AUTOUR DE VICTOR HUGO : PROSCRITS A JERSEY ET GUERNESEY DE 1848 A 1870

Par Gauthier Langlois

Entre 1851 et 1870 Jersey et Guernesey ont accueilli plus d’une centaine de proscrits français et plus de trente exilés étrangers faisant de ces îles de la Manche un foyer littéraire et politique et un centre de la propagande républicaine et sociale notamment à travers les ouvrages de Victor Hugo et le journal L’Homme de Charles Ribeyrolles, diffusés dans toute l’Europe.

Marine Terrace, résidence de la famille Hugo à Jersey, photographiée par Charles Hugo. (Source : Bnf. Voir Vacquerie, Profils et grimaces)
Marine Terrace, résidence de la famille Hugo à Jersey, photographiée par Charles Hugo. (Source : Bnf. Voir Vacquerie, Profils et grimaces)

Les archives et études sur Hugo ou sur les proscrits réfugiés dans les îles anglo-normandes citent le nom de près de deux cent exilés ou visiteurs passés par Jersey ou Guernesey. Si les plus célèbres n’ont pas besoin d’être présentés, beaucoup restaient mal identifiés ou complètement inconnus. En croisant les écrits des proscrits, les journaux, les sources judiciaires et généalogiques la plupart d’entre-eux ont pu être identifiés, leur carrière et leurs relations politiques retracées. Cette recherche met en évidence des réseaux préexistants à l’exil ou constitués pendant l’exil, permettant de mieux comprendre le destin et l’engagement des proscrits. Il s’en dégage des destins singuliers comme l’ouvrière et poète Louise Julien , fille d’un aristocrate portugais et d’une prolétaire parisienne ; le traître Julien Hubert ; l’aventurier mythomane Léopold Avias ; l’horloger Léon Goupy, évadé des bagnes algériens puis époux d’une jersiaise...

Jersey et Guernesey, terres de refuges

Les îles de la Manche dites aussi îles anglo-normandes ont constitué à plusieurs époques une terre d’exil pour des français en raison de leur statut juridique, de leur situation et de leur langue. Dans ces territoires autonomes dépendants de la couronne britannique les français étaient accueillis par une population alors largement francophone, se retrouvaient à l’abri des poursuites tout en gardant des liens étroits avec la France grâce aux nombreux bateaux reliant ces îles au littoral normand situé à 30 km. Des protestant normands fuyant les persécutions aux XVIe et XVIIIe siècles, des opposants à la Révolution française, des révolutionnaires de 1848 et des opposants au coup d’État de Napoléon y ont fait des séjours plus ou moins longs. À ces réfugiés religieux ou politiques il faut ajouter des criminels en fuite, des personnes voulant échapper à leurs créanciers et des déserteurs dont la présence n’était pas toujours bien acceptée par les jersiais et les guernesiais.

Les premiers proscrits

Auguste Luchet, homme de lettres, se réfugia en 1842 à Jersey pour échapper à une condamnation pour ses opinions politiques. Il retourna en France après la prescription de sa peine, en 1847. Son profil préfigure celui de la majorité des proscrits des années suivantes : un républicain de gauche, journaliste, écrivain et homme politique. Il a peut-être ouvert la voie aux réfugiés de la Seconde République et du Second Empire. Il fut suivi, en 1848, par Joseph Seigneuret, médecin et journaliste, poursuivi pour sa participation aux journées de juin 1848 à Paris. Seigneuret s’intégra rapidement à la société locale en ouvrant un cabinet médical et en épousant une jersiaise.

Le comité révolutionnaire d’exilés, qu’il présidait, lança par ailleurs un petit hebdomadaire, La Sentinelle du peuple, qui était adressé depuis Dinan aux militants républicains de Paris et de l’Ouest de la France. Au moment du coup d’État du 2 décembre 1851, le journal lança un appel au soulèvement. Les membres du comité révolutionnaire organisèrent même une expédition en France, en sachant que leur tête serait mise à prix et qu’ils risquaient la mort. Mais l’apathie générale les obligea à regagner rapidement Jersey.

Grâce au comité révolutionnaire et son journal, Jersey apparaissait comme un refuge et une base de reconquête républicaine. C’est ce qui motiva des proscrits à venir se réfugier dans les îles. Les premiers furent des poursuivis en fuite qui arrivèrent à partir du mois de décembre. Ils furent suivis en 1852 par des expulsés venus directement de France ou expulsés de Belgique via Londres. C’est le cas de Victor Hugo, arrivé le 5 août et dont la présence contribua à renforcer l’attraction des îles. Ils furent rejoint par des proscrits londoniens et des évadés des bagnes algériens.

