FAVARO Arthur

Par Robert Mencherini, Renaud Poulain-Argiolas

Né le 14 février 1902 à Cadoneghe, province de Padoue (Italie), exécuté sommairement le 13 juin 1944 au Fenouillet, commune de la Roque-d’Anthéron (Bouches-du-Rhône) ; mécanicien ; militant communiste de Miramas (Bouches-du-Rhône) ; FFI, participant au maquis de Sainte-Anne, membre des Francs-tireurs et partisans (FTP).

Arthur Favaro
Arthur Favaro

Fils d’Antonio Favaro, maçon, et de son épouse Teresa, née Zarzato, Arthur Favaro, était de nationalité italienne. Vers 1925, il quitta l’Italie à pied où il était recherché et gagna la région lyonnaise où il travailla comme ouvrier mécanicien à l’usine Berliet. Il se maria, en 1929, à Vénissieux (Rhône) avec Adèle, Elvire Giorda. D’après le recensement de la population, ils vivaient en 1931 au 52, rue de la Borelle avec leur fils Armand, né en 1929. Ils eurent ensemble sept enfants au total.

Licencié en 1933, Arthur Favaro travailla ensuite comme ouvrier spécialisé à l’usine Kuhlmann de Miramas (Bouches-du-Rhône) et habita cité Bertrand avec sa famille. Militant communiste, il rejoignit les FTPF, sous-secteur Nord des Bouches-du-Rhône, le 15 janvier 1943. Il intégra alors, sous le matricule 52047, le détachement de Miramas, sous le commandement de Joseph Chionchini, alias "Commandant Gay".
Le 5 juin 1944, le message « Méfiez-vous du toréador » passa sur Radio Londres pour avertir les résistants de l’imminence du débarquement en Provence. Néanmoins, entre-temps l’opération fut repoussée au 15 août.
Le 11 juin 1944, il rallia, sur ordre, avec son détachement, le maquis de la Chaîne des Côtes.
Suite à une dénonciation, l’armée allemande encercla le plateau de Manivert dans la colline de Sainte-Anne, où étaient retranchés près de 400 maquisards. Malgré leur courage et les dommages considérables qu’ils infligèrent aux troupes d’occupation pendant toute la journée du 12 juin, les résistants durent faire face à un ennemi supérieur en nombre et à un manque de munitions. Pour les obliger à se rendre les Allemands mirent le feu au maquis.
Après qu’un ordre de dispersion leur fut donné, les résistants furent les proies d’une chasse à l’homme à travers la Chaîne des Côtes. Beaucoup furent capturés, la plupart d’entre eux torturés et fusillés. Le soir on comptait 62 morts parmi les maquisards. Arthur Favaro fut pris et conduit rue d’Italie à Marseille pour être torturé par la Gestapo.
Le 13 juin, il fut amené dans la clairière du Fenouillet, entre Charleval et La Roque-d’Anthéron, avec 27 autres prisonniers, et fusillé.
Leurs corps ne furent retrouvés que le 6 octobre 1944. Il fut reconnu par sa famille après exhumation et sur déclaration du docteur René Corriol, médecin à la Roque-d’Anthéron. Le lendemain, il fut transféré à Miramas où il fut inhumé.

Sur le site « Mémoire des Hommes » on trouve son nom dans la base des militaires décédés pendant la 2e guerre mondiale. Il a obtenu les mentions « Mort pour la France » et « Interné résistant ». Le Service historique de la Défense de Caen dispose de documents le concernant à la cote AC 21 P 182710.
Homologué sergent à titre posthume, il fut décoré de la Médaille de la Résistance par décret du 17 décembre 1968.
Son nom est gravé sur la stèle érigée dans la clairière du Fenouillet et sur le mémorial du maquis de Sainte-Anne à Lambesc. Il figure, à Salon, sur le monument de la Résistance du Val-de-Cuech, et, à Miramas, sur le monument aux morts et la plaque commémorative du hall de la mairie. Une rue de cette ville porte son nom, celle où était située sa maison. La municipalité y dévoila également en 2009 une plaque pour lui rendre hommage.

Voir La Chaîne des Côtes et ses environs, Lambesc, Charleval, La
Roque-d’Anthéron, Le Fenouillet (Bouches-du-Rhône), 11 -
13 juin 1944

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article217368, notice FAVARO Arthur par Robert Mencherini, Renaud Poulain-Argiolas, version mise en ligne le 28 octobre 2020, dernière modification le 9 février 2021.

Par Robert Mencherini, Renaud Poulain-Argiolas

Arthur Favaro
Arthur Favaro

SOURCES : AVCC Caen, 21 P 244, listes de décédés et arrestations, dossiers 21P 182710 et 21P 627496. — Arch. Musée de Lambesc. — Recensement de la population de Vénissieux (Rhône), 1931, 6 M 693. — Arch. communales Miramas. — Miramas info, n°117, avril 2012, p. 25. — Article de La Provence sur Miramas : « Qui est Arthur Favaro dont une rue porte le nom ? ». — Site Mémoire des hommes, SHD Caen, AC 21 P 182710 (nc). — Mémorial GenWeb. — État civil. — Témoignage de la famille.

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