LÉWITANSKY Salomon [pseudonyme dans la résistance : Simon]

Par Eric Panthou

Né le 28 décembre 1919 à Paris (XII° arr), mort au combat le 1er février 1944 à Marcolès (Cantal) ; réfugié Juif en Auvergne, résistant au sein des Forces françaises de l’intérieur (FFI).

Salomon Léwitansky, parfois orthographié Levitanski, était originaire de Paris et avait un frère jumeau, Lazare. Leurs parents, immigrés d’Odessa, étaient en France depuis 1912. Leur père, Naoum, engagé dans l’armée française en 1914, avait combattu sur tous les fronts jusqu’en 1918. Il fut tailleur puis ferblantier. Leur mère était couturière.
Au moment de l’exode, la famille quitta le XII° arrondissement pour rejoindre Aurillac (Cantal).
Salomon s’engagea dans la Résistance en août 1943 au sein du maquis de Parlan-La Luzette l’Enseigne où il participa à des opérations de surveillance, réception de parachutages, ravitaillement.
Avec 18 autres maquisards, lui et son frère s’installèrent en janvier 1944 dans les baraques de l’Enseigne, près du village de Marcolès (Cantal). Ils furent bientôt repérés par deux bûcherons qui les dénoncèrent. L’expédition contre le maquis fut menée par les troupes allemandes seules, néanmoins, les services de renseignements de la Résistance eurent vent d’une prochaine expédition et soupçonnèrent qu’il s’agissait de l’Enseigne qui était visée. Les hommes furent prévenus le 31 janvier au soir de quitter les lieux, mais décidèrent d’attendre le lendemain. Ce fut trop tard car l’attaque du Maquis de L’Enseigne, par la milice et les Allemands à Marcolès eut lieu ce lendemain matin.
Il fut tué aux côtés de son frère et trois autres camarades. Salomon aurait selon David Diamant fait sacrifice de sa vie en protégeant les arrières de ses camarades pour qu’ils puissent s’enfuir. Pour le courage qu’il manifesta à cette occasion, Bernard Cournil, responsable des Mouvements Unis de la Résistance dans le secteur, estima dans un certificat émis à son égard que Salomon Lewitansky aurait mérité une décoration nationale.
Une enquête fut menée pour déterminer si les hommes tués l’avaient été au combat et leur corps ensuite brûlés, ou s’ils avaient été blessés au combat puis exécutés sommairement avant que leur corps soit brûlé. Dans le second cas, leur mort relevait des crimes de guerre. L’enquête de gendarmerie pencha pour la première hypothèse, mais sans certitude. Jean Favier indique pour sa part que 4 furent tués au combat et deux autres furent exécutés après s’être rendus. On ignore qui.
Son nom figure sur la stèle de l’Enseigne à Marcolès. Sur la plaque en hommage aux deux frères jumeaux au cimetière de Marcolès, figure leur portrait mais aussi leur nom, orthographié Lévitanski.
Il a été reconnu "Mort pour la France". Il a été homologué FFI.
Après guerre, sa mère habitait 240 rue de Vaugirard Paris XVe arr.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article217521, notice LÉWITANSKY Salomon [pseudonyme dans la résistance : Simon] par Eric Panthou, version mise en ligne le 25 juin 2019, dernière modification le 12 mars 2020.

Par Eric Panthou

SOURCES : AVCC Caen, AC 21 P 76043. Dossier Salomon Lewitanski (non consulté) .— SHD Vincennes, GR 16 P 370822. Dossier Salomon Lewitanski .— Arch. dép. du Puy-de-Dôme, 908 W 523 : crimes de guerre, Marcolès .— Jean Favier, Lieux de Mémoire et Monuments du souvenir, Cantal, 1940-1944, Aurillac, Association des Maquis et Cadets de la Résistance du Cantal, 2007, 208 .— David Diamant,Combattants, héros, martyrs de la Résistance, Paris, éditions Renouveau, 1984, p. 214-215 .— état civil Paris.

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