D’un point de vue géographique les proscrits venant de l’Ouest, et en premier de Normandie, de Bretagne et de la Sarthe, étaient les plus représentés, question de proximité, ainsi que les parisiens. Mais d’autres venaient de départements très éloignés comme la Moselle ou les Pyrénées-Atlantiques.

La société des proscrits

Sous le Second Empire les proscrits et leurs familles formèrent une véritable petite société, à laquelle s’étaient agrégés des révolutionnaires ou nationalistes venus principalement d’Europe de l’Est et d’Italie.

D’un point de vue social le groupe dominant appartenait aux classes moyennes. Les proscrits étaient surtout des urbains ayant fait des études supérieures et vivant d’une profession libérale : médecins, pharmaciens, avocats, architectes, notaires ; ou des petits fonctionnaires tels que des instituteurs, percepteurs, conducteurs des ponts-et-chaussées, pompier. Les métiers du livre et de la presse (typographe, imprimeur, graveur...), particulièrement politisés, constituaient un autre groupe important. Notons aussi la présence d’artistes (musicien, saltimbanque, peintre). Étaient présents également des ouvriers et des artisans (un tailleur, quatre cordonniers, un charron, un serrurier, un menuisier, un bijoutier, un horloger...) ainsi que des industriels, des négociants ou marchands. Le monde rural était représenté par plusieurs propriétaires dont deux vignerons. La plupart des proscrits ne se sont pas contentés d’être de simples militants mais ont aussi exercé des responsabilités politiques de maire, de député, de préfet ou sous préfet, ou ont tenté de se faire élire. Pour faire passer leurs idées ils se sont fait journalistes à une époque où une carrière politique ne se concevait pas sans disposer d’un organe de presse. Beaucoup étaient également poètes ou écrivains et se qualifiaient d’homme de lettre. L’exil fut pour certains comme Léon Goupy et Victor Frond l’occasion d’une première expérience littéraire, notamment en publiant le récit de leur arrestation.

La proscription était une affaire d’hommes, malgré les discours féministes de certains proscrits à l’occasion de l’enterrement de Louise Julien, seule femme proscrite -au sens strict- de l’île. Aucune femme ne figure parmi les signataires de leurs proclamations. Pourtant les femmes étaient présentes. Les proscrits sont venus s’installer en famille, avec leur épouse et leurs enfants, ou ont fondé une famille sur place. Rares sont ceux qui sont restés célibataires ou ont laissé leur famille sur le continent. Les femmes n’étaient pas inactives. Madame Hugo témoigne, dans ses lettres à sa sœur Julie, des efforts des femmes pour aider les proscrits dans le besoin. Elle organisa, avec l’aide de sa fille et des jersiaises, une vente d’ouvrages à leur profit. Elle raconte qu’Augustine Allix était venu enseigner le chant à Jersey pour subvenir aux besoins de son frère proscrit.

Les exilés se regroupaient pour s’exprimer dans des publications d’audience internationale dont la plus remarquable était L’Homme, journal de la démocratie universelle dirigé par Charles Ribeyrolles ex-directeur de La Réforme. Y contribuaient des exilés de Jersey tels que Victor Hugo et Alphonse Bianchi, ancien directeur du Messager du Nord mais aussi nombre de hautes personnalités européennes telles que Herzen, Kossuth, Mazzini. Les loges maçonniques, les assemblées de la proscription et les enterrements constituaient d’autres occasions de regroupement où les exilés partageaient un même idéal républicain et un même rejet de l’Empire mais se divisaient parfois sur leur tendance politique. Il faut dire que parmi eux se trouvaient à la fois des personnes ayant soutenu la révolte ouvrière des journées de Juin 1848 comme Louise Julien et d’autres ayant participé à sa répression comme Théobald Cauvet.

La majorité des proscrits était établie sur l’île de Jersey et dans sa capitale Saint-Hélier où résidaient aussi des français sans lien avec la proscription. Tant pour faire face aux besoins administratifs de la communauté française des îles anglo-normandes que pour surveiller les proscrits, une agence consulaire y fut ouverte par décret du 31 janvier 1852. Son premier titulaire, Émile Laurent dit Laurent-Cochelet, fut nommé vice-consul par décret du 13 février 1852.

