LE MOIGNE Louis

Par Gilbert Beaubatie

Né en 1906 dans le Finistère, mort le 14 juin 1985 à Saint-Maur-des-Fossés (Val-de-Marne) ; professeur de sciences physiques ; résistant membre de Combat et Chef de l’Armée secrète de Haute-Corrèze.

Fils de pêcheur, Louis Le Moigne a fait de solides études à l’École normale de Quimper qui lui ont permis d’entrer à l’École normale Supérieure de Saint-Cloud (Hauts-de-Seine). Devenu professeur d’École normale (Mathématiques-Physique), il a choisi de venir enseigner à l’EPS (École Primaire Supérieure d’Ussel-Corrèze) en 1933, les sciences physiques.
Après avoir été révoqué par le régime de Vichy, il a été contacté, vers la fin du mois d’août 1942 par le docteur André Belcour, le médecin de sa famille, et le docteur Jean Sirieix. Ensemble, ils ont mis en place, d’abord une organisation civile, « canton par canton, débordant largement la région d’Ussel jusqu’à Egletons à l’ouest et Felletin [Creuse] au nord qui y étaient rattachés ». Sur la demande d’André Belcour, Louis Le Moigne, « Jean-Jacques », a pris en main l’organisation de l’Armée Secrète, en tant que chef civil et chef de bataillon. Mais à partir du 10 juin 1944, il a confié la direction militaire au commandant Craplet, alias Duret, tout en restant à ses côtés.
À la tête d’un bataillon, il a été blessé lors d’une embuscade sur la R.N. 89.
Après la Libération, Louis Le Moigne a fait une brillante carrière universitaire. Professeur à la Faculté des Sciences de Lyon, détaché à Beyrouth et dans différentes grandes écoles d’ingénieurs, il est devenu un des spécialistes de l’atome. Remarqué par le directeur du Commissariat à l’Energie atomique, il a été détaché à Marcoule (Gard) afin d’édifier l’usine de Pierrelatte (Drôme), avant d’être nommé Directeur de l’Institut national des Sciences et Techniques nucléaires et professeur de neutronique à Saclay (Essonne). Il a même formé les officiers du premier sous-marin nucléaire français pour tout ce qui concernait la partie atomique du submersible.
Il a fait partie de ceux qui ont décidé de créer une Amicale des Maquis AS Haute-Corrèze, "première assocaition d’anciens maquisards et résistants déclarée en France à la Libération", dont le président d’honneur en fut le général Koenig, chef national des FFI et "Jean-Jacques", le président actif.
Avec Marcel Barbanceys, il a écrit un ouvrage destiné "à relater quelques événements de la Résistance en Haute-Corrèze", publié en 1979, par Les Imprimeurs réunis (Moulins-Yzeure) : Sédentaires, réfractaires et maquisards. L’Armée secrète en Haute-Corrèze 1942-1944.
Pour Edmond Michelet, "Jean-Jacques [a été] la conscience de la Résistance corrézienne". L’épouse du général Caplet, chef militaire de la demi-brigade AS de Haute-Corrèze - décédé accidentellement - a fait savoir que c’était un "homme bon, juste, tolérant et clairvoyant, sachant tout mettre en œuvre pour agir selon sa foi patriotique et atteindre son but. De tels hommes sont rares ! C’était aussi un homme fidèle". Et le colonel Marty (Dudeux) d’ajouter : "un ardent organisateur, lucide et courageux".
Il fut incinéré le 20 juin 1985, dans la plus stricte intimité, conformément à ses vœux.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article217278, notice LE MOIGNE Louis par Gilbert Beaubatie, version mise en ligne le 19 juin 2019, dernière modification le 19 juin 2019.

Par Gilbert Beaubatie

SOURCES : Documents fournis par Françoise Germane (Centre Edmond Michelet à Brive).

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