WINNIG August

Par Jacques Droz

Né le 31 mars 1878 à Blankenburg (Harz), mort le 3 novembre 1956 à Bad Nauhelm ; social-démocrate ayant évolué vers une pensée conservatrice.

Maçon de profession, August Winnig s ’éleva rapidement dans la bureaucratie syndicale sous le Second Reich. Rédacteur de la feuille professionnelle Der Grundstein, il se sépara rapidement du marxisme, notamment au sujet de la grève des masses. Frappé par l’intervention de l’État dans la grève des maçons en 1910, il voyait en lui non un instrument de la bourgeoisie, mais un élément de la libération des travailleurs. Il se rallia aux théories social-impérialistes, collabora à Die Glocke, adhéra pendant la guerre à la Société de 1914 et fut nommé par le gouver­nement de Max de Bade commissaire du Reich pour les pays baltes, puis Oberpräsident de la Prusse orientale où il prit des positions favorables à l’aristocratie locale. Lors du putsch de Kapp, il fut le seul fonctionnaire socialiste à s’y rallier, ce qui en­traîna son exclusion du SPD. Cela ne l’empêcha pas de s’intéresser à la question so­ciale, mais dorénavant dans un esprit proche de celui des « jeunes conservateurs ». Dans son livre Der Glaube an das Proletariat (1924), il définissait celui-ci comme l’Arbeitertum, nouveau type humain consacré par l’éminente dignité du travail et dont l’avènement ne devait pas être le résultat d’une révolution économique, mais d’une prise de conscience éthique, en opposition avec le marxisme. Dans une autre brochure, Befreiung (Libération, 1926), il donnait aux travailleurs la mission de résoudre le problème national. Winnig adhéra en 1927 à l’Alte Sozialistische Partei (Vieux parti socialiste), fondée par Niekisch et collabora à ses côtés au Widerstand (résistance) ; et dès lors, sa carrière se confondit avec les groupements bündisch sur lesquels il exerça une certaine influence. Bien que Winnig n’ait jamais été national- bolchevique — il collaborait à la Berliner Börsenzeitung — et qu’il ait toujours dé­sapprouvé toute orientation vers l’Est, il contribua aux côtés de Ernst Jünger à faire pénétrer le socialisme, sous sa forme lassallienne, dans les milieux de la « révolu­tion conservatrice ». Dans les écrits de la fin de sa vie, il s’orienta vers une inspira­tion chrétienne.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article217163, notice WINNIG August par Jacques Droz, version mise en ligne le 23 juin 2020, dernière modification le 15 juin 2020.

Par Jacques Droz

ŒUVRE : Der grosse Kampf im deutschen Baugewerbe 1910, 1911. — Frührot. Ein Buch von Heimat und Jugend, 1924. — Die ewig grünende Tanne. 7 Geschichten, 1927. — Vom Proletariat zum Arbeitertum, 1930. — Der weite Weg, 1932. — Wir hüten das Feuer. Aufsätze und Reden aus zehn Jahren (1923-1933), 1933. — Heimkehr. Einmal, 1936. — Wunderbare Welt, 1938. — Die Hand Gottes, 1938. — Das Unbekannte, 1940. — Aus zwanzig Jahren, 1948. — Morgenstunde. Gesammelte Erzàhtungen, 1958.

SOURCES : W. Ribhegge, August Winnig. Eine historische Persönlichkeitsanalyse, Bonn, Bad Godesberg, 1973. — L. Dupeux, Le National-bolchevisme, stratégie communiste et dynamique conservatrice, Paris, 1979.

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