Si quelques proscrits, tels que Théobald Cauvet et Teleki Sándor bénéficiaient de rentes confortables leur permettant de vivre sans travailler, les autres durent trouver des revenus. Quelques-uns purent poursuivre dans les îles leur premier métier. Les docteurs Seigneuret et Barbier se fit rapidement une clientèle dans la population locale, Léon Goupy ouvrit une horlogerie, Victor Hugo poursuivit son travail d’écrivain et François Victor Hugo traduisit les œuvres de William Shakespeare. D’autres changèrent de métier. Le fabricant de chandelles Eugène Beauvais, se fit aubergiste, le cafetier Edmond Alain se fit marin, le soldat Léopold Avias se fit teinturier, l’avocat Prévéraud se fit négociant. Le typographe Louis Nétré fonda une éphémère entreprise de cirage et d’encre d’imprimerie. Le clerc de notaire Charles Heurtebise devint commissaire en marchandises. Artistes et intellectuels se firent professeurs : le peintre Édouard Collet enseigna le dessin, la cantatrice Augustine Allix donna des cours de chant, Alphonse Bianchi, Louis Hennet de Kessler, Adolphe Rondeau et Charles Chardenal donnèrent des cours de français. Avec Pierre Leroux et ses frères, établis à Samarez, plusieurs devinrent typographes tels que Philippe Faure, Adolphe Rondeau, Louis Marétheux et son fils.

Les exilés les plus démunis bénéficiaient de la solidarité grâce aux deux sociétés de secours des proscrits La Fraternité et La Fraternelle, à la loge maçonnique : la Césarée - orient de Jersey et à l’atelier maçonnique des Amis de l’avenir, aux bénéfices des ventes de charité et aux quettes organisées auprès des réseaux socialistes et républicains français.

Pendant leur exil les proscrits se sont livrés à des loisirs à la mode tel que le spiritisme et la photographie. Initiées par l’écrivaine Delphine de Girardin, à l’occasion de sa visite, en septembre 1853, à son ami Victor Hugo, les séances de spiritisme se poursuivirent jusqu’en 1855. Elles se tenaient chez les Le Guevel et les Hugo. On y interrogeait des esprits appartenant au panthéon idéologique ou littéraire des proscrits tels que les philosophes Rousseau et Kant, le poète André Chenier et des figures de la Révolution de 1789, chargés de donner leur avis sur celle de 1848. Xavier Durrieu maîtrisait la réalisation de daguerréotypes : il en avait fait en Espagne dans les années 1840 et il est possible qu’il ait fait profiter d’autres personnes de son expérience. Charles Hugo, formé, en 1853, par un photographe au cours d’un voyage à Caen et Auguste Vacquerie pratiquaient la photographie en amateurs. Ils nous ont laissé une série de portraits des exilés et de leurs visiteurs, ainsi que des vues de paysages, constituant les plus anciennes photographies des deux îles. Parmi ceux qui ont acquis ou perfectionné leurs connaissances techniques dans ce domaine au cours de leur exil, citons Adolphe Rondeau, qui a exercé parmi d’autres métiers, comme photographe à Jersey ; Victor Frond, Alfred Fillon, Arsène Hayes et Jean-Florent Bouillard qui devinrent photographes professionnels après avoir quitté les îles.

Jersey et Guernesey, terres de passage et de départ

La vie dans les îles n’était pas synonyme d’isolement. Les proscrits étaient relativement bien intégrés à la société locale. Ils gardaient le contact avec le reste du monde par les journaux et la correspondance. Ils recevaient par ailleurs de nombreux visiteurs venus de France ou d’Angleterre, attirés par ce foyer politique et intellectuel ou rendant visite à leur famille. Ils effectuaient aussi des voyages hors des îles, vers l’Angleterre, mais aussi vers la France pour ceux qui n’étaient pas poursuivis, avaient bénéficié d’une mesure de grâce ou obtenu un passeport délivré par le vice-consul. D’autres encore se rendaient en France clandestinement sous une fausse identité, au risque d’être arrêtés. Car les ports étaient surveillés. C’est ce qui était arrivé à Charles Michel Funck, à Léopold Avias à Saint-Malo et à Charles Heurtebise à Port-Bail.

