NEIRINCK Jules, Henri, Louis

Par Annie Pennetier

Né le 13 juillet 1923 à Mory par Vaulx-Vraucourt (Pas-de-Calais), exécuté sommairement le 10 juin 1944 à la ferme du By, La Ferté Saint-Aubin ( Loiret) ; étudiant ; résistant parisien du réseau FFC Vélite-Thermopyles, maquisard.

Jules Neirinck était le fils d’Henri Neirinck et de Louise Lamant, institutrice à Mory par Vaulx-Vraucourt. En 1944, il étudiait au lycée Saint-Louis 44 Boulevard Saint-Michel, Paris VIe arr., en Mathématiques Spéciales après des études classiques (Anglais,Latin,Grec).
Il rejoignit la résistance dans le corps franc Liberté du groupe Vengeance de l’Armée secrète des FFC (Forces françaises combattantes) qui recrutait dans les lycées, les écoles supérieures et les facultés parisiennes. L’instruction se faisant notamment clandestinement à l’intérieur du lycée Louis-le-Grand voisin du lycée Saint-Louis et dans les bois autour de Paris.
En prévision du débarquement, des accueils avaient été organisés dans des fermes de Sologne, par Philippe Wacrenier du réseau Vélite qui y avait effectué son Service civique rural pendant les vacances d’été.
Radio-Londres donna le signal de la mobilisation, le débarquement connu le 6 juin, la consigne fut de quitter Paris avant le 15 juin pour rejoindre le maquis de Corrèze de Neuvic d’Ussel du secteur Action du réseau Vélite-Thermopyles animé par Albert Mercier professeur à l’École normale supérieure de Saint-Cloud et dirigé sur place par le garagiste George Moneger.
Il arriva dans la soirée du 8 juin à la ferme du By à La Ferté-Saint-Aubin, quartier général des chefs de section, lieu de transit vers d’autres fermes alentours.
La veille 7 juin 1944, la direction des deux corps francs avait été décapitée : André Perrier chef d’Essor , Henri Casati et André Chadeau ainsi que Philippe Wacrenier responsable pour la région parisienne de l’OCMJ (Office civil et militaire des jeunes), avaient été arrêtés à Paris, trahis par un milicien infiltré dans les corps francs. Ce que les jeunes lycéens ignoraient.
Dans la journée du 9 juin, des bruits circulaient dans la commune de La Ferté-Saint-Aubin à propos de la présence des jeunes résistants, faisant craindre une dénonciation des collaborateurs locaux à la Milice. Les armes furent donc transférées du By à la ferme de la Tabardière plus sûre à deux kilomètres.
Vers 22 heures (le 9 juin), un homme d’une trentaine d’années, reçu par André Parent de garde sur le chemin, se présenta, apportant des nouvelles d’un jeune accidenté de la route et empêché de rejoindre le By. L’individu envoyé en reconnaissance, Lucien Lussac, était un agent d’infiltration du S.D. (Sicherheitsdienst) Service de renseignements de la S.S. de Blois (Loir-et-Cher) et André Parent un lycéen parisien du SD infiltré dans les rangs du corps franc. Vers 23 heures, à La Ferté, Raymond de Lassus, résistant qui avait organisé la liaison avec les résistants locaux et l’accueil dans les fermes de Sologne fut arrêté par Lussac puis durement interrogé dans les locaux de la Gestapo d’Orléans ; soumis à un simulacre de fusillade il ne parla pas.
Le samedi 10 juin vers cinq heures du matin, des agents du S.D. d’Orléans commandés par l’adjudant Max Kathrein alias Schneider accompagnés de trois français firent irruption dans la ferme du By, trois résistants parvinrent à se cacher. Parmi les étudiants, André Parent sortit une carte qu’il tendit aux hommes du S.D., il était du même service. Il indiqua qu’il n’y avait pas d’armes au By.Retour ligne automatique
L’étudiant rescapé Lucien Schmant témoigna qu’après un interrogatoire et une fouille, puis une absence d’une demi-heure pour aller chercher les instructions téléphonées de leurs supérieurs par l’intermédiaire de la gendarmerie de La Ferté, le peloton d’exécution les fit rejoindre une clairière située à l’écart de la ferme ; un premier groupe de seize jeunes furent abattus à la mitrailleuse, puis d’une balle dans la tête, puis un deuxième groupe de treize arrêtés à la grange de La Fourmillière.
Les corps des 29 victimes furent mis en bière au cimetière de La Ferté, le 12 juin.

Jules Neirinck a été reconnu Mort pour la France le 1er mai 1945.
Il a été reconnu membre des réseaux Vélite-Thermopyles, matricule : RX 3030, agent P2, engagement le 1er novembre1943, « membre du Corps Franc Liberté
à appartenu aux FFC, maquis de Sologne, en juin 1944 », sous-lieutenant (FFC) avec prise de rang le 1er juin 1944 (décret du 25 octobre 1947, JO du 1er novembre 1947) et Interné résistant.
Il a été décoré de la Croix de guerre 1939 avec étoile de vermeil et citation collective.

Son nom est inscrit sur la nécropole nationale de Bellefontaine (Loiret), sur les monuments aux morts de Mory et de Dourges (Pas-de-Calais) ainsi que sur le monument aux FFI dans cette dernière commune où un monument a été élevé à la mémoire des FFI.

Le procès des gestapistes français du Loiret se déroula devant la cour de justice d’Orléans du 16 au 23 juillet 1946. Sept avaient été arrêtés et quatre en fuite furent jugés par contumace. André Parent le 16 janvier 1945 a été condamné à mort pour « intelligence avec l’ennemi » et fusillé le 7 février 1945. Lucien Lussac, principal responsable, a été condamné par la même cour le 23 juin 1946 et fusillé le 28 novembre 1946.

Voir La Ferté Saint-Aubin, Marcilly-en-Villette (Loiret) 10 juin 1944

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article217286, notice NEIRINCK Jules, Henri, Louis par Annie Pennetier, version mise en ligne le 19 juin 2019, dernière modification le 7 janvier 2022.

Par Annie Pennetier

SOURCES : SHD Vincennes GR 16 P 441952 ( une attestation d’appartenance aux FFC de NEIRINC Lucien né le 23 février 1904 en tant qu’agent occasionnel du 1/5/43 au 10/9/44, réseau Sylvestre Buckmaster, se trouve par erreur dans ce dossier) Notes Geneviève Launay. — Georges Joumas, La tragédie des lycéens parisiens rési stants 10 juin 1944 en Sologne, Corsaire Éditions, 2014. — MémorialGenweb.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément