanmoins il participa à la rédaction du journal communiste Die Welt, anima le Freier Deutscher Kulturbund (FDKB) qui cherchait à regrouper sur le plan culturel l’ensemble de l’émigration allemande en Suède et publia une étude remarquable, Le Front patriotique allemand (Den tyska hemmafronten), dans laquelle il invitait les Allemands à faire leur propre révolution et les Alliés à intervenir le moins possible dans les affaires allemandes. Revenu après la guerre en RDA, il y fut ministre président de la province de Saxe, puis conservateur du musée de Dresde.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article216891, notice SEYDEWITZ Max par Jacques Droz, version mise en ligne le 23 juin 2020, dernière modification le 26 mai 2020.

Par Jacques Droz

ŒUVRE : Es hat sich gelohnt zu leben. Lebenserinnerungen, 2 vol., 1976-1978 (compte ren­du in Archiv für Sozialgeschichte, t. XX, 1980). — Die unbesiegbare Stadt : Zerstörung und Neuaufbau von Dresden, 1982.

SOURCES : H. Müssener, Exil in Schweden. Politische und kulturelle Emigration nach 1933, Munich, 1974. — Drechsler, SAPD, op. cit. — Rœder et Strauss, op. cit. — Durzak, op. cit.

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