WOLLWEBER Ernst

Par Jacques Droz

Né le 28 octobre 1898 à Hannoversch-Münden, mort le 3 mars 1967 à Berlin-Est ; militant communiste, homme politique de RDA.

Élevé dans une famille désunie, s’étant enfui à l’âge de treize ans de la maison paternelle, ouvrier dans le port de Hambourg, Ernst Wollweber s’engagea en 1916 dans la Marine et planta le drapeau rouge en 1918 sur le cuirassé Heligoland avant de devenir président des conseils de soldats sur les sous-marins allemands. Entré en 1920 au KPD, il exerça diverses fonctions au sein du parti, notamment dans la Hesse-Waldeck qui l’amenèrent à assister au IVe congrès du Komintem en 1922, mais qui lui valurent en 1924 une peine de prison. En 1928, il fut élu au Landtag de Prusse ; en 1929, il devint dirigeant politique (Polleiter) du district de Silésie ; en 1932, il fut élu au Reichstag. La même année, le Komintem l’avait chargé d’orga­niser l’appareil clandestin de lutte contre le nazisme : il s’établit à Copenhague où il créa un bureau du Komintem pour l’Europe de l’Ouest et procéda à des sabotages de bateaux allemands et italiens pendant la guerre d’Espagne. Arrêté par la police suédoise en 1940, il lut condamné à trois ans de travaux forcés et ensuite remis aux autorités soviétiques.
A Berlin, où il rentra en 1945, il poursuivit une carrière rapide et brillante : en 1949, il fut ministre des Transports ; en 1952, il succéda à Zeiss au ministère de la Sûreté ; en 1954, il appartint au Comité central de la SED. A la suite du XXe congrès du PCUS, il s’efforça avec deux autres personnalités éminentes du parti, Karl Schirdewan et Fred Œlssner, de réagir contre le cours stalinien qu’Ulbricht avait don­né à la politique de la RDA. L’opposition compta sur l’appui d’un fort mouvement intellectuel dont l’âme avait été le philosophie Wolfgang Harich, élève d’Ernst Bloch, qui partageait sa critique du marxisme et qui préconisait la privatisation de l’agriculture, l’élévation du niveau de vie, l’abolition du système policier, l’unifi­cation de l’Allemagne par de libres élections. Après les affaires de Hongrie, Wollweber fut relevé de ses fonctions ministérielles et en février 1958 exclu du Comité central pour activité « fractionnelle ». Il finit sa vie retiré à Berlin-Est.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article217226, notice WOLLWEBER Ernst par Jacques Droz, version mise en ligne le 23 juin 2020, dernière modification le 16 juin 2020.

Par Jacques Droz

SOURCES : J. Valtin, Sans patrie ni frontière, Paris, 1949. — Carola Stern, Porträt einer bolschewistischen Partei. Funktion und Situation der SED, Cologne, 1957. — M. Jmlcke, Der dritte Weg. Die antistalinistiscbe Opposition gegen Uibricht seit 1953, Cologne, 1964. — K.W. Fricke, Opposition und Widerstand in der DDR, Cologne, 1982. — Weber, Wandlung, op. cit. — Rœder et Strauss, op. cit.

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