Les chose se gâtèrent avec la publication, par L’Homme, d’une lettre ouverte de Félix Pyat, s’opposant à la visite de la reine Victoria en France. Des jersiais réagirent vivement et le gouvernement britannique ordonna d’expulser de l’île les responsables du journal : Charles Ribeyrolles et le colonel Louis Pianciani, ainsi que de son vendeur Philippe Thomas. En réaction les proscrits publièrent, le 17 octobre 1855, une protestation, rédigée par Victor Hugo, contre ce qu’ils considéraient comme une atteinte à la liberté de la presse et un déni de justice et qu’ils appelèrent, en référence au coup d’État du 2 décembre, le « Coup d’État de Jersey ». Les 36 signataires de cette protestation furent à leur tour expulsés bien que des jersiais aient exprimés leurs regrets : trois connétables refusèrent de signifier l’ordre d’expulsion aux proscrits de leur paroisse ; les patients du docteur Barbier intervinrent en vain pour son maintien dans l’île. Une partie des signataires dont Victor Hugo s’installèrent alors en famille à Guernesey. Ils furent suivis par d’autres, réduisant à la portion congrue la communauté proscrite de Jersey et faisant Guernesey le nouveau centre gravité de la proscription dans les îles.

Avec l’amnistie de 1859 et la libéralisation de l’Empire beaucoup de proscrits rentrèrent en France mais d’autres comme Victor Hugo attendirent la proclamation de la IIIe République pour partir. Auparavant certains étaient morts en exil et d’autres avaient choisi de s’exiler ailleurs et notamment aux Amériques, au Portugal et en Espagne. Quelques-uns choisirent de rester dont Louis Gornet, Joseph Leroux, fils de Pierre Leroux ou encore Eugène Alavoine et sa femme qui firent souche à Jersey.

Les listes qui suivent ne sont pas définitives et sont appelées à s’enrichir. De plus tous les proscrits ou visiteurs de Jersey et Guernesey n’ont pas encore une notice dans le Maitron, notamment les étrangers. Pour certains de ces derniers nous renvoyons à une notice extérieure au Maitron, quand il en existe une.

Liste des proscrits français de la Seconde République et du Second Empire à Jersey

Madame Hugo, à son arrivée sur l’île en août 1852, estime qu’elle abritait entre 60 et 80 proscrits. Une liste établie par Eugène Alavoine sur papier du consulat en 1870 indique quatre-vingt-dix « victimes de la réaction » — de mai 1848 à décembre 1854 — comme ayant résidé à Jersey. Nous n’avons pu la consulter. La liste ci-dessous a été établie avec les signataires de l’acte d’accusation du traître Julien Hubert et de la protestation contre l’expulsion de 1855, ainsi que des notices biographiques du Maitron et les albums de photos d’Auguste Vacquerie. Le nombre de proscrits y est légèrement supérieur à celui d’Alavoine. Au total plus d’une centaine de proscrits ont séjourné à Jersey, mais pas tous en même temps. À ce nombre il faut rajouter des femmes et enfants qui ont accompagné beaucoup d’entre-eux. Dans la liste ci-dessous, quelques proscrits restent à identifier : Constant Bourillon, Gobert, Julien Hosp., Picquet, Jean-Marie Ribaut.

