RIEUTORD Albin, Pierre

Par Eric Panthou

Né le 4 août 1918 à Chaudeyrac (Lozère), mort au combat le 18 juillet 1944 à Pradelles (Haute-Loire) ; agent SNCF ; résistant des Maquis de la Lozère au sein des Forces françaises de l’intérieur (FFI).

Monument aux Morts de Pradelles

Fils de Jean Rieutord et Marie, Léontine, née Ranc, Albin Rieutord était agent de la SNCF en gare de Chapeauroux, commune de Saint-Bonnet-de-Montauroux. Il eut un frère et une sœur.
Quand il est né, son père était aux armées et exercé la profession de cultivateur. En 1943, ses parents habitaient Langogne tandis qu’Albin Rieutord était en pension dans un café restaurant à Chapeauroux.

Le 18 juillet 1944, le capitaine Léon Landau alias Martel, appartenant au maquis de la Haute-Lozère se rendit avec quatre hommes à Pradelles pour y chercher du carburant. En arrivant dans cette localité, ils apprirent que le train qui allait arriver en gare transportait des troupes allemandes. Ils décidèrent d’attaquer ce convoi mais furent vite submergés par l’importance des troupes face à eux. Seul le soldat Fuma (ou Pacha) devait en réchapper. Le chef de gare, Joseph Bodembourg fut blessé au cours des échanges de tirs.
Les 4 tués sont le capitaine Léon Landau, le capitaine Pierre Parret, le soldat Paul Masclaux, et le soldat Albin Rieutord.

La police du Puy fut informée par le Préfet de l’attaque du train et eut pour ordre de retenir l’ensemble des voyageurs à l’arrivée du train pour contrôle d’identité. Le train dont l’horaire normal d’arrivée était 21h50 arriva seulement le lendemain matin à 4h20. Aucune arrestation eut lieu suite au contrôle. En revanche, la police trouve deux corps dont les autorités allemandes disent se désintéresser après les avoir fouillés. Après avoir transporté les deux corps à la morgue, l’enquête auprès des services de police ne permit pas d’identifier les deux hommes, inconnus au Puy. Se rendant à l’état major de liaison allemand, l’enquêteur obtient de consulter les papiers trouvés sur l’un des deux individus. Celui-ci s’avère être Albin Rieutord. On informe l’enquêteur que le père de la victime est lui-même employé de la gare de Langogne, mais prévenu téléphoniquement, ce dernier déclara ne pas pouvoir se déplacer pour reconnaître le corps. Ses parents habitaient alors 45 avenue Conturie à Langogne (Lozère).

On ignore la date exacte de l’entrée en Résistance d’Albin Rieutord. En 1943, il fait partie du groupe de résistants sédentaires du Haut Allier et est ainsi en relation avec la famille Fabre de Lhermet, Fernand Richard et Pierre Laroche de Chambon le Château et avec les cheminots de la ligne Nîmes - Clermont-Ferrand.
En mars 1943, son jeune frère Jean-Pierre Rieutord, né le 28 juillet 1922 à Langogne, est requis pour le STO. Avant son départ avec quatre autres jeunes langonais, il est accusé d’avoir dégradé à Mende, des plaques indicatrices appartenant à l’armée allemande.
Albin Rieutord est parmi les jeunes du groupe du Haut Allier qui rejoignent, au printemps 1944, le maquis de l’Armée secrète (AS) dirigé par René Michel dit Max. Ce maquis de Haute-Lozère se déplace dans les cantons de Grandrieu et Langogne et leur périphérie, "dans la région qui du Berthaldès à la vallée du Chapeauroux offre de nombreux couverts". Il multiplie les actions dans le nord-est du département aux confins de la Haute Loire et de l’Ardèche.
C’est dans le cadre de ces actions que fut montée l’opération à Pradelles pour initialement récupérer du carburant et au final pour attaquer le convoi avec les troupes allemandes.

Selon la bague trouvée sur le second corps, il devait s’agir du capitaine Léon Landau puisqu’elle contenait les initiales LL et GC suivies du 5.4. 1937, sans doute la date de son mariage.

Albin Rieutord a été reconnu "Mort pour la France".
La Base Mémoire des Hommes signale par erreur que son lieu de décès fut le Puy.

Son nom figure sur la plaque de marbre sur la façade de la gare de Pradelles, inaugurée le 29 juillet 1945. Cette plaque initiale a été déplacée et remplacée par une stèle située dans la cour de la gare, devenue aujourd’hui un lieu privé. Il est orthographié par erreur Riotord, tout comme sur son dossier de victime de guerre il est orthographié Rieutort. Il figure aussi sur le monument aux Morts à Pradelles, sur la plaque commémorative de l’école pratique de commerce et d’industrie au Puy ainsi que sur une plaque commémorative SNCF au Puy et à Clermont-Ferrand.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article217691, notice RIEUTORD Albin, Pierre par Eric Panthou, version mise en ligne le 1er juillet 2019, dernière modification le 24 novembre 2021.

Par Eric Panthou

Monument aux Morts de Pradelles

SOURCES : AVCC, AC 21 P 132743. Dossier Albien Rieutort (sic) (non consulté) .— SHD Vincennes, GR 16 P 510972. Dossier Albin Rieutord (non consulté) .— Au sujet de l’arrivée en gare SNCF de Le Puy le 19 juillet 1944 du train de Langogne contenant dans un fourgon deux cadavres, PV du commissaire de police Robert Brie (archives privées Alphonse Rozier) .—Jean-Louis Michel, Résistance en haut Allier, 1940-1944 : l’exemple de la famille Fabre. Polignac : Éd. du Roure, 2008. — https://railetmemoire.blog4ever.com/rieutord-albin .— Fernand Boyer, Témoins de pierre du sang versé : Les monuments de la Résistance en Haute-Loire, Le Puy, Éditions de la Société académique, 1983, p. 158 .— Mémorialgenweb.

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