POUTARAUD Henri - dit Pierre

Par Dominique Tantin, Isabel Val Viga

Né le 16 juin 1911 à Chaptelat (Haute-Vienne), massacré le 10 juin 1944 à Oradour-sur-Glane (Haute-Vienne) ; mécanicien, garagiste ; victime civile.

Garage Henri - dit Pierre Poutaraud, Oradour-sur-Glane
Garage Henri - dit Pierre Poutaraud, Oradour-sur-Glane
crédit : Isabel Val Viga

Henri – dit Pierre Poutaraud était le fils de Léonard (né le 17 février 1875, à Rilhac-Rancon), et de son épouse Thérèse née Delage (née le 23 mars 1888, à Compreignac), cultivateurs domiciliés au Petit Mas Chetard, commune de Chaptelat. Ses parents s’étaient mariés le 12 octobre 1909 à Chaptelat. Son père était veuf en premières noces, Marie Gravette (née le 29 mars 1882, à Couzeix et décédée le 15 mars 1907, à Chaptelat), qu’il avait épousé le 21 avril 1900 à Chaptelat.
De cette première union naquit une fille, Marie (née le 26 février 1907 et décédée le 2 mars 1907, à Chaptelat).
Il avait une sœur cadette, Marie (née le 7 novembre 1912, à Chaptelat) épouse d’André Louis Madehors.
En 1932, il était légalement domicilié à Limoges, 16 rue Jean Pouyat mais résidait à Ambazac (Haute-Vienne).
Le 25 juin 1932 à Ambazac, il épousa Renée Gabrielle Faure* (née le 1er septembre 1912, à Ambazac), couturière. Le couple, après avoir brièvement habité Ambazac, s’établit à Oradour-sur-Glane où Henri Poutaraud devint garagiste.
De cette union naquirent huit enfants, Andrée* (née le 9 février 1933, à Ambazac), Marcel* (né le 18 mars 1934), Suzanne* (née le 9 février 1935), Yvette* (née le 7 juin 1937), Jean (né le 9 août 1938 et décédé le 7 septembre 1940), Simone (née le 18 juin 1939), Odette* (née le 18 octobre 1940) et Danielle* (née le 25 novembre 1942), à Oradour-sur-Glane.
La famille Poutaraud était domiciliée au Bourg d’Oradour-sur-Glane, où il tenait un Garage.
Sa fille Simone échappa au massacre, absente d’Oradour-sur-Glane le 10 juin 1944, elle était chez sa grand-mère Fanny Pétronille Poutaraud veuve Faure.
« Simone, un des enfants de la tribu Poutaraud, échappe au massacre subi par ses parents, son frère et ses cinq sœur. La petite fille avait cinq ans, était à Ambazac, chez sa grand-mère, qui avait pour habitude de prendre en charge un de ses petits-enfants pour soulager sa fille submergée par sa nombreuse progéniture. Une lettre, écrite sans doute en 1940, par Gabrielle Poutaraud* à sa mère avait évoqué Simone, le nouveau bébé : ’’Simone est bien mignonne, elle a beaucoup de connaissance … Je lui donne deux biberons par jour... Pierre a arrangé son petit lit...’’ Deux lettres d’Andrée, l’aînée des enfants, à sa grand-mère, datées d’avril et de mai 1944, parlent de sa petite sœur : ’’Ma Simone est-elle toujours bien contente d’aller à l’école ? Malheureusement, les vacances vont arriver bientôt...’’ En grande sœur responsable — elle a onze ans — Andrée s’inquiète de petits détails matériels : ’’Envoie nous tout de suite la carte de vêtements de Simone, il faut la présenter à la mairie pour avoir des points textiles... Nous enverrons ne robe que tu lui essayeras... Il va lui falloir d’autres pantoufles, tu n’as qu’à nous donner la longueur de la semelle.’’ Andrée n’oublie pas de donner des nouvelles de toute la maisonnée : ’’Papa,, Maman et moi avons eu la grippe. Marcel a été bien enrhumé... Notre petite Danielle est bien mignonne, elle trotte comme un lapin et essaye de dire quelques mots. Elle s’entend bien avec Odette, quand elles se lèvent, c’est des bisous à n’en plus finir...’’ »
Il fut victime du massacre perpétré par les SS du 1er bataillon du 4e régiment Der Führer de la 2e SS-Panzerdivision Das Reich, mitraillé puis brûlé dans la grange Laudy dans lesquelles les hommes furent massacrés, il réussit à s’échapper, mais est abattu pendant sa fuite près du cimetière. Son épouse et ses enfants furent brûlés dans l’église avec l’ensemble des femmes et des enfants d’Oradour-sur-Glane.
Il fait partie des 52 corps identifiés pour lequel un acte de décès put être établi.
Henri Poutaraud obtint la mention « Mort pour la France » par jugement du tribunal de Rochechouart du 10 juillet 1945.
Son nom figure sur le monument commémoratif des martyrs du 10 juin 1944 à Oradour-sur-Glane.
« Simone, devenue orpheline le 10 juin, élevée par sa grand-mère, puis ses tantes, garde pieusement quelques photos de ses frères et sœurs. »
Elle épousera le 13 avril 1963 à Ambazac, Roger Albert Bidout.
Sa mère décède le 19 juin 1970 à Limoges.
Voir Oradour-sur-Glane
Voir Oradour-sur-Glane