Alavoine Eugène, sa femme [Bianchi Jenny] et leur trois enfants, demeurent à Jersey après 1870.
Allain Edmond.
Allix Émile, son frère Allix Jules, sa sœur Allix Augustine et Madame Alix qui est sans doute leur mère, suivent les Hugo à Guernesey en 1855.
Amiel Jean-Baptiste, expulsé en 1855 suite au « Coup d’État de Jersey », émigre en Angleterre puis en Espagne.
Aubin Charles
Avias Léopold, retourne en France clandestinement et s’y fait arrêter en 1854.
Barbier Jacques, son épouse Éléonore Paumier et leur fille Euphémie, expulsés en 1855 suite au « Coup d’État de Jersey », émigrent à Lisbonne via Londres.
Barbieux Albert, expulsé en 1855 suite au « Coup d’État de Jersey ».
Beauvais Eugène. Sa femme Marie Laetitia Staffort et leur fils Freedom sont mort à Jersey en 1854, Eugène fut expulsé en 1855 suite au « Coup d’État de Jersey ».
Belin Thomas
Bénézit Charles, son épouse Euphrasie Boulanger et leur enfants, reviennent en France à la fin de l’Empire.
Bergounioux Jean
[Berjen Philippe] (Berjon Philippe ?)
Bernard Martin
Bianchi Alphonse et sa femme Léonie Henripré, émigrent à Londres en février 1855, de retour en 1856.
[Bianchi Jenny] fille d’Alphonse et épouse d’Eugène Alavoine
Bisson Hippolyte
Blanc Louis
Bonnet-Duverdier Édouard, expulsé en 1855 suite au « Coup d’État de Jersey », suit la famille Hugo à Guernesey.
Bony Félix, mort à Jersey en 1854.
Bouillard Jean Florent, expulsé en 1855 suite au « Coup d’État de Jersey ».
Bourachot François
Bourillon Constant
Bousquet Jean, mort à Jersey en 1853.
Cahaigne Joseph, expulsé en 1855 suite au « Coup d’État de Jersey ».
Caillaud Jean-Marie
Cauvet Théobald, mort en 1854 à Jersey et sa compagne Madelaine Désirée, morte à Jersey en 1875.
Chardenal Eugène, expulsé en 1855 suite au « Coup d’État de Jersey », s’établit en Écosse.
Colfavru Jean-Claude
Colin Benjamin, expulsé en 1855 suite au « Coup d’État de Jersey », suit la famille Hugo à Guernesey.
Collet Édouard père, expulsé en 1855 suite au « Coup d’État de Jersey », s’installe à Guernesey.
Coquard Jean
Courtès Jean et sa femme Marie et leur fils Victor, émigrent aux États-Unis en 1854.
Déjacques Joseph, émigre aux États-Unis en 1854.
Delamarre Félix, émigre aux États-Unis en 1854.
Denis Philibert, émigre aux États-Unis.
Deville Jean, expulsé en 1855 suite au « Coup d’État de Jersey ».
Dulac Jean-Baptiste et son épouse Anne-Louise Cabane, rentrent en France en 1870, après la proclamation de la IIIe République.
Durand Claude, gracié, rentre en France en mai 1856.
Durrieu Xavier, émigre en Espagne en décembre 1853.
Dussoubs Jean-Baptiste, rentre en France vers 1855 où il est arrêté.
Faure Philippe, mort à Jersey en 1856.
Fayard Pascal, gracié, il rentra en France en avril 1853.
Fillon Alfred, émigre au Portugal en 1857.
Fombertaux Antoine et son fils Fomberteaux Léon dit Eugène, expulsés en 1855 suite au « Coup d’État de Jersey ».
Frond Victor, émigre au Brésil via le Portugal en 1857.
Gaffney François et sa femme, morts à Jersey en 1854.
Gigoux Bertrand, émigre aux États-Unis via Londres en 1854.
Ginestet Charles
Gobert E.
Gornet Jean, médecin, expulsé en 1855 suite au « Coup d’État de Jersey ».
Gornet Louis, médecin, frère du précédent, mort à Jersey en 1873.
Goupy Léon, émigre à Londres avec sa femme la jersiaise Sophie Renou en 1858 puis rentre en France après l’amnistie de 1859.
Granger Charles, rentre en France après l’amnistie de 1859.
[Grevet]
Guay Paul
Guérin Théophile, expulsé en 1855 suite au « Coup d’État de Jersey », s’installe à Guernesey où il épouse Marie Élisabeth de Putron, fille d’un constructeur de navire du lieu.
Gutel Louis, sa femme Louise-Augustine Blandin et leurs enfants Oscar-Louis et Mathilde.
Hayes Arsène, expulsé en 1855 suite au « Coup d’État de Jersey », émigre ensuite avec sa fille au Portugal.
Hélain-Dutaillis Louis, mort à Jersey en 1853.
Hennet de Kesler Louis, expulsé en 1855 suite au « Coup d’État de Jersey », s’installe à Guernesey où il meurt en 1870.
Henry Étienne, gracié en 1854, rentre en France.
Heurtebise Charles, arrêté en 1854 en France, transporté en Algérie.
Hosp. Julien
Hubert Julien Damascène
Hugo Victor, sa femme Adèle Foucher et leurs enfants [Hugo Adèle], Hugo Charles Victor, Hugo François-Victor ainsi que [Juliette Drouet] la maîtresse d’Hugo, expulsés en 1855 suite au « Coup d’État de Jersey », s’installent à Guernesey.
Hunot Charles, émigre en Belgique puis en Espagne.
Jarrassé Félix
Jégo Pierre-Marie.
Julien Louise, morte à Jersey en 1853.
Lacouture Louis
Le Flô Adolphe, général, sa femme et ses trois enfants.
Le Floch Augustin avec sa femme, émigrent aux États-Unis en 1854.
Le Guével Edmond, sa compagne Rose de Sernetz et leur fille Rose, émigrent en Espagne en décembre 1853.
Lefèbvre Jean-Paul, expulsé en 1855 suite au « Coup d’État de Jersey ».
Lefort Henri
Lejeune Joseph, émigre aux États-Unis en 1854.
Lemeille Auguste, sa femme Rose et leur fils Auguste, émigrent aux États-Unis en 1854.
Leroux Charles, retourne en France après l’amnistie de 1859.
Leroux Pierre, sa seconde femme Joséphine Volck et leurs enfants Joseph, François et Louis Pierre ; retournent en France après l’amnistie de 1859.
Leroux Jules, retourne en France après l’amnistie de 1859.
Marétheux Louis, sa femme Jeanne Marie Catherine Latimier et leurs enfants, s’installent à Guernesey en 1855.
Martin Fulbert, expulsé en 1855 suite au « Coup d’État de Jersey », émigre en Espagne.
Martin Léon
Mathé Félix et son fils, retournent en France après l’amnistie de 1859.
Nétré Louis, part pour la Suisse en 1856.
Picquet, part pour Londres en 1855 suite au « Coup d’État de Jersey ».
Prévéraud Bernard et sa femme Jeanne Bouillet, expulsé en 1855 suite au « Coup d’État de Jersey », s’installent à Guernesey. Leur fille Jeanne était décédée à Saint-Hélier en 1854.
Quenniec Louis
Ranc Adrien
Ratier Gustave
Ribaut Jean-Marie, émigre aux États-Unis en 1854.
Ribeyrolles Charles, expulsé en 1855 suite au « Coup d’État de Jersey », émigre au Brésil.
Rondeau Adolphe, marié à Jersey avec une britannique, retournent en France en 1868.
Rouch Édouard
Roumilhac Mathieu, expulsé en 1855 suite au « Coup d’État de Jersey », s’installa à Londres.
Sanson David.
Seigneuret Hippolyte, épouse la jersiaise Rachel Alexandre, émigrent aux États-Unis en 1854.
Taféry François, expulsé en 1855 suite au « Coup d’État de Jersey », s’installa à Londres.
Terrier Barthélémy, médecin de la famille Hugo qu’il suit à Guernesey.
Thomas Philippe, expulsé en 1855 suite au « Coup d’État de Jersey ».
Vacquerie Auguste et sa mère Jeanne Arsène Charreau, sa sœur Marie-Arsène Vacquerie veuve Lefèvre et le fils de celle-ci Ernest Lefèvre qui font de long séjours ; suivent les Hugo à Guernesey en 1855.
Vallière François
Vincent Claude Victor, expulsé en 1855 suite au « Coup d’État de Jersey ».

