DE CARVALHO Apolonio [Pseudonyme dans la Résistance : Edmond]

Né le 9 février 1912 à Corumba (Brésil), mort le 23 septembre 2005 à Rio de Janeiro (Brésil) ; volontaire en Espagne républicaine ; militant communiste au Brésil ; Franc-Tireur et partisan-Main d’oeuvre immigrée (FTP-MOI)..

Fils de Candido de Carvalho, officier de l’armée brésilienne, et d’une maîtresse de maison, Inès Noves, Apolonio De Carvalho fit des études à l’académie militaire de Rio de Janeiro. Il en sortit lieutenant d’artillerie. En 1935 il participa à l’organisation et aux activités de l’Alliance Nationale de Libération, dans le Rio Grande du Sud. Emprisonné après les tentatives insurrectionnelles du Nord-Est et du Centre du pays, en novembre 1935, il fut transféré à Rio de Janeiro, où il resta jusqu’en juillet 1937. Il adhéra à ce moment au Parti communiste du Brésil. En fin juillet, il partit volontaire en Éspagne républicaine où comme lieutenant d’artillerie il participa aux combats d’Estremadure, Cordoue, Tolède, Terruel. À la suite de la décision officielle de retrait des volontaires internationaux de tous les fronts, il fut transféré en Catalogne. Il reprit les armes au sein des Brigades internationales face à l’offensive des armées de Franco à la suite de la bataille de l’Ebre. Il fut promu capitaine, tout en ayant accompli des fonctions de commandant et colonel d’artillerie
À la frontière française l’Armée républicaine en retraite ayant déposé ses armes, il fut interné au camp d’Argelès où il resta de février à juin 1939, quand il fut transféré au camp de Gurs, dans les Basses-Pyrénées. À Gurs comme à Argelès il participa aux activités de la direction du camp d’internement. En décembre 1940 il s’évada du camp de Gurs en direction de Marseille où il trouva du travail, de janvier 1941 à janvier 1942, comme sténo-dactylo au consulat du Brésil. Il s’intégra, en même temps à la Résistance communiste étrangère dont Marseille était une base. Teresa Noce, chargée par le PCF de prendre la direction de la MOI prit contact avec lui lorsqu’elle arriva à Marseille entre 1941 et 1942. Il était alors en contact avec les militants espagnols et il hébergeait également Ilio Barontini, ancien brigadistes, qui devint peu après chef militaire des FTP-MOI à Marseille, puis pour la zone Sud, avant de participer à la création des groupes d’action en Italie. En août 1942, le gouvernement brésilien ayant déclaré la guerre aux pays de l’Axe, les autorités allemandes déportèrent à Nuremberg tous les représentants diplomatiques brésiliens. C’est le moment où il participa à la création des FTP-MOI. En leur sein, il exerça successivement les fonctions de chef d’escadre (quatre combattants), chef de groupe de combat (deux escadres), chef de détachement (trois groupes de combat). Il entra dans la clandestinité en juin 1943 après l’attentat du 5 juin contre des soldats allemands sortant du cinéma Le Capitole, sur la Canebière. Cet attentat avait été réalisé par Maurice Korsec, Albéric D’Alessandri et Marcel Bonein, tous trois arrêtés et plus tard fusillés. C’est de Carvalho (connu comme Appolino Pinto de Carvalho) qui avait loué la chambre dans laquelle ils avaient logé. Il avait demandé le 30 juin un sauf-conduit pour se rendre dans les Alpes-Maritimes, sauf-conduit qu’il ne vint pas retirer. En décembre 1943 il exerça les fonctions de responsable militaire de toute l’inter-région comprenant les Bouches-du-Rhône, le Var, les Alpes Maritimes, les Basses-Alpes. En janvier 1944 il occupa les fonctions de responsable FTP.-MOI de l’ensemble de la zone Sud. Il partit ensuite à l’inter-région de Nîmes (Gard, Ardèche, Lozère). Fin mai, il fut à Toulouse pour réorganiser la 35e Brigade (Brigade Marcel Langer) en juillet-août. En appui à la grève générale des mineurs de Carmaux il participa aux combats qui conduisirent à la libération de Carmaux et d’Albi. Il fut à ce moment colonel FFI. Après la Libération il fut transféré à Paris pour au sein de la commission militaire du Front National chargé des FTP-MOI. Il participa, par la suite à la création et à la direction de l’Association des Anciens FTP-FFI. En 1946, il reçut la Légion d’Honneur, la Croix de Guerre et, le 11 mars 1947, la Médaille de la Résistance. Fin 1946, il rentra dans son pays.
Au Brésil il réintégra l’activité politique, encore au rang du Parti communiste, étant élu, en 1950, membre suppléant de son comité central. De 1954 à 1957, il participa à l’école des cadres de Moscou. De retour au Brésil, il reprit sa militance politique au sein du PCB, toujours membre suppléant de son comité central. En septembre 1967, pour des divergences politiques, il s’éloigna du Parti. Il participa par la suite à la création du PCBR (Parti communiste brésilien révolutionnaire), à la direction nationale duquel il prit part, de 1968 à 1970, à la résistance armée à la dictature militaire instaurée au Brésil, à la suite du coup d’État de 1964. Arrêté et sauvagement torturé en janvier 1970, il fut libéré six mois après, avec quarante autres détenus politiques, en échange de l’ambassadeur de la République Fédérale allemande, séquestré par des détachements contestataires de guérilla. Accueilli à Alger comme réfugié politique, il y resta de juin 1970 à juin 1972. Il vécut ensuite à Paris de 1972 à octobre 1979, encore comme réfugié politique. Fin octobre 1979, sous les effets de l’amnistie politique décrétée dans son pays, il retourna au Brésil, où en février 1980, il prit part à la création et à la direction nationale d’une nouvelle organisation politique de gauche, le Parti des Travailleurs. Il bénéficia de l’amnistie politique octroyée par la nouvelle constitution promulguée en octobre 1988, il fut réintégré dans l’armée brésilienne au grade de colonel. Il milita ensuite au Parti des travailleurs.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article21720, notice DE CARVALHO Apolonio [Pseudonyme dans la Résistance : Edmond], version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 6 juin 2021.

SOURCES : Arch. dép. Bouches-du-Rhône 8 W 64 (dossier Piacenza, rapport du commissaire Payan 28 juin 1943). — Notes d’Antoine Olivesi. &#8212. — Grégoire Georges-Picot, L’Innocence et la ruse. Des étrangers dans la Résistance en Provence 1940-1944, Paris, Éditions Tirésias, 2000, p. 205. — Teresa Noce, Rivoluzionaria professionale, Milan, Tascabili-Bompiani, 1977, p. 262. — Renseignements fournis par la famille.— notes Jean-Marie Guillon.

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