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article217239, notice POUTARAUD Henri - dit Pierre par Dominique Tantin, Isabel Val Viga, version mise en ligne le 18 juin 2019, dernière modification le 6 janvier 2020.

Par Dominique Tantin, Isabel Val Viga

Garage Henri - dit Pierre Poutaraud, Oradour-sur-Glane
Garage Henri - dit Pierre Poutaraud, Oradour-sur-Glane
crédit : Isabel Val Viga
Garage Henri - dit Pierre Poutaraud, Oradour-sur-Glane
Garage Henri - dit Pierre Poutaraud, Oradour-sur-Glane
crédit : Isabel Val Viga
Garage Henri - dit Pierre Poutaraud, Oradour-sur-Glane
Garage Henri - dit Pierre Poutaraud, Oradour-sur-Glane
crédit : Isabel Val Viga
Lieu de supplice Grange Laudy, Oradour-sur-Glane
Lieu de supplice Grange Laudy, Oradour-sur-Glane
crédit : Isabel Val Viga
Lieu de supplice Grange Laudy, Oradour-sur-Glane
Lieu de supplice Grange Laudy, Oradour-sur-Glane
crédit : Isabel Val Viga
Lieu de supplice Grange Laudy, Oradour-sur-Glane
Lieu de supplice Grange Laudy, Oradour-sur-Glane
crédit : Isabel Val Viga
Lieu où fut retrouvé le corps d'Henri - dit Pierre Poutaraud, Oradour-sur-Glane
Lieu où fut retrouvé le corps d’Henri - dit Pierre Poutaraud, Oradour-sur-Glane
crédit : Isabel Val Viga
plaque famille Poutaraud - Faure, cimetière Oradour-sur-Glane
plaque famille Poutaraud - Faure, cimetière Oradour-sur-Glane
crédit : Isabel Val Viga

SOURCES : Liste des victimes, Centre de la Mémoire d’Oradour-sur-Glane. — Guy Pauchou, Dr Pierre Masfrand, Oradour-sur-Glane, vision d’épouvante, Limoges, Lavauzelle, 1967, liste des victimes, pp. 138-194. — MémorialGenWeb. — Archives État civil de la Haute-Vienne, actes de naissances, mariages, décès, recensements. — Marielle Larriaga, Oradour-sur-Glane,10 juin 1944, éditions des traboules (p134-135).

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