Liste des proscrits non français de la Seconde République et du Second Empire à Jersey

Ce sont majoritairement des militaires et hommes politiques qui se sont réfugiés en France suite à l’échec des révolutions européennes de 1848, puis en ont été expulsés suite au Coup d’État du 2 décembre 1851.
[Alfieri]
[Balinskiegu K.]
[Biffi Édouard], lieutenant italien, expulsé en 1855 suite au « Coup d’État de Jersey ».
[Bulharyn Jal.] ou Bulharin, général lituanien
[Franck], docteur allemand, expulsé en 1855 suite au « Coup d’État de Jersey ».
[Funck Charles Michel], polonais, passe clandestinement en France en 1853 où il est arrêté.
[Golovine]
Harring Harro, révolutionnaire et poète germano-danois.
[Herzen Alexandre]
[Jancewitz], polonais
Karcher Thédore ou Karcer Theodor, autrichien.
[Kordecki Lud.]
[Koziell], expulsé en 1855 suite au « Coup d’État de Jersey ».
[Leiewel Joachim]
[Mahyi]
[Mazzolini], italien
[Meszaros], général hongrois
[Mézaise]
[Mikulowski], polonais.
[Papowski], polonais, expulsé en 1855 suite au « Coup d’État de Jersey ».
[Percsel], général
[Pianciani Louis], colonel italien et sa femme, expulsés en 1855 suite au « Coup d’État de Jersey », émigrent à Londres.
[Piasecki A.], expulsé en 1855 suite au « Coup d’État de Jersey ».
[Rancan Giuseppe], expulsé en 1855 suite au « Coup d’État de Jersey ».
Reminyi Eduard, violoniste hongrois.
[Ruge Arnold]
[Rupnienshi Roch]
[Schmitt Albert], ou Schmitz, polonais
[Swiętosławski Zeno], polonais, expulsé en 1855 suite au « Coup d’État de Jersey ».
[Taly], colonel.
Teleki Sándor colonel hongrois, expulsé en 1855 suite au « Coup d’État de Jersey », s’installe à Guernesey.
[Vickery].
[Wiesener A.-C.], officier autrichien, expulsé en 1855 suite au « Coup d’État de Jersey ».
Zychon François, polonais, expulsé en 1855 suite au « Coup d’État de Jersey ».

