WOLLENBERG Erich

Par Pierre Broué

Né le 15 août 1892 à Königsberg, mort le 6 novembre 1973 à Hambourg ; militant communiste et oppositionnel.

Fils d’un médecin, Erich Wollenberg fit des études secondaires et commença des études de médecine qui furent interrompues par son engagement volontaire en 1914. Il termina la guerre en octobre 1918 avec cinq blessures et le grade de lieu­tenant de réserve et adhéra aussitôt à l’USPD. Pendant la révolution de Novembre, il fut chef de la Sécurité du conseil d’ouvriers et de soldats de Prusse orientale et chef de la Garde de marins. Il démissionna pour protester contre la création des corps francs et se rendit à Munich pour continuer ses études de médecine. Il y re­trouva la révolution et devint commandant de l’Armée rouge du Nord de la Répu­blique bavaroise des conseils. Condamné à deux ans de prison, trois fois évadé, il fut libéré en mars 1922, entra à Die Rote Fahne avant de diriger Die Rote Fahne des Ostens à Königsberg. De nouveau illégal, on le retrouve en mai 1923 à Bochum où il dirigea un soulèvement, puis comme secrétaire d’organisation pour la Ruhr et en­fin, pendant la préparation de l’insurrection comme « M.P. Oberleiter Süd-West ». Fin avril 1924, il fut envoyé comme élève à l’École militaire près l’état-major de l’Armée rouge à Moscou, entra dans l’Armée rouge avec le grade de commandant de brigade, commanda des territoriaux à Saratov puis fut affecté en été 1925 à la lre division prolétarienne à Moscou. Après un bref séjour clandestin en Allemagne, il revint en URSS où il dirigea le cabinet militaire de l’Institut Marx-Engels puis en­seigna à l’École Lénine internationale l’histoire du mouvement ouvrier occidental. Revenu en Allemagne après l’amnistie, il fut en avril 1931 chef militaire du Roter Frontkämpferbund (RFB) clandestin et rédacteur en chef de son journal. Il fut de nouveau emprisonné pour peu de temps.
Journaliste à Die Rote Fahne en 1932, il écrivit un mémorandum très critique de la politique du parti qui lui valut un rappel à Moscou. Le 4 avril 1933, il fut exclu en même temps que Felix Wolf par la commission de contrôle de l’IC. En juillet 1934, il réussit à gagner Prague d’où il reprit contact par lettre avec Trotsky et or­ganisa dans le Parti communiste tchèque un réseau oppositionnel. En 1934, il se ca­cha à Paris, s’estimant menacé par la Gestapo et les hommes de l’appareil de Sta­line. Arrêté par la Gestapo en 1940, il s’évada et réussit à gagner le Maroc où il fut arrêté par les autorités vichystes. Libéré en 1942, il servit dans l’armée américaine. De 1954 à 1959, il vécut à Paris, puis à Munich et finalement à Hambourg, gagnant sa vie comme journaliste et écrivain.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article217225, notice WOLLENBERG Erich par Pierre Broué, version mise en ligne le 23 juin 2020, dernière modification le 16 juin 2020.

Par Pierre Broué

ŒUVRE : Als Rotarmist vor München, 1929. — The Red Army. Study of the Growth of Soviet Imperialism, 1940 (première partie de l’ouvrage publiée en 1938 sous le titre The Red Army). — Der Apparat. Stalins Fünfte Kolonne, 1951. — En français : Hitler et le militarisme alle­mand, adapt. et prêf. de J.Ph. Lepetre, 1944. — Introduction à la rééd. de A. Neuberg, L’Insur­rection armée, 1970.

SOURCES : K. Retzlaw, Spartakus. Aufstieg und Niedergang. Erinnerungen eines Parteiarbeiters, Francfort, 1972. — K.G.P. Schuster, Der Rote Frontkämpferbund 1924-1928, Düssel­dorf, 1975. — Rœder et Strauss, op. cit. — Weber, Wandlung, op. cit.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément