AZEVEDO Manoël

Par Eric Panthou

Né le 24 avril 1912 à Saint-Jean-de-Portela (Portugal), exécutè sommairement par un détachement de la Division Das Reich le 1er juin 1944 à Caylus (Tarn-et-Garonne) ; résistant au sein de l’Armée secrète.

D’origine portugaise et natif de la province du Minho, Manoël -ou Manuë- Azevedo était arrivé en France en 1929. Il fut tout d’abord ouvrier agricole à Montaigu en Vendée. Le 30 novembre 1930, il a un accident de travail et un jugement lui reconnaît une incapacité permanente partielle et lui accorde une rente viagère.
Le 1er octobre 1934, il se maria avec Elise Burg, une jeune femme de Jamblusse, hameau de la commune de Saillac (Lot), jouxtant la partie nord du camp militaire de Caylus. Il eut au moins un fils, Simon.
Il travailla après son mariage avec son beau-père à la fois comme agriculteur et comme maçon. En 1939, Manoël de Azevedo est engagé comme employé civil du camp des Espagots à Caylus. Il y demeure tout le temps de la guerre et durant l’occupation. Il participa à la construction des premiers bâtiments du camp militaire de Saint-Pierre-Livron.
Le 22 juin 1942, l’armistice stipule que le matériel de guerre doit être livré au vainqueur. Certains officiers, parmi lesquels le commandant Normand, choisissent de camoufler ce matériel. L’opération de camouflage s’accélère en novembre 1942, au moment de l’occupation de la zone sud par les Allemands.
Fin décembre 1942, les troupes ennemies prennent possession du camp et découvrent certains dépôts.
Manoël de Azevedo, en tant qu’employé civil permanent sur le camp, est forcément au courant de ces activités de dissimulation même s’il n’y participe pas directement.
Le commandant Auguste Normand et le lieutenant Pierre Gilles furent dénoncés puis arrêtés en mars 1943. Ils furent déportés sous la catégorie « Nuit et Brouilllard » au camp de Buchenwald. Après l’arrestation du commandant Normand et de l’adjudant-chef Gilles, Manoël Azevedo fut soupçonné de complicité de ces actes affublés des noms de terroristes par les autorités vichystes et allemandes. A partir de fin 1943, il est certain que Manoël de Azevedo sert d’agent de liaison pour la Résistance et que sa femme est au courant. Il appartenait aussi à l’armée secrète des Pyrénées orientales depuis février 1943 et au corps francs Pommiès un mois avant sa mort.
Un détachement de la Division Das Reich stationna au Camp de Caylus du 28 mars au 8 juin 1944. Le 1er juin 1944, les FTP occupent Capdenac qui constitue un important centre ferroviaire. L’objectif est la mise hors d’usage du matériel, des aiguillages et des locomotives. Les Allemands n’ont pas le temps de réagir.
Est-ce pour se venger qu’ils amorcent une opération de représailles dans l’après-midi du 1er juin ? L’hypothèse des représailles pour le sabotage de la gare de Capdenac, (le plus important de toute la guerre avec celui de l’usine aéronautique de Figeac le 19 janvier 1944), est en principe admise.
C’est ainsi qu’une petite colonne, venant du camp de Caylus exécuta Manoel de Azevedo sur le territoire du camp, puis trois personnes en traversant Limogne-en-Querçy et trois autres personnes en sortant du bourg sur la route de Cajarc. Les faits se sont produits en début de matinée de ce jour de foire à Limogne. Dans une autre source, il est dit que de Azevedo rentrait de sa journée de travail sur le camp bâti de Caylus quand il a été abattu au lieu dit La Croux. Les auteurs de ce meurtre seraient deux interprètes qui furent fusillés par le résistance à Mémer (Aveyron). Il fut décapité et sa tête posée sur une pierre.

Une stèle en la mémoire de Manoel Azévédo a été érigée à cheval sur les communes de Loze et de Saint-Projet. Chaque année, le personnel civil travaillant sur le camp, les élus rendent ainsi hommage à cet homme.
Il a été homologué FFI et Interné de la Résistance (DIR).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article217413, notice AZEVEDO Manoël par Eric Panthou, version mise en ligne le 22 juin 2019, dernière modification le 4 mai 2022.

Par Eric Panthou

SOURCES : SHD Vincennes, GR 16 P 25199, dossier Manoël Azevedo (nc) .— AVCC Caen, AC 21 P 700626, dossier Manoël Azevedo (nc) .— Arch. dép. du Puy-de-Dôme, 908 W 508 : activité de la Brigade Jesser. témoignage de Ernest Serres, secrétaire de Mairie à Caylus .— Contre l’oubli. Plaques et stèles de la Résistance et de la Déportation en Tarn-et-Garonne, Service Départemental de Tarn-et-Garonne Office National des Anciens Combattants et Victimes de Guerres , 2000 .— "Manuël Azevedo : souvenir d’un Résistant Portugais", La Dépêche du Midi, 13 juin 2018 .— "Commémoration de l’assassinat de Manoel Azevedo par les nazis", La Dépêche du Midi, 5 juin 2019 .— Les chroniques du Musée de la Résistance, tome 2, Musée de la Résistance de Cahors, 2005. — Mémorialgenweb.

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