BRETONNEL Léon, Jean,

Par Audrey Galicy

Né le 7 avril 1901 à Paris (IX°), exécuté sommairement le 6 juillet 1944 au champ de tir du Pont-Long à Pau (Basses-Pyrénées, Pyrénées-Atlantiques) ; négociant ; résistant du Corps franc Pommiès (CFP), Organisation de Résistance de l’Armée (ORA).

Fils de Jules Léon Bretonnel et de Marie-Blanche Jouannic, Léon Bretonnel avait quatre frères et une sœur. Son frère Frédéric, fut un célèbre boxeur, champion de France et d’Europe dans les années 20. Son père fut antiquaire, commerçant d’installations électriques et de télégraphie puis professeur de français aux Etats-Unis. Ses parents se séparèrent en 1911. Son père s’installa aux Etats-Unis, se remaria et eut deux filles.
Le 30 avril 1918, tout juste âgé de 17 ans, Léon s’engagea volontairement pour la durée de la guerre. Il fut affecté au 1er régiment d’artillerie à pied, puis au 85ème régiment d’artillerie lourde.
Il fut affecté dans la réserve de ce même régiment le 13 août 1923.
En 1925, il fut condamné à 8 jours pour homicide involontaire : alors qu’il roulait trop vite, il écrasa un cycliste au bois de Boulogne. Il fut amnistié en 1931. En 1928, il dut faire face au suicide de son frère Frédéric.
Mobilisé en 1939, il fut versé au centre mobilisateur d’artillerie n°24, puis fut dirigé sur le centre mobilisateur du train n°22. Démobilisé en 1940 par le centre de démobilisation d’Aire sur Adour, il s’engagea dans la résistance et intégra le C.F.P.
Léon Bretonnel se trouvait à Portet (Basses-Pyrénées) dès juin 1944, en compagnie de 180 camarades, anciens militaires ou hommes recrutés dans le secteur. Le chef du détachement, Jean Milleret (« Carnot »), chef FFI des Landes, s’était installé dans la région avec son état-major, la section de commandement, la section destructions de Robert Vaxelaire, la section d’Emile Dupuy, la compagnie Maulvaux et la section auto. Les 1er et 2 juillet, De Milleret fut informé d’une attaque possible des troupes allemandes. Il lui fut alors fortement conseillé de changer de cantonnement et de répartir ses hommes, trop nombreux à Portet. La décision de quitter le cantonnement fut prise le 2 juillet au soir. Hélas trop tard.
Le lundi 3 juillet 1944, à 4h00 du matin, un important détachement allemand lourdement armé et parfaitement renseigné, encercla et isola le village. A 6h00, les allemands lancèrent l’attaque. Pour les maquisards, aucune solution de repli n’était possible. Certains s’enfuirent ou se cachèrent dans les bois, les granges, d’autres ripostèrent. L’attaque fut violente et le bilan matériel et humain particulièrement lourd. Neuf maisons furent incendiées, 14 résistants furent tués au combat, 5 habitants du village furent abattus.
Capturé avec 38 de ses compagnons, Léon Bretonnel fut transporté, enfermé et torturé dans les prisons de la caserne Bernadotte à Pau. Le 6 juillet, le commandant allemand prit la décision d’exécuter les prisonniers. Emmené au champ de tir du Pont-Long, au nord de Pau, Léon Bretonnel fut exécuté à la mitraillette et son corps jeté dans une fosse.
Il obtint la mention « Mort pour la France ». Son nom figure sur le monument commémoratif de Portet, sur le mémorial du CFP à Castelnau-Magnoac (Hautes-Pyrénées).


Voir Pau (Basses-Pyrénées, actuellement Pyrénées-Atlantiques), champ de tir du Pont-Long, 6 juillet - août 1944

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article217689, notice BRETONNEL Léon, Jean, par Audrey Galicy, version mise en ligne le 1er juillet 2019, dernière modification le 20 février 2020.

Par Audrey Galicy

SOURCES : Archives départementales Paris. — MémorialGenWeb. — Mémoire des Hommes - CERONI, Marcel. Corps Franc Pommiès. Tome 1-2 ; La lutte ouverte, Amicale du Corps Franc Pommiès, 2007.

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