ARDOIN Jacques

Par Jean-Louis Ponnavoy

Né le 7 novembre 1922 à Paris (Ve arr.), mort en mission le 30 juillet 1944 à Chevannes-Changy (Nièvre) ; ouvrier d’usine ; militaire ; résistant du BOA et des Forces françaises combattantes (FFC).

Jacques Ardoin était le fils de Aimé Victorien Magloire et de Madeleine Jeanne Céline Vion. Il était célibataire.
Lors de l’armistice de 1940, Jacques Ardoin était élève à l’École nationale professionnelle de Vierzon. Dès le début, il s’opposa à l’occupant en distribuant des tracts et en aidant des évadés à franchir la ligne de démarcation. Il fut exclu pendant 15 jours de l’école pour le motif suivant « A fait des inscriptions sur un caisson allemand stationné dans la cour de l’École ». En 1942, il travailla en usine et attira sur lui l’attention de la police de Pétain par des tracts, graffitis, sabotage larvé, propagande. Averti, il gagna la zone libre et s’engagea dans l’armée d’armistice, dans l’espoir de rejoindre les FFL. Mais l’invasion de la zone libre mit fin à son projet et il revint pour s’engager au 6e régiment du génie qui réparait les voies ferrées dans le Loir-et-Cher. Il se trouva sous les ordres de Charles Profit. En 1943, la compagnie qui sabotait les voies au lieu de les réparer fut envoyée en Côte-d’Or pour participer à l’élargissement de la RN 6. Charles Profit et une trentaine d’hommes quittèrent leur unité avec armes, véhicules et bagages pour gagner la région d’Is-sur-Tille. Ils participèrent à la réception de parachutages organisés par le curé Grivelet de Saulx-le-Duc pour le BOA. Le groupe fut dénoncé et attaqué par les GMR le 15 août 1943. Douze clandestins furent arrêtés avec parmi eux Jacques Ardouin et transférés à la prison de Dijon puis jugés par un tribunal français. Grâce aux pressions extérieures, ils ne furent condamnés qu’à six mois de prison. Le 6 septembre le maquis de Charles Profit fut anéanti près de Cessey-sur-Tille et les prisonniers furent condamnés à mort et fusillés le 22 novembre 1943. Jacques Ardoin échappa donc provisoirement à la mort. Il fut libéré le 15 février 1944. Il rejoignit son frère Michel dans l’équipe de sabotages dirigée par Pierre Henneguier alias "Julien" sous les ordres du Délégué militaire de la région P (DMR Paris), le colonel André Rondenay. Le 6 juin 1944, l’équipe reçut l’ordre de rejoindre le maquis Camille dans le Morvan. Outre les sabotages, l’équipe participa aux combats du 26 juin et Henneguier créa le maquis Julien dans les bois de Sancy, au sud de Moussy. Jacques Ardoin en fait partie avec son frère Michel portant respectivement les pseudonymes de "la Grande Chouette" et "la Petite Chouette".
Le 30 juillet Jacques Ardoin fut chargé avec un autre maquisard d’aller chercher des vivres pour un autre groupe. Au retour vers 13h30, leur véhicule tomba en panne aux Pions sur la commune de Chevannes-Changy (Nièvre). Le fermier Georges Champault qui cachait des réfractaires fit entrer les deux résistants, leur offrit le café et alla chercher de l’essence dans un bidon. À ce moment huit soldats allemands armés arrivèrent à la ferme. L’autre maquisard et un réfractaire parvinrent à s’échapper. Jacques Ardoin monta au grenier mais fut découvert et ouvrit le feu par une lucarne. Blessé, il fut sauvagement achevé à 15h30 et jeté dans l’enclos aux porcs de la ferme des Pions, à Chevannes-Changy (Nièvre).
L’acte de décès fut dressé au nom d’un inconnu le 2 août 1944 sur la déclaration de Georges Champeau, âgé de 23 ans, agriculteur fermier à la ferme des Pions, témoin du drame. Un jugement rectificatif de décès fut rendu suite à l’ordonnance du 11 juillet 1945.
Son signalement était le suivant : « visage rasé allongé, cheveux châtains clairs, rejetés en arrière, sourcils épais même nuance, front découvert, yeux gris foncé, nez rectiligne, coiffé d’un bérêt basque bleu marine portant sur la bordure intérieure le nom "Chouette", vêtu chemise militaire kaki, pullover et pantalon de drap bleu marine, chaussé de brodequins et guêtres de toile kaki ».
Il fut homologué comme soldat des Forces françaises combattantes (FFC).
Son nom figure sur le monument aux morts, à Chevannes-Changy et sur la stèle commémorative du maquis Julien, à Sancy (Nièvre).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article217905, notice ARDOIN Jacques par Jean-Louis Ponnavoy, version mise en ligne le 10 juillet 2019, dernière modification le 10 juillet 2019.

Par Jean-Louis Ponnavoy

SOURCES : Gilles Hennequin Résistance en Côte-d’Or, tome VI, Dijon 2004.— État civil (acte de décès).

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