Liste des proscrits français de Guernesey

Allix Émile, son frère Allix Jules, sa sœur Allix Augustine et Madame Alix qui est sans doute leur mère, venus de Jersey en 1855.
Bachelet Pierre
Bonnet-Duverdier Édouard, venu de Jersey en 1855 suite au « Coup d’État de Jersey ».
Colin Benjamin, venu de Jersey en 1855 suite au « Coup d’État de Jersey ».
Collet Édouard père, venu de Jersey en 1855 suite au « Coup d’État de Jersey ».
Guérin Théophile, venu de Jersey en 1855 suite au « Coup d’État de Jersey », s’installe à Guernesey où il épouse Marie Élisabeth de Putron, fille d’un constructeur de navire du lieu.
Hennet de Kesler Louis, venu de Jersey en 1855 suite au « Coup d’État de Jersey », s’installe à Guernesey où il meurt en 1870.
Hugo Victor, sa femme Adèle Foucher et leurs enfants [Hugo Adèle], Hugo Charles Victor, Hugo François-Victor ainsi que [Juliette Drouet] la maîtresse d’Hugo, venu de Jersey en 1855 suite au « Coup d’État de Jersey ».
Landolphe François
Leballeur-Villiers Charles Alexandre
Marétheux Louis, sa femme Jeanne Marie Catherine Latimier et leurs enfants, venus de Jersey, s’installent à Guernesey en 1855.
Prévéraud Bernard, venu de Jersey en 1855 suite au « Coup d’État de Jersey ».
Terrier Barthélémy, venu de Jersey en 1855.
Vacquerie Auguste et sa mère Jeanne Arsène Charreau, sa sœur Marie-Arsène Vacquerie veuve Lefèvre et le fils de celle-ci Ernest Lefèvre qui font de long séjours ; venus de Jersey en 1855.

Liste des habitants de Jersey et Guernesey proches de la proscription

Asplet Philippe, centenier de Jersey.
Baudains Philippe, connétable de Jersais.
Béguin, participant aux séances de tables tournantes chez les Hugo (le cordonnier français Prosper Béghin ?).
Butler, William Francis, officier britannique en garnison à Guernesey entre 1866 et 1867 où il se lie d’amitié avec Hugo et Hennet de Kesler.
Harney Julian, dirigeant chartiste anglais qui émigre aux États-Unis en 1863.
[Pinson], jersiais participant aux tables tournantes chez les Hugo.
Simon Mélanie, jersiaise ou française logeant des proscrits.
[Wellman]

Liste des visiteurs de Jersey et Guernesey

Outre les familles et amis des proscrits, les deux îles reçurent la visite de de personnes attirées par ce foyer intellectuel et politique dominé par la figure Victor Hugo, parmi lesquels :

Bouclier (M. et Madame), en visite à Jersey en 1852.
Delorme Démesvar, journaliste, écrivain et homme politique haïtien, rend visite à Hugo à Guernesey en septembre 1861.
Douard Alexandre, de passage à Jersey en 1855.
Dumas Alexandre, rend visite à Hugo à Guernesey en avril 1857.
Foucher Julie, sœur d’Adèle épouse de Victor Hugo, en visite à Jersey en 1854.
de Girardin Delphine, en visite à Jersey en 1853, initie les séances de spiritisme.
Heurtebise, père de Charles Heurtebise, en visite à Jersey en 1852.
Lefort Henri, en compagnie de sa femme, visite à plusieurs reprises les Hugo à Guernesey entre 1859 et 1870.
Le Maoût Auguste, proscrit à Londres, de passage à Jersey pour une réunion politique en août 1853.
Meurice Paul.
Schoelcher Victor, en visite à Jersey en 1852.
Talandier Alfred.
Tapon-Fougas, Francisque en visite à Jersey en juin 1855.
Tréveneuc, Henri, député des Côtes-du-Nord, opposant au coup d’État du 2 décembre, participe à une séance de tables tournantes chez les Hugo.
Varela José Pedro, poète et réformateur uruguayen, rend visite à Hugo à Guernesey, en décembre 1867.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article217295, notice AUTOUR DE VICTOR HUGO : PROSCRITS A JERSEY ET GUERNESEY DE 1848 A 1870 par Gauthier Langlois, version mise en ligne le 7 juillet 2020, dernière modification le 2 août 2020.

