DÉCULTOT Marie-Thérèse, Suzanne

Par Éric Belouet

Née le 29 mars 1931 à Sanvic, commune rattachée au Havre en 1955 (Seine-Inférieure, Seine-Maritime) ; blanchisseuse, employée de bureau, puis secrétaire ; militante jociste du Havre, permanente de la JOCF (1956-1960) ; syndicaliste CGT (1949-1956) puis CFDT (1966-1988) ; membre de l’ACO.

Fille de Georges Décultot, terrassier à la Compagnie générale transatlantique, sans engagement militant, non croyant, et de Madeleine née Gallais, morte en 1935, Marie-Thérèse Décultot était la benjamine de six enfants (quatre frères et une sœur). Domiciliée à Sanvic, elle fréquenta l’école Notre-Dame des Victoires dans cette commune jusqu’en 1945 et obtint le certificat d’études primaires. Entre-temps, comme tous les enfants du personnel de la Compagnie générale transatlantique, elle avait été évacuée et envoyée au château de Perreux, à Nazelles-Négron (Indre-et-Loire), de mai 1943 à décembre 1944. Elle fit encore une année d’école ménagère (1945-1946) mais ne souhaita pas poursuivre cette formation. Elle s’occupa de la cuisine et du ménage de son père jusqu’en 1949 où elle fut embauchée comme blanchisseuse à la Compagnie générale transatlantique à Rouelles (Seine-Inférieure). Dans cette compagnie où seules CGT et CGT-FO existaient, elle se syndiqua à la CGT six mois après son entrée au travail et y resta jusqu’à son départ en 1956.

Marie-Thérèse Décultot avait adhéré à la JOCF en 1945 mais elle ne commença réellement à y militer qu’au moment de son entrée au travail en 1949. D’emblée responsable de la section du Sacré-Cœur, elle intégra deux ans plus tard l’équipe de la fédération du Havre dont l’aumônier était Michel Quoist, futur auteur à succès dont le livre Prières se vendit à 2 500 000 exemplaires (il était d’ailleurs question de « Marie-Thérèse » dans l’une des prières de la première édition en 1954). Sollicitée par Yvonne Tap* pour devenir permanente, elle prit ses nouvelles fonctions en juillet 1956 au sein de la province de Normandie. Elle en était la seule permanente (le secrétariat national de la JOCF ne comptait alors que 22 permanentes et la Normandie, à quelques exceptions près, n’était pas une terre de forte implantation). Elle assuma cette responsabilité pendant un an, portant une attention particulière aux départements de Basse-Normandie, la partie de la province qu’elle connaissait le moins bien. Parallèlement, elle anima des sessions dans le Nord et l’Alsace pour suppléer des permanentes accaparées par la préparation du rassemblement international « Rome 57 ».

À la suite de ce rassemblement auquel elle participa, Marie-Thérèse Décultot quitta la province de Normandie et devint responsable nationale d’« Avenir et joie », branche loisirs du mouvement (officiellement autonome de ce dernier) qui avait vu le jour en 1945 et qu’elle était chargée de relancer après sa mise en sommeil. Elle avait également la responsabilité du bulletin éponyme. Dans le cadre de cette responsabilité assumée pendant trois ans, elle siégea, avec Gilles Boudin*, responsable du « Loisir populaire », équivalent d’« Avenir et joie » pour la branche masculine du mouvement, dans divers conseils d’administration : Organisation centrale des camps et auberges de jeunesse (OCCAJ), Fédération unie des auberges de jeunesse (FUAJ), Union nationale des camps de montagne (UNCM), Union nautique française (UNF)...

Marie-Thérèse Décultot quitta la JOCF fin août 1960 et fut remplacée par Monique Fauches* à la tête d’« Avenir et joie ». Elle s’installa dans un appartement de Neuilly-sur-Seine (Seine, Hauts-de-Seine) – où elle hébergea plusieurs anciennes permanentes jocistes (Bernadette Pommier*, Michèle Caliot*, Marguerite Noilhan*, Irène Udovica*) – et travailla environ un an comme employée de bureau chez Minvielle et Cabane, entreprise d’ameublement située rue Crozatier, à Paris (XIIe arr.). Désireuse d’apprendre un métier, elle suivit pendant un an une formation dans un centre de FPA de la rue du Commerce (XVe arr.). Ayant obtenu son diplôme de secrétariat, elle fut embauchée en 1963 comme employée qualifiée à la société chimique CEGEDUR, à Paris, avec la responsabilité de l’organisation des colonies de vacances du comité d’entreprise. Elle quitta cet emploi en 1966 pour travailler comme secrétaire du comité d’entreprise au siège social de Bull, avenue Gambetta à Paris (XXe arr.), emploi qu’elle conserva jusqu’à son départ en pré-retraite en 1988. Au cours de ces vingt-deux années passées chez Bull, elle milita à la CFDT sans y prendre de responsabilités ni assumer de mandat électif.
Demeurée célibataire, Marie-Thérèse Décultot avait été membre de l’ACO de 1960 à 1972 avec la responsabilité du groupe de Neuilly et du secteur XVIIe arrondissement-Neuilly. Elle déménagea ensuite à Montreuil (Seine-Saint-Denis) et quitta l’ACO. Depuis 2000, elle vit à Paris (IVe arr.).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article21769, notice DÉCULTOT Marie-Thérèse, Suzanne par Éric Belouet, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 3 mai 2022.

Par Éric Belouet

SOURCES : Arch. JOCF (SG), fichier des anciennes permanentes. — Questionnaire JOCF 1997. — Témoignage de l’intéressée, 11 avril 2008. — État civil du Havre-Sanvic.

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