CARTEAU Jean-Baptiste

Par Jean-Louis Ponnavoy

Né le 23 juin 1872 à Crans (Ain), massacré le 9 juin 1944 à Châtillon-la-Palud (Ain) ; cultivateur retraité ; victime civile.

Jean-Baptiste Carteau était le fils de Claude, journalier âgé de 32 ans et de Jeanne Marie Maison, journalière, âgée de 40 ans. Il se maria le 8 juin 1907 à Crans avec Louise Curtet et se remaria le 27 octobre à Châtillon-la-Palud avec Claudine Olivier. Il était domicilié au quartier du Puits, à Châtillon où il exerçait le métier de cultivateur.
Il était cultivateur à Crans lorsqu’il fut appelé sous les drapeaux et incorporé au 4e régiment d’artillerie le 16 novembre 1893. Il passa au 38e régiment d’artillerie le 1er mars 1895 comme 1er canonnier conducteur et fit la campagne de Madagascar du 17 avril au 2 décembre 1895. Il retrouva le 4e régiment d’artillerie le 15 décembre et fut mis en disponibilité le 22 septembre 1896. Il reprit alors son activité de cultivateur à Crans puis s’installa le 15 mars 1913 à Châtillon-la-Palud, commune attenante.
Il fut mobilisé le 3 août 1914 au 8e régiment d’artillerie à pied et passa au 154e régiment d’artillerie à pied le 16 octobre 1918. Il fut démobilisé le 7 janvier 1919 et se retira à Châtillon-la-Palud.
Après le débarquement en Normandie des messages furent diffusés à la Résistance pour qu’elle passe à l’action contre l’ennemi. Le fils de Jean-Baptiste, le sergent chef Louis Carteau qui commandait la section de maquisards de Châtillon-la-Palud donna à ses hommes des consignes pour harceler les troupes allemandes stationnées autour du hameau de Gévrieux (Ain). Le déplacement des troupes allemandes fut entravé et rendu plus difficile.
Le 9 juin 1944 vers dix heures, des éléments de la milice et un régiment composé de mongols enrôlés dans l’armée allemande firent irruption dans le hameau de Gévrieux et prirent position autour des habitations, tirant en continu au fusil mitrailleur en direction du coteau. Après un temps qui parut très long aux habitants, toutes les maisons furent fouillées et les hommes emmenés brutalement vers le carrefour puis alignés face à un mur du café. Plusieurs fois dans la journée, les nazis firent des simulacres d’exécution, manœuvrant leurs armes dans le dos des otages. La fouille se répéta plusieurs fois au cours de la journée afin de terroriser les femmes et les enfants.
Prévenu de ce qui se passait, le maire de Chatillon-la-Palud Monsieur l’Herbette revint volontairement du maquis où il se trouvait avec ses compagnons et se livra aux Allemands pour tenter d’éviter le pire. Il fut arrêté et fusillé en bordure du chemin de la Grange Bernet par la milice.
Pendant ce temps Jean-Baptiste Carteau, père du sergent chef Louis Carteau fut abattu devant sa maison au quartier du Puits et les Mongols déchaînés mirent le feu à quatre maisons dans différents quartiers du village dont celle où habitait la famille Carteau.
Jean-Baptiste Carteau est inhumé dans le carré militaire au cimetière communal, à Châtillon-la-Palud (Ain).
Il obtint la mention « Mort pour la France ».
Son nom figure sur le monument aux morts, à Châtillon-la-Palud (Ain).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article217250, notice CARTEAU Jean-Baptiste par Jean-Louis Ponnavoy, version mise en ligne le 18 juin 2019, dernière modification le 14 janvier 2022.

Par Jean-Louis Ponnavoy

SOURCES : 70ème anniversaire des exécutions du 9 juin 1944 à Chatillon La Palud, publié le 11 juin 2014 par Union Nationale des Parachutistes Ain Bugey.— Registres matricules militaires.— Mémorial Genweb.— État civil (acte de naissance).

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