VAURIS Jean, Baptiste [pseudonyme dans la résistance : Jeannot]

Par Eric Panthou

Né le 21 avril 1900 à Pont-du-Château (Puy-de-Dôme), torturé et exécuté sommairement par les Allemands le 19 août 1944 à Craponne-sur-Arzon (Haute-Loire) ; boulanger puis cafetier au Puy ; brancardier volontaire pour la résistance ; membre des Forces françaises de l’intérieur (FFI).

Fils de Clément et de Jeanne, née Chautard, Jean Vauris se maria une première fois à Pont-du-Château avec Michelle Harvy (?) le 20 avril 1923, puis le 15 avril 1940 au Puy avec Victorine Maria Eugénie Eymard.
Ses parents habitaient encore à Pont-du-Château quand il partit à l’armé en septembre 1918. Il était alors boulanger. Il fut libéré en septembre 1921. A partir de 1937 il habita au Puy-en-Velay (Haute-Loire) où il devint restaurateur. Sous l’Occupation, il tenait un café place du Plot au Puy.

Selon son dossier d’attribution de la carte de Combattant volontaire de la Résistance, il serait entré dans la Résistance en mai 1943, participant alors à la distribution de tracts et journaux clandestins. Il aurait hébergé à plusieurs reprises des résistants traqués. Recherché lui-même par le SD et la Milice, il quitta son domicile en mai 1944 alors que sa femme fut arrêté à ce moment. Il rejoignit le maquis de Craponne et fut fait prisonnier par les troupes allemandes composés du Bataillon Volga au moment des combats de Craponne auxquels il avait participé le 20 août 1944.
Il fut arrêté alors qu’il aidait au transport des blessés du maquis. Il fut présenté dans les rapports d’enquête sur ce crime de guerre ou dans les commémorations en son honneur comme brancardier volontaire, civil, et non comme résistant. Il a été fusillé le jour même.
Le bataillon Volga Tartare légion était composé de 6 compagnies motorisées. Le bataillon a séjourné au Puy de novembre 1943 à aout 1944. C’est en se dirigeant du Puy sur Saint-Étienne (Loire) qu’elle a effectué des opérations sur Craponne-sur-Arzon.

Un camion FFI se trouvait près de l’hôtel de Ville de Craponne ce 19 août. Ne voulant pas qu’il soit pris par les Allemands, et n’ayant pu le mettre en marche, les FFI le poussèrent pour le cacher. Vauris lui resta près du Monument aux Morts pour attendre son camarade Émile Chevalier dit Marius. C’est pour cette raison qu’il se fit prendre tandis que leurs camarades réussissaient à se cacher dans des maisons particulières. Vauris avait dans la journée transporté des blessés du maquis sur des brancards. C’était un civil volontaire, capturé au Vernet.

Tous les deux furent torturés sous les yeux de la population de Craponne qui, intervenant obtint que le docteur Bachelier puisse examiner les deux hommes pour leur prodiguer quelques soins. Le lieutenant Jacob, qui avait pris le commandement de la colonne après la blessure du lieutenant Buch, avait donné sa parole que les deux hommes ne seraient pas fusillés "si les civiles ne tiraient pas sur sa troupe". Contrairement à la promesse donnée au docteur Bachelier qui avait soigné les Allemands et les miliciens blessés, le lieutenant Schwartz, à qui Jacob avait remis les deux prisonniers, les maltraita de nouveau. Ils furent trainés dans le champ en bordure de la route à la sortie de Craponne et furent fusillés une heure plus tard. Leur corps fut retrouvé le lendemain matin .
Dans son rapport sur ce crime de guerre, le docteur Bachelier, médecin présent sur les lieux du crime et médecin du maquis, émis le vœu que les deux coupables soient après jugement exécuté sur les lieux mêmes où les deux jeunes avaient été fusillés, à la satisfaction selon lui de la population locale, très émue par ces exécutions.

Jean Vauris a été reconnu "Mort pour la France" par mention le 17 décembre 1945. Son père était alors décédé et sa mère habitait Vichy (Allier). Il a reçu à titre posthume la carte de Combattant volontaire de la Résistance (CVR), le 9 mai 1952.

En 2004, les cérémonies commémoratives des principaux combats qui se déroulèrent il y a soixante ans, entre Saint-Paulien et Craponne-sur-Arzon, débutèrent près de la stèle érigée à la mémoire de Milou Chevalier et Jean Vauris, en En présence de Théo Vial-Massat, commandant du camp Wodli et ancien député maire de Firminy, Lucien Volle, chef des maquisards du groupe Lafayette, président-délégué départemental de l’ANACR.
Une stèle a été érigée à l’endroit même de cet événement. Son nom figure aussi au Carré militaire Cimetière Nord du Puy en Velay et sur une plaque commémorative à la Mairie du Puy.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article217001, notice VAURIS Jean, Baptiste [pseudonyme dans la résistance : Jeannot] par Eric Panthou, version mise en ligne le 14 juin 2019, dernière modification le 25 avril 2021.

Par Eric Panthou

SOURCES : SHD Vincennes, GR 16 P 587227, dossier Jean Vauris (nc). —Arch. dép. du Puy-de-Dôme, 908 W 100 : crimes de guerre à Craponne-sur-Arzon. — Arch. dép. de la Haute-Loire, dossier demande carte de Combattant volontaire de la Résistance pour Jean Vauris. — Fernand Boyer, Témoins de pierre du sang versé. Les monuments de la résistance en Haute-Loire, Le Puy, éditions de la Société académique, 1983. — "Craponne-sur-Arzon Un hommage au résistant craponnais Émile Chevalier", Le Progrès de Lyon, édition Velay, 27 août 2013. —"En souvenir d’Émile Chevalier et de Jean Vauris", Le Progrès de Lyon, édition Haute-Loire, 23 août 2004. — Mémorialgenweb. — État-civil Crapone-sur-Arzon.

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