COLLET Édouard

Par Gauthier Langlois

Ébeniste à Paris ; insurgé de juin 1848, condamné par contumace aux travaux forcés.

Son État-civil n’est pas connu. En 1848 il habitait 102 Quai de Jemmapes à Paris (VIe arr. ancien, Xe arr. actuel).

Édouard Collet prit part à l’insurrection parisienne de juin 1848 où il commanda deux barricades et organisa des réquisitions de nourriture pour les insurgés. En attestent deux bons remis à un boulanger du 39 rue de Ménilmontant, publiés par la presse :

« République française.
Au non du peuple, il est enjoint à tous les boulangers de délivrer gratuitement à tous les individus qui se présenteront une livre et demie de pain par personne, et une demi-livre pour les enfans.
Paris, le 23 juin 1848.
EDOUARD COLLET, quartier Saint-Maur »

« Bon pour six pains de quatre livres pour la barricade de la rue Ménilmontant, près la rue d’Angoulême, pour le peuple.
EDOUARD COLLET, 102, quai Jemmapes »

Pour ces faits il fut poursuivit. Le 14 avril 1849 le 2e Conseil de guerre, présidé par le colonel Cornemuse le jugea par contumace. Il était accusé d’avoir participé à l’insurrection des journées des 23, 24 et 25 juin où il avait exercé un commandement aux barricades de la rue d’Angoulême et du quai de Jemmapes. Il fut condamné à la peine des travaux forcés à perpétuité. En fuite il était toujours activement recherché en 1850.

En 1879 il fit paraître l’annonce suivante dans plusieurs journaux républicains : « Les combattants survivants de la barricade de la rue d’Angoulême et du quai de Jemmapes sont invités, par leur ex-commandant Édouard Collet, à se trouver à une réunion qui aura lieu le dimanche 14 septembre, à quatre heures rue du Ruisseau, n° 17, près de la rue Marcadet à Montmartre. » Selon le quotidien La France, pour Le Figaro et quelques autres journaux « C’était le commencement de la fin ; la Commune allait renaître, les Communards se comptaient et se réorganisaient ; il fallait s’attendre à de furieuses revanches, et placer bien vite son argent à l’étranger... ». Mais la presse, après s’être informée, comprit que l’ex commandant Édouard Collet était âgé d’environ quatre-vingt-dix ans et que la barricade en question avait été construite et défendue non pas en 1871 mais en 1848.

Il peut y avoir identité ou parenté avec Édouard Collet père peintre proscrit à Jersey entre 1853 et 1855 ou avec Édouard Collet commissaire de police sous la Commune.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article217110, notice COLLET Édouard par Gauthier Langlois, version mise en ligne le 17 juin 2019, dernière modification le 17 juin 2019.

Par Gauthier Langlois

SOURCES : Le Courrier, 3 juillet 1848. — La Gazette des tribunaux, 12 janvier 1850. — Le Moniteur universel, 16 avril 1849, 13 janvier 1850. — La France, 13 septembre 1879. — Le Petit Parisien, 13 septembre 1879. — Jean-Claude Farcy, Rosine Fry, « Collet – Edouard », Inculpés de l’insurrection de Juin 1848, Centre Georges Chevrier - (Université de Bourgogne/CNRS), [En ligne], mis en ligne le 11 juin 2012. — Consulté en vain : tables décennales de Paris Ier-XXe arr. 1873-1882 et XVIIIe arr. 1873-1902.

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