Par Gauthier Langlois

Marine Terrace, résidence de la famille Hugo à Jersey, photographiée par Charles Hugo. (Source : Bnf. Voir Vacquerie, Profils et grimaces)
Marine Terrace, résidence de la famille Hugo à Jersey, photographiée par Charles Hugo. (Source : Bnf. Voir Vacquerie, Profils et grimaces)
Victor Hugo et ses deux fils photographiés par Auguste Vacquerie à Hauteville House, résidence de la famille à Guernesey (Source : Bnf. Voir Vacquerie, Profils et grimaces)
Victor Hugo et ses deux fils photographiés par Auguste Vacquerie à Hauteville House, résidence de la famille à Guernesey (Source : Bnf. Voir Vacquerie, Profils et grimaces)
Les proscrits sont souvent en famille. Ici les deux filles du général Le Flô, photographiés par Charles Hugo à Jersey. (Source : Bnf. Voir Vacquerie, Profils et grimaces)
Les proscrits sont souvent en famille. Ici les deux filles du général Le Flô, photographiés par Charles Hugo à Jersey. (Source : Bnf. Voir Vacquerie, Profils et grimaces)
"Ce que Charles, Victor Hugo et François-Victor regardent". La digue reliant Guernesey au château Cornet en cours de construction, photographiée par Auguste Vacquerie. (Source : Bnf. Voir Vacquerie, Profils et grimaces)
"Ce que Charles, Victor Hugo et François-Victor regardent". La digue reliant Guernesey au château Cornet en cours de construction, photographiée par Auguste Vacquerie. (Source : Bnf. Voir Vacquerie, Profils et grimaces)
Stèle des proscrits au cimetière Macpela de Sion
Stèle des proscrits au cimetière Macpela de Sion
Elle comporte treize plaques de bronze, la plupart malheureusement effacées, rappelant les proscrits enterrés ici et dont l’emplacement des tombes s’est perdu. Il s’agit de, en 1853 Louis Hélain-Dutaillis (7 avril) si sa tombe a été déplacée de Saint-Hélier, Jean Bousquet (17 avril), Louise Julien (23 juillet) ; en 1854 François Gafney (8 mars) et son épouse, Théobald Cauvet (12 juin), Marie Laetitia Staffort épouse Beauvais (16 septembre) et leur fils Freedom (23 septembre), Félix Bony (24 septembre) ; en 1856 Philippe Faure (13 janvier) ; en 1873 Louis Gornet (27 mai) et peut-être Eugène Alavoine (22 juillet) ; en 1894 Joseph Leroux fils de Pierre Leroux (24 août). (Photo : Wikimedia).

SOURCES : Hauteville house, Guernesey. — The Victor Hugo in Guernsey Society. — theislandwiki. — Jerripedia, Relevés de l’État civil des îles anglo-normandes. — Geneanet, Relevé d’actes déclarés au consulat de France à Jersey entre 1852 et 1892. — « Lettres de Madame Victor Hugo à sa sœur Julie », Les Annales romantiques : revue d’histoire du Romantisme, t. 9, 1912, p. 247. — A la France. L’agent provocateur Hubert, Jersey : imp. universelle, [1853]. — Auguste Vacquerie, Profils et grimaces, Paris : Michel Lévy frères, 1856. — Auguste Vacquerie, Les miettes de l’Histoire, Paris : Pagnerre, 1863. — Victor Hugo, Œuvres complètes de Victor Hugo. Actes et paroles. 2 publiées par Paul Meurice, puis par Gustave Simon, 1937-1940, p. 123-125 [Dans la liste des signataires de la protestation de 1855 sont oubliés Martin Fulbert et Joseph Cahaigne]. — Rémi Gossez, « La proscription et les origines de l’Internationale. 1. Le “ Comité international permanent ” », 1848-Revue des révolutions contemporaines, n° 189, décembre 1951, pp. 97-115. — Robert Sinsoilliez, Marie-Louise Sinsoilliez, Victor Hugo et les proscrits de Jersey, Ancre de marine, 2008. — Thomas C. Jones, « A “coup d’État” in Jersey ? », Diasporas, n° 33, 2019, En ligne [Donne la liste complète des signataires de la protestation de 1855]. — Gustave Simon, Les tables tournantes de Jersey : chez Victor Hugo : procès-verbaux des séances, Paris : L. Conard, 1923. — Le journal d’Adèle Hugo, Paris : Lettres modernes : Minard, 1968-2002. — Jean-Claude Fizaine, Victor Hugo et les mystères de Jersey. Un manuscrit inédit de Xavier Durrieu (Les séances chez Leguével), 2015.

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