DOMINÉ Émile

Par Jean-Marie Guillon

Né le 4 septembre 1910 à Molières-sur-Cèze (Gard), abattu le 1er juin 1944 aux Mages (Gard) ; ouvrier mineur ; résistant.

Fils de Paul Dominé et d’Ursule Compeyrol, célibataire, Émile Domine était mineur de charbon et résidait à Larnac (commune des Mages). Il fut piégé le 1er juin 1944 par cinq ou six militaires de la 8e compagnie Brandebourg, se faisant passer pour des hommes du maquis Bir Hakeim. Ces militaires appartenaient au groupe civil du détachement (dit "la bande des Parisiens" ou "bande à Harry") qui était installé à l’hôtel du Luxembourg à Alès (Gard). La spécialité des groupes civils de cette unité était de tromper la population et les résistants. Les cinq hommes circulaient à bord d’une Peugeot 102 noire. Ils s’étaient présentés au domicile de François Poujol*, lui aussi mineur et habitant Larnac, avaient demandé à le voir, s’étaient fait donner à boire et à manger !, puis avaient donné rendez-vous dans l’après-midi, à 15 heures à La Vivaraise, à Poujol et à Dominé qui était arrivé entre temps. Les deux mineurs partirent à bicyclette. Leurs corps furent retrouvés en bordure de la RN 104, en direction de Saint-Ambroix (Gard), leurs bicyclettes étaient non loin. Ils avaient été abattus à coups de mitraillette. Le corps d’Émile Dominé était criblé de balles.
Le même jour, les hommes de la Brandebourg (couramment désignés comme Waffen SS, ce qu’ils n’étaient pas) arrêtèrent l’instituteur Gustave Nouvel, trompé lui aussi et conduit au fort Vauban, puis exécuté au Puits de Célas le 9 juin.
Une stèle a été édifiée sur les lieux de l’exécution de Domine et Poujol, sur le bord de la RD 904 (ex RN 104), entre Les Mages et Saint-Ambroix. Elle porte l’inscription suivante : "Ici sont tombés deux communistes". Le nom d’Émile Dominé figure sur le monument aux morts des Mages.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article217438, notice DOMINÉ Émile par Jean-Marie Guillon, version mise en ligne le 23 juin 2019, dernière modification le 16 octobre 2020.

Par Jean-Marie Guillon

SOURCE : Arch. dép. Gard 3 U 7 268 (dossier Thomas) et 451 (dossier Jean Danflou). — Memorial GenWeb, consulté le 4 janvier 2020 (André Balent). — Note d’